L’arrivée, certes tardive, du printemps au Québec, serait-elle l’occasion pour quelques blogueurs, de se poser des questions existentielles ?

Cela commence par la dernière réunion du YulBlog (rencontre des blogueurs montréalais), durant laquelle Laurent, en manque d’inspiration pour sa question du mois, fait appel aux participants afin de lui en suggérer quelques-unes. Et là, l’on peut découvrir que les blogueurs peuvent être aussi loquaces et allumés à écrire sur leur blogue que devant l’œil de la caméra. Voyez plutôt le montage vidéo de leurs questionnements.

Parmi eux, Nadia et Christophe se demandent… ou plutôt, demandent aux blogueurs, les raisons qui les poussent à s’exprimer virtuellement. Christophe d’ailleurs, qui se met, temporairement je l’espère, en pause, en profite pour s’interroger lui-même sur le sens de sa présence au sein de la blogosphère. Faut dire tout de même qu’il est passablement occupé en ce moment…

C’est sur Facebook que Christian a relancé cette vaste interrogation, amenant un échange très intéressant entre quelques blogueurs. Mais plutôt que de rester « entre-nous », j’ai envie aussi d’en parler ici, histoire de « propager » un peu le débat, tout en ayant un peu plus d’espace pour m’exprimer (Facebook est un excellent outil, mais reste limité dès qu’il s’agit de débattre longuement).

Au début, je l’avoue, j’ai trouvé la question bizarre et me disant qu’il y en a qui se posaient de bien drôle de question. Puis à force de lire les propos des intervenants, j’ai bien vu qu’il y avait une pertinence certaine à s’interroger.

Autre vertu également, cela m’a replongé dans mes souvenirs, mais aussi dans l’origine de mon blogue. Qu’est-ce que je voulais en faire à l’époque ? Attendais-je quelque chose de ce moyen d’expression ?

Pour faire une longue histoire courte, j’avais un site personnel depuis le début de l’année 1997. Enfin, quand je parle de site personnel, c’était une dizaines de textes ainsi que quelques images et photos. Le site était d’un total ennui et je devais le mettre à jour à peu près trois fois par an.

Puis sont arrivés les blogues. Au début je dois dire, je ne voulais même pas en entendre parler, sans doute intoxiqué par ce que disaient certains médias, qui comparaient le blogue à un « journal intime »… comme souvent, et surtout lorsqu’un journaliste parle de technologie, les médias cherchent l’anecdotique ou le sensationnalisme, en prenant quelques exemples « extrêmes » ou affligeants, afin d’intéresser la plèbe. Surtout qu’il faudrait que l’on m’explique ce qu’il peut bien y avoir « d’intime », à partir du moment où un blogue peut être lu par des milliers d’internautes… enfin…

Mais il y a un peu plus de trois ans maintenant, j’ai réalisé que les blogues avaient quelques vertus. La première, c’était d’organiser et de clarifier le contenu. Comme vous pouvez le voir, les catégories, l’archivage et la datation automatique des messages, évite de passer trop de temps à « gosser » dans le système et à travailler « à la mitaine » pour que le site reste un minimum cohérent et lisible.

Deuxième vertu, la possibilité de facilement changer l’habillage graphique, mais aussi d’ajouter de multiples petits outils qui permettent de rendre le blogue plus agréable et utile.

Mais ces quelques avantages n’étaient rien comparé à mon désir premier : écrire. J’ai toujours aimé écrire et ce genre de plate-forme se trouvait être l’outil idéal pour publier simplement ma prose. Ainsi, après quelques hésitations sur le type de plate-forme (SPIP, Joomla et enfin WordPress), je me suis familiarisé avec le phénomène. Phénomène ou mode, j’avoue que je m’interroge encore.

Comme je l’indiquais dans notre petit débat sur Facebook, ouvrir un blogue était avant tout d’assouvir un plaisir personnel qu’était l’écriture. Au moment où je me suis décidé à rejoindre la blogosphère, j’avais en tête le carnet de notes de Antoine Blondin. Un carnet dans lequel il notait ses pensées, ses débuts de chansons… c’était un début d’organisation à ce que l’on griffonne sur le coin d’une table et que l’on glisse dans la poche en quittant le restaurant.

Pour moi c’est ça : j’ai envie de dire quelque chose, je peux en parler à mes amis et/ou l’écrire ici. C’est peut-être aussi pour cela que j’ai toujours refusé d’avoir un blogue personnel à thème… d’ailleurs, lorsque je me suis aperçu que le hockey commençait à trop cannibaliser mon blogue, j’ai décidé d’en ouvrir un autre, dédié, que je compte rendre collaboratif à terme. Évidemment, vu que je parle de tout et de rien, cela peut paraître un peu fouillis… mais qu’importe.

Qu’importe parce que, encore une fois, cela reste un plaisir et que je n’apporte qu’une très relative importance à l’audience. Évidemment, j’étais content d’avoir quelques 400 visiteurs par jour il y quelques temps, mais le fait que cela soit tomber à un peu plus de la moitié ne m’inquiète guère. Pourquoi modifier mon approche alors que je considère cela comme un passe-temps ?

C’est vrai, tout de même, qu’il y a eu un temps où je m’en préoccupais un peu plus. Surtout lorsque j’ai commencé à afficher des publicités sur le site. En fait, l’objectif était de payer l’hébergement, de rendre le blogue autosuffisant dans le fond… et c’est là où réside le danger. On se fixe un objectif en terme de revenu, et par conséquent, en terme d’audience, et là, on peut être tenté de vouloir « plaire » ou chercher la nouvelle qui pourrait faire « décoller » le site.

Puis il y a eu l’amusement. L’amusement par exemple, de voir que de placer « résultat des présidentielles » dans un titre, au moment de l’élection à la présidence française, pouvait faire provoquer un ras-de-marée. Laurent en sait quelque chose d’ailleurs ! … Mais comme tout phénomène très ponctuel, ben… par définition, cela ne dure qu’un temps. Et si l’on ne propose pas grand chose pour retenir le visiteur, cela finit en feu de paille.

D’ailleurs, il faut réaliser une chose : oui, il y a des blogueurs qui arrivent à vivre de leur blogue, ou d’en tirer de substantiels revenus, mais ils ne représentent que… quoi ? 0.01% des blogueurs ?

Je pense donc qu’il faut bloguer pour le plaisir, pour soi… puis si ce que l’on écrit, ce que l’on propose comme contenu plaît, bien cela ne doit être que la cerise sur le sundae. Si vous ne bloguez pas par plaisir, ça finira par se sentir et vous deviendrez prisonnier par les contraintes : publier une, deux, trois fois par jour, chercher l’audience à tout prix, trouver des revenus… et là, il faudra pour vous absolument trouver des sujets, des sujets qui attire le public idéalement, passer un temps fou à laisser des messages partout afin de diffuser l’adresse de votre blogue… c’est un travail à plein temps et là, autant en faire une véritable profession et ainsi, ne plus comparer cela à un passe-temps !

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