J’ai visionné la première saison de cette télé-série, diffusée sur le réseau Showtime. Douze épisodes de trente minutes avec, comme interprète principal, David Duchovny.

J’ai été assez surpris par la qualité de cette télé-série qui, d’un prime abord, n’a rien de très original. Un écrivain de talent, mais en manque d’inspiration, se laisse aller à toutes les déviances que lui permet la vie. Alcool, sexe, drogue et rock’n roll sont les seuls choses digne d’intérêt pour l’auteur à succès.

Un peu loser, particulièrement cynique et irresponsable, Hank Moody profite largement de son « sex-appeal » pour accumuler les conquêtes, tout en restant coincé par le fameux syndrome de la « page blanche ».

Là où Californication révèle tout son intérêt, c’est dans l’approche irrévérencieuse et politiquement-incorrecte du sujet. Hank Moody n’a que faire de ce que peu penser le monde, (d’où moins, il le prétend), il vit son existence comme il l’entend, un peu comme le ferait un adolescent mais avec ses pouvoirs et son expérience d’adulte.

J’adore le ton de la série, mais aussi le jeu superbe et vitriolé de David Duchovny… on est bien loin de l’agent propret Fox Mulder. Ainsi, Hank Moody aime choquer, déranger… il a aussi une fâcheuse tendance à dire ce qu’il pense, ce qui ne lui attire pas que des sympathies. Malgré sa grande franchise, son meilleur ami et agent, Charlie Runkle, arrive à le supporter et lui trouver quelques petits contrats en attendant qu’il retrouve son inspiration perdue.

Autre occasion de voir cette télé-série, les multiples références musicales que l’on y trouve… et de bien bonnes références ! Déjà dans le titre de la télé-série en elle-même, les amateurs des Red Hot Chili Peppers n’auront pas manqués de voir l’allusion qui est faite au titre d’un de leurs albums. La secrétaire de Charlie, nommée Dani California, est une autre allusion au groupe étasunien. On parle d’ailleurs d’un procès qu’aurait engagé les Red Hot Chili Peppers à l’encontre de Showtime… pour le coup, je les trouve un peu mauvais joueurs, mais bon.

Les trois livres écrits par Hank, dont les titres (en V.O), sont aussi des chansons du groupe Slayer : South Of Heaven, Seasons In The Abyss et God Hates Us All, son dernier livre qui a été adapté au cinéma. Ainsi, chaque épisode nous gratifie d’excellentes illustrations sonores, de bons vieux standards rock bien loin de certaines pitreries musicales québecorisées.

Californication est, dans le fond, ce que beaucoup aimerait sans doute faire, mais que la morale et la bienséance réprouvent. Une vie, entourée par différentes tentations, mais là où le commun des mortels se retiendrait et s’imposerait des limites, Hank Moody y succombe sans remords. En fait, il en aura des remords, mais je ne veux pas dévoiler une partie de l’intrigue. Disons que cela concerne une rencontre qu’il fera dans une librairie.

Par ses multiples conquêtes, il espère retrouver une muse, celle qu’il a perdu au profit d’un autre et qu’il tentera de récupérer. Son ancienne compagne dont il croît être la source de tous ses succès et qu’il essaye de remplacer, en vain.

Une très bonne télé-série, autant pour le jeu des acteurs que pour le ton employé… mais qui est réservé à un public averti. De nombreuses scènes (très) explicites, pourraient choquer les plus jeunes.

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