Humeur

Lorsque l'information nuit à la communication

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Au hasard de mes lectures, une citation de Dominique Wolton, spécialiste français de la communication et des médias, m’a particulièrement intéressé :

“Le défi de la communication est moins de partager quelque chose avec ceux dont je suis proche que d’arriver à cohabiter avec ceux, beaucoup plus nombreux, dont je ne partage ni les valeurs ni les intérêts.

Il ne suffit pas que les messages et les informations circulent vite pour que les Hommes se comprennent mieux. Transmission et interaction ne sont pas synonymes de communication.”

Voilà, magnifiquement résumé en deux phases, ce que je pense de cette frénésie totalement aberrante entourant le « Web 2.0″… Il faut très vite, tout savoir. Quelque-soit la nouvelle, quelque soit la crédibilité de la source, il faut connaître le plus rapidement possible, ce qu’il se passe et se dit aux quatre coins du globe.

J’exagère, mais à peine !

Quelques « gourous » du web, généralement auto-proclamés d’ailleurs, essayent de nous faire croire que de recevoir cinquante fois la nouvelle de la mort de Michael Jackson, trente fois celle que gMail est indisponible… est un progrès en soi, en ce qui a trait à la communication et à l’information. Ainsi, être submergé par les mêmes messages, annonçant une même nouvelle, sur Twitter, Facebook, FriendFeed et consort devrait nous extasier : nous sommes informés !

Les mêmes « gourous », ceux qui aiment vomir sur les médias traditionnels, seraient les premiers à dénoncer qu’une information tourne en boucle à LCN, RDI ou CNN… mais vu qu’il s’agit de LEUR univers, de LEUR Web 2.0, c’est génial, magique, extra !

En français on appellerait ça de la redondance, mais chez eux, le terme semble être inconnu.

Loin de partager toutes les idées de Wolton, il faut reconnaître que sur ce point, il a parfaitement raison. Avoir des centaines de nouvelles, chaque jour, de manière quasi-immédiate, ne fait pas de nous des virtuoses de la communication. D’ailleurs, rester des journées entières rivé sur son écran d’ordinateur, prétextant de vouloir être informer est une forme bénigne d’autisme et d’enfermement sur soi. Quoiqu’ils en disent.

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Alors ils me font bien rire avec leur « Web 2.0 » et leurs théories fumantes, sur la bonne façon dont les gens (c’est-à-dire nous), devrions communiquer. Osez avoir un regard critique sur ce qu’ils essayent de construire et vous devenez l’ennemi du progrès, du bon sens même !

Désolé, mais le Web 2.0 n’a d’abord rien inventé, au si peu, de plus, tout ce que je vois pour le moment, ce sont des nouvelles façons d’abrutir un peu plus le cerveau de nos semblables.

Si Facebook servait à publier des "tweets", il s'appellerait Twitter !

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Si vous suivez les humeurs de la Grenouille Givrée, vous devez savoir à quel point je déteste cette nouvelle mode, qui consiste à synchroniser les statuts du réseau Facebook, avec les tweets publiés sur Twitter. Outre le fait d’être contre-productif, cela devient une véritable invasion, qui conduit à tout simplement perdre le fil de certaines publications de vos amis Facebook.

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Je ne sais pas pour vous, mais mon flux de publication de nouvelles Facebook (le « feed »), me sert à suivre l’actualité, les changements de statuts, les différentes publications et photos de mes amis et contacts Facebook. J’ai choisi de les suivre, comme ils ont choisi de me suivre.

Un « Retweet » dans un flux Facebook n’apporte rien !

Ainsi, de voir mon flux de nouvelles pris d’assaut par des « RT @pierre » ou des « @jacques » me gêne, tout simplement ! De savoir que « J’ai passé un très bon moment avec @Ginette @Max et @Popol » m’indiffère totalement, car si j’avais voulu le savoir, je vous aurais suivis sur… TWITTER !

J’ai rien contre le fait qu’un lien que vous publiez sur Twitter, puisse aussi être partagé sur votre compte Facebook de manière ponctuelle. Là où je vois de l’abus, c’est lorsque les deux outils sont synchronisés de manière unilatérale ! Après tout, ceux qui veulent tout savoir de vous, ils vous suivent aussi sur Twitter, les autres… ben c’est peut-être parce que leur intérêt pour vous est un peu plus limité. Faut pas leur en vouloir, c’est aussi leur choix.

Parce que d’un autre côté, ceux qui vous suivent aux deux places, ont donc droit aux maudites mêmes informations à deux reprises ! Une fois de temps en temps ça passe, mais à la longue, ça devient juste énervant ! Du coup, j’arrête progressivement de suivre sur Twitter les « duplicateurs »… Quel intérêt de le faire, vu qu’ils utilisent Facebook comme s’il s’agissait d’un compte Twitter ?

De la même façon, quel est donc l’intérêt de publier des informations totalement inexploitables sur Facebook ? Un « RT @Sophie » dans un flux de nouvelles Facebook ne sert absolument à RIEN, puisqu’il s’agit d’une syntaxe propre à Twitter.

Partage sur Facebook, micro-blogging sur Twitter

Bref, ceux qui vous suivent aux deux endroits le paie en devant lire deux fois les mêmes choses et ceux qui ne vous suivent pas sur Twitter, le paie aussi en voyant des éléments inexploitables via Facebook ! Un statut, c’est un statut, cela n’a rien à voir avec du micro-blogging comme on a tendance à qualifier Twitter.

D’ailleurs, quelques commentaires postés ici-même par des visiteurs, allaient un peu dans le même sens :

Twitter est un outil intéressant, comme FaceBook, il fait partie des belles découvertes dans la catégorie des réseaux sociaux. Malgré tout, la multiplication des réseaux et des outils font que le flot est de plus en plus important, (…)  mais aussi que l’information [y] est dupliquée, 1 fois, 2 fois, 10 fois.

Une personne pourra donc donner la même info sur FB, Twitter, FF et autres. C’est une forme de pollution qui est incompatible avec l’efficacité et l’esprit même du web. On peut même comparer cela à une forme de « spam ». Alors quand tu parles de tri, il faut penser aussi à ce genre de choses.

Webconceptor, dans le billet « Êtes-vous un Twitter snob ?« 

De toute manière, j’ai retiré de mes contacts les personnes victime de baigaiment entre FB et Twitter. Ça sert à quoi d’avoir leur tweets dans FB????

Ça le dit: STATUT Facebook et TWEET sur Twitter! S’il existe du monde qui sait pas faire la différence entre un statut et de la « parlote » comme on pourrait traduire avec « tweet », c’est qu’ils doivent aller parler à un spécialiste.

Mortimer, dans le billet « De l’utilité de Twitter« 

Nous avons déjà du mal à suivre ce flux d’informations de plus en plus important, il serait donc temps de s’aider, au moins, en évitant de devoir retrouver plusieurs fois les mêmes choses un peu partout. Pensez que la plupart des utilisateurs de Facebook ou de Twitter ne passent pas leur journée sur Internet et qu’ils devront faire un tri de plus ne plus laborieux, à chaque fois qu’ils se connecteront.

Rejoignez le GACoD !

Du coup, si comme moi vous êtes tannés de la duplication systématique de contenu, je vous invite à rejoindre mon nouveau groupe Facebook : le GACoD – Facebook ≠ Twitter (ou d’autres groupes comparables).

Le Groupe d’Action Contre la Duplication est donc né. Évidemment, ce n’est pas vraiment sérieux et cela reste dans un esprit de dérision. Malgré tout, si avec nous vous êtes décidés à faire prendre conscience aux autres, que l’intrusion systématique de Twitter dans nos feeds Facebook est une forme de pollution, peut-être que nous arriverons à faire échec à cette « mode ».

Je le répète, si on a le goût d’avoir plus d’informations publiées par un individu, on ira le suivre sur Twitter… dans le cas contraire, inutile nous contraindre.

De l'utilité de Twitter

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Je me pose encore beaucoup de questions sur Twitter. Certes, je sais que cela peut être un outil utile et que cela peut servir de source d’information intéressante, à partir du moment où l’on choisit de suivre des personnes suffisamment crédibles, qui ne s’amusent pas à relayer n’importe quoi, n’importe comment (même si l’on sait bien que des erreurs sont toujours possibles, nul n’est parfait !).

Pour illustrer et mieux vous faire comprendre mes propos, je vais vous faire part de mon cas personnel. Un cas rien de bien extraordinaire, vous verrez.

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Déjà, je me considère (peut-être à tort vous me le direz), entre l’utilisateur grand public et le professionnel du web. C’est-à-dire que je suis un blogueur, que je dispose de trois comptes Twitter, mais que je ne travaille pas dans le domaine de l’Internet. Du fait, comme la plupart des gens, je ne suis pas connecté toute la journée et encore moins à vérifier ce qu’il se passe sur Twitter.

Là, je suis en « vacances », je mets ça entre guillemets, puisque j’en profite pour revoir un certain nombre de choses sur mes blogues, dont l’habillage graphique… et donc, il y a certains jours où je passe de nombreuses heures devant l’écran à travailler, ce qui me permet de suivre ce qu’il se passe sur Twitter en même temps. Voilà donc pour le décor.

Pas satisfait des logiciels « clients »

Il y a beaucoup de logiciel de « twittage » (Issssh que c’est laid !), tels que Twhirl, Seesmic Desktop, TweetDeck, Tweetie, Tweetr, Twitterrific… et Nambu (la liste n’est pas exhaustive et je me limite qu’aux clients Twitter disponibles pour Mac). Mais aucun ne me satisfait pleinement !

Soit ils sont « bons », mais ne gèrent pas plus d’un compte à la fois, soit ils gèrent plusieurs comptes, mais ne permettent pas l’utilisation optimale des notifications Growl (ce qui permet d’afficher les messages reçus sans avoir le logiciel client en premier plan), soit il y a encore quelques bogues. Actuellement, j’utilise Nambu (Mac uniquement), qui est sans doute l’un des logiciels-clients le plus complet, mais qui n’est pas sans bogues un peu gênants (il envoie parfois une réponse en utilisant un mauvais compte Twitter).

J’aime beaucoup Seesmic Desktop, mais les notifications Growl se limitent à afficher le nombre de tweets reçus, donc impossible de savoir s’ils sont pertinents et si ça vaut le coût, par exemple, d’aller voir le lien donné par un contact.

Twitter : beaucoup de perte de temps !

Et c’est là où je veux en venir : on peut perdre beaucoup de temps à faire le tri dans les messages qui peuvent nous intéresser, ou pas !

Actuellement, jeudi 6 août, près de 150 personnes me suivent et je lis les tweets de quelques 160 utilisateurs (sur deux de mes comptes, le troisième venant d’ouvrir n’est pas encore réellement actif). Ce matin, bien qu’en vacances je me lève assez tôt (vers 7 heures), j’avais déjà près de 200 messages à lire – faut dire que je m’étais déconnecté vers 20 heures la veille – (c’est que j’ai une vie !).

Donc, 200 messages à trier et à lire, même le matin en prenant mon café, c’est déjà de la job ! Sachant que les 3/4 des messages nous donnent des liens à visiter, si je ne veux pas passer à côté d’une information qui pourrait m’intéresser, « j’ai pas le choix », au minimum, d’y jeter un œil.

De-là, parfois naît un peu de frustration. D’abord parce que je tombe, par exemple, sur un tweet qui est juste composé de deux mots (genre « Checkez ça ! »), pas suffisamment évident pour dire si le lien donné va m’intéresser ou non. Évidemment, le lien ne m’intéresse pas et j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps… Oui, je sais, on va me répondre que cela a pris 30 secondes pour cliquer sur le lien et y jeter un œil, mais je rappelle quand même qu’il y a près de 200 messages à lire.

Dans un autre cas, je vois un lien qui peut m’intéresser. J’y vais… et je vois que l’article en question est daté de… 2003 ! 2003 bâtard ! J’utilise pas Twitter comme base de données d’archives, mais pour avoir de l’information nouvelle. Si j’ai besoin d’effectuer de la recherche, j’utiliserais Google et consort, afin de retrouver de vieilles archives pour un sujet donné, mais certainement pas Twitter. Je suis peut-être à côté de la track, à vous de me le dire, mais « l’utilité » de Twitter n’est-elle pas de pouvoir effectuer facilement de la veille d’information ?

Bref, cela m’a pris bon an, mal an, plus d’une heure pour faire le tour de tous mes messages… et d’autres arrivaient pendant ce temps là, bien évidemment !

Alors, et peut-être pour devancer vos commentaires, certains me diront de « flusher » les personnes qui publient des choses qui ne m’intéressent pas. Mais ce n’est pas ça le problème. La très grande majorité de mes contacts me donnent, de manière régulière, de l’information pertinente susceptible de m’intéresser personnellement. C’est juste que même avec un nombre raisonnable de personnes suivies (si je me compare à d’autres), je perds trop de temps.

Certes, il y a aussi une dizaine de personnes que je suis, à l’essai, c’est-à-dire que je me fais une idée sur quelques jours, de l’intérêt pour moi de les suivre. C’est sûr que celles qui confondent Twitter avec leur compte MSN messenger ou encore qui se limitent à des messages du genre « Demain ils annoncent de la pluie » et de parler de la banalité de leur vie, ces personnes-là, effectivement, seront vite « flushées ».

Le pire, c’est en temps « normal ». Je sors de la job, je consulte les tweets reçus sur mon iPhone durant le trajet de mon bus, et j’ai plus de 400 messages à lire, au minimum ! Croyez-vous que la personne lambda, même avec 50 personnes à suivre sur son Twitter (la moyenne est de 70), va passer une heure à regarder les messages reçu durant la journée ? Voyons !

Là, deux options : soit on lit tout, mais on n’a pas toujours le temps pour ça, soit on se dit que l’on va certainement passer à côté de quelque chose, mais on passe rapidement par-dessus, en lisant « en diagonal » tous les tweets.

Twitter ne remplacera pas les flux RSS !

Et là, peut-être que je ne vais pas me faire d’amis, mais je lis ici et là, que Twitter deviendrait le remplaçant des flux RSS ! Pardon ? Non, absolument pas ! Je trouve même l’idée assez farfelue (je vous l’ai dit, je ne vais pas me faire que des amis). Exemple concret, les flux des médias traditionnels. Là, j’avais commencé à suivre sur Twitter « La Presse », « Le Monde », « Le Figaro » et d’autres médias… j’ai TRÈS vite arrêté ça !

Avec ne serait-ce que trois ou quatre médias, je pouvais ajouter plus d’une centaine de tweets à passer en revue ! On se calme ! … Je préfère, et de très loin, pouvoir regarder tranquillement ces mêmes médias dans mon agrégateur de flux RSS, ce qui me permet, outre de lire d’un coup d’œil les titres, de voir au moins le début de l’article. Désolé, mais on ne peut pas toujours se faire une idée de l’intérêt d’un article de presse en 140 caractères, alors que dans un flux RSS, c’est beaucoup plus rapide. NetNewsWire sur Mac, par exemple, est sans aucun doute le « must » pour cela : ça va très vite et l’on a tous nos flux dans une seule fenêtre et en plus, il se synchronise avec mon iPhone !

Je vais même aller plus loin, je pense plutôt ajouter d’autres flux RSS de blogues, à la place de suivre certaines personnes sur Twitter. Donc de dire que Twitter est l’avenir des flux RSS (même pas 12% des gens utilise Twitter comme agrégateur en passant), je trouve ça vraiment très exagéré ! Ce sont deux outils bien différents même si, peut-être, certaines fonctions se chevauchent.

La duplication de contenu

Toujours dans la catégorie « comment se faire des amis », je vous parlerais de la duplication de contenu entre Twitter et Facebook. Peut-être que je suis passé à côté de quelque chose d’essentiel, mais j’ai souvent lu de la part de bien des spécialistes du web qu’il ne fallait pas dupliquer son contenu sur différents blogues… des raisons de référencement et donc, de revenus, mais aussi de fidélisation du lecteur et simplement… d’efficacité.

Or, quelques-uns (heureusement ils sont rares), synchronisent leur statut Twitter avec celui de Facebook. Je sais que je suis loin d’être le seul à le penser : c’est ÉNERVANT !

Pourquoi énervant ? Parce que lire, à deux, voire même à trois endroits différents, systématiquement la même maudite information, c’est gossant au plus haut point. Je l’ai fait au début, mais je me suis vite rendu compte que c’était vraiment pas respectueux pour le lecteur et que les gens finissaient même par décrocher. Ce qui est d’autant plus ironique, c’est que le monde s’excuse lorsqu’ils publient, par erreur, deux fois la même chose sur Twitter ou Facebook… mais alors, pourquoi le faire sur Twitter ET Facebook à la fois (sans compter FriendFeed) ? Comment dit-on déjà ? « Trop, c’est comme pas assez ».

C’est bien simple, ça n’incite pas à suivre… désolé. De la même manière que Twitter n’est pas MSN messenger, Twitter n’est pas non plus un flux de nouvelles Facebook !

Je pourrais continuer longtemps, mais je sens que je vais déjà perdre suffisamment de « suiveurs » sur Twitter comme ça ! Ne le prenez pas mal, c’est mon « ressenti », mon expérience qui vaut ce qu’elle vaut, mais vu les discussions que j’ai pu avoir avec d’autres utilisateurs, sans être un quelconque « porte-parole », je sais que mon opinion est partagée par quelques-uns.

Twitter est-il destiné à mourir ?

Dans le fond, quand on voit que seulement 10% des utilisateurs de Twitter produisent 90% de son contenu (selon une étude de chez HubSpot), que sur les cinq millions de membres, plus de la moitié ne suivent personne et ne sont donc pas ce que l’on pourrait appeler comme « actifs », je pense sérieusement que Twitter n’est qu’une transition vers quelque chose de mieux, de plus complet et surtout, de plus « intégré » dans le monde du web « social ».

Peut-être même que si Facebook évoluait un peu plus en permettant, par exemple, deux catégories de contacts distincts : les « amis » qui ont accès à notre profil (comme actuellement) et un système de flux « parallèle » que l’on pourrait ouvrir à tout le monde, un peu à la manière de Twitter, cela rendrait les choses peut-être plus pertinentes. Je sais que c’est facile à dire comme ça, c’est très théorique, mais autant je trouve Facebook particulièrement utile et intéressant, autant vous voyez que je suis très sceptique envers Twitter, en tous cas, pour le commun des mortels ! À mon avis, le « succès » de Twitter ne repose que sur la (trop ?) grande facilité à publier de l’info.

Dans le fond, peut-être que je ne suis simplement pas fait pour Twitter… ce qui est possible remarquez bien ! 😉 … mais si je peux faire naître un petit débat, voire même une certaine réflexion sur le sujet, j’en serai bien heureux.

Pour en savoir plus :

Info ou intox ? Vérifiez vos informations !

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Avouez que les légendes urbaines, les « hoax » et autres théories conspirationnistes, ont quelque chose de fascinant ! Et tout cas, pour ma part, ça me passionne. Il faut dire que l’association « légendes urbaines » et internet, contribue à créer un mélange particulièrement explosif. Mais récemment, la prolifération de ces « hoax » a pris une toute autre dimension, avec la popularité grandissante de ce que l’on appelle pompeusement « les réseaux sociaux », en clair : Facebook, Twitter et consort.

hoax

Vu que le sujet me passionne littéralement, j’aurais beaucoup à dire. Mais je vais tenter de limiter mes ardeurs et publier une série de différents billets, en fonction de l’actualité ou des occasions (qui ne manqueront pas, j’en suis sûr !).

Premier cas : l’alerte Amber

J’avais déjà l’idée de rédiger un tel billet lorsque, le 23 juillet dernier, je vois apparaître dans mon flux de nouvelles Facebook (le « feed » quoi !), une information concernant l’enlèvement d’une petite fille de trois ans et le déclenchement de l’alerte Amber. Il s’agissait d’une mise à jour de statut, dans lequel on retrouvait le numéro de plaque du véhicule de l’agresseur (72B 381 – Ontario), ainsi qu’une demande de relayer l’information dans nos statuts Facebook respectifs.

Dans ce genre de situation, en vieux « routier » du web (mais aussi, faut l’admettre, parce que je me suis fait avoir comme tout le monde à mes débuts), je tiens absolument à trouver une confirmation fiable avant de relayer, comme on me le demande, l’alerte d’enlèvement.

Première chose, mais c’est assez facile lorsqu’il s’agit d’une alerte Amber : regarder les sites de médias traditionnels. Le principe même d’une alerte Amber, réside dans la rapidité et dans la propagation de l’information à la radio, dans les journaux, à la télévision et sur les afficheurs électroniques routiers. De là mes premiers soupçons : aucun site d’information ne parle d’une quelconque alerte Amber. Ni au Québec, ni en Ontario, ni aux États-Unis.

Deuxième étape, je prends une partie du texte du statut Facebook, contenant le numéro de plaque du véhicule et je me sers de mon grand ami Google. Le moteur de recherche confirme alors la supercherie, il s’agit bien d’un « hoax » qui remontrait au 15 juillet dernier, apparu aux États-Unis et se propageant, assez vite merci, au Canada. Vu que le texte du statut était en langue française, il y a quand même quelqu’un, quelque part, qui a pris soin de traduire le message, sans même se demander si le contenu était véridique (à moins qu’il y aie quelque chose d’intentionnel là-dedans).

La recherche m’a pris moins de cinq minutes. Et le temps que je collecte les informations, pour aviser mon chum de la supercherie, déjà plusieurs autres de mes contacts Facebook, s’étaient empressés de faire des copier-coller dans leur statut et plusieurs avaient également relayé « l’information » dans Twitter. Ça va vite, très vite, je vous l’assure !

Deuxième cas : la « vidéo » de Silvio Berlusconi

En début d’après midi, un de mes contacts sur Twitter, relaye l’information d’un autre de ses contacts, dont je reproduis ici le message original :

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Le lien, volontairement réduit pour pouvoir passer dans les 140 caractères de Twitter (pour ceux qui ignorent le principe), renvoi sur une vidéo postée sur YouTube. Dans cette vidéo, on y voit le président du conseil italien, Silvio Berlusconi, en train de mimer la position de la levrette avec une agente de la circulation… à l’insu de cette dernière, faut-il le préciser.

Je vous avouerais que sur le coup, je suis resté sans voix. Certes, Silvio Berlusconi nous a habitué à des comportements plutôt curieux, parfois même déplacés, mais là, on franchit pas mal les limites de l’acceptable.

Puis je regarde la date de publication de la vidéo : 2 février 2007. Comment ai-je pu passer, durant plus de deux ans, à côté de cette vidéo ? Comment ce fait-il que je n’aie pas vu ça dans les médias, y compris sur le site « alternatif » d’information De Source Sûre, qui n’a pas pour habitude d’épargner le personnage ? D’ailleurs, sur ce même site, un dossier assez complet concernant les rapports qu’entretient Silvio Berlusconi avec les femmes, ne fait nulle part mention de l’incident avec l’agente de stationnement.

Mieux encore, suite à la remarque d’un lecteur concernant cette fameuse vidéo (en bas de l’article), la rédaction du site répond laconiquement : « Ce n’est pas un oubli, il s’agit d’un fake. C’est un sosie de notre ami Berlusconi ».

D’accord, mais ma curiosité me commande de chercher un peu plus. Et là, vous vous en douterez, j’utilise de nouveau mon grand ami Google, afin de recueillir d’autres informations.

C’est là que je trouve, sur l’un des blogues du journal français Libération, un article du journaliste Jean Quatremer intitulé « Berlusconi et la policière » (daté de mars 2006 !). Selon ce que Jean Quatremer a pu apprendre de ses homologues italiens, c’est qu’il s’agirait d’un film néerlandais, tourné avec un sosie de Berlusconi. Mais l’usage du conditionnel dans l’article ne me satisfait guère, donc je creuse, mais cette fois, en élargissant la recherche aux films de propagande et de satire.

Je progresse un peu plus dans mes recherches, grâce au site Wonkette, qui parle d’un film satirique allemand sur le président du conseil italien, nommé « Bye Bye Berlusconi ». Un lien vers le site du film est même indiqué. Et là, vous faîtes comme moi le rapprochement : à la fin de la fameuse vidéo de YouTube se trouve un message : « Bye Bye Berlusconi ».

Dans le film donc, le rôle de Silvio Berlusconi est interprété par Maurizio Antonini, manifestement très connu dans la péninsule, puisqu’il apparaît régulièrement dans des émissions de télévision, afin de personnifier l’homme politique italien. D’ailleurs, c’est vrai qu’il y a une ressemblance :

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Ajoutez à cela, la compression vidéo de YouTube, qui altère la qualité de l’image (ainsi que notre bon jugement), le cadrage de la caméra volontairement imparfait, afin de donner l’illusion d’un plan pris « sur le vif », sans oublier, la distance de prise de vue ainsi que, comme on peut l’imaginer, un peu de maquillage : voilà la recette parfaite pour créer un malentendu.

Dans un autre extrait, toujours sur YouTube, on voit beaucoup plus clairement qu’il s’agit du sosie et non pas du véritable personnage. Pourtant, la vidéo est présentée comme étant bien réelle par celui qui l’a posté. En fait, il s’avère qu’il s’agit de plusieurs mises en situation, volontairement disséminées sur le web, afin de faire connaître le film et de créer un « buzz » autour de lui. La méthode n’est pas nouvelle, puisque déjà appliquée par de nombreux réseaux de télévision, afin promouvoir leurs télé-séries.

Dans l’exemple, le film a un côté plus « propagandiste » ayant, de plus, été réalisé un peu avant les élections italiennes. Ensuite, que cela puisse nuire à l’image de Silvio Berlusconi ne doit pas gêner, outre mesure, les créateurs de « Bye bye Berlusconi ».

Les leçons à en tirer

Il est de plus en plus facile de colporter des rumeurs, « hoax » et autres informations fantaisistes. Un simple « retweet » via Twitter, suffit à propager une information vraie ou fausse, à l’ensemble de nos contacts. L’opération, avec n’importe quel logiciel client de Twitter, peut prendre un gros deux secondes !

Lorsque vous savez que le nombre de contacts peut être, dans certains cas, de plusieurs milliers de personnes. Qu’un certain nombre de ces personnes vont, à leur tour, « retweeter » vers leurs propres contacts, inutile de vous dire que les « dommages » peuvent être considérables.

Et ces dommages ne touchent pas seulement la personne ou la marque mise en cause, elles touchent aussi ceux qui propagent cette fausse information. Il en va de votre crédibilité et de votre notoriété auprès de ceux qui vous suivent. Car lorsque le « pot-aux-roses » est découvert, vous pensez bien que la prochaine fois que vous publierez une information, certains de vos contacts se poseront la question de savoir, s’il ne s’agit pas encore un « hoax » !

Si, malgré tout, vous publiez un « hoax », il est essentiel d’en aviser, dès que possible, tous vos contacts. On vous pardonnera beaucoup plus une maladresse, si vous vous donnez la peine de la rectifier.

J’oubliais ! … Juste pour montrer l’étendue du problème : la personne à l’origine du message sur la fausse vidéo de Berlusconi, est une journaliste d’un grand quotidien montréalais. Je n’en dirais pas plus, car cela n’a pas grand intérêt, mais c’est pour vous montrer que cela peut arriver à tout le monde et que la tentation de « réactivité » procurée par Facebook et Twitter, donne souvent l’envie de partager tout de suite ses découvertes et fait même parfois oublier les notions de base du journalisme : une information doit être recoupée par au moins deux sources crédibles, avant d’être diffusée.

Les conseils

C’est bien beau de faire la morale, mais comment prévenir ce genre « d’incident » ? Déjà, je serais tenté de dire, que le travail de recherche que j’ai effectué pour ces deux exemples, devrait être fait en amont par tout le monde. Peut-être pas de manière aussi approfondie, je vous l’accorde, mais on peut prévenir bien des erreurs en effectuant simplement une recherche dans Google.

Deuxième chose, utilisez sans retenue, les sites de référence à ce qui a trait aux « rumeurs » et autres « hoax ». Je donne des adresses à la fin de l’article, mais je vous parlerais d’abord de l’incontournable Hoaxbuster qui, comme son nom l’indique, est un site français. Collez dans la zone « Rechercher », en haut à droite, un bout du texte suspect ou tapez des mots clefs, afin de savoir si l’info est juste ou non. Je peux vous dire que ce site m’a évité, à de très nombreuses reprises, de colporter des « hoax » qui paraissaient, pour certains, relativement crédibles.

Il y a des éléments symptomatiques, qui reviennent assez souvent dans les « hoax », en particulier dans les courriels que l’on reçoit. Déjà, en partant, si le courriel vous demande de relayer l’information auprès de tous vos contacts, quelque en soit la gravité, je peux vous assurer que dans 90% des cas, il s’agit d’un « hoax ». Pour ma part, dès que je vois ce genre de message, c’est direction « Hoaxbuster » dans la minute qui suit ! … Si tant est que le message soit, à la base, suffisamment crédible pour que je m’y intéresse.

Autre point : l’absence de date, de sources officielles ET vérifiables, sont d’autres indices de « hoax ». Ainsi, je me souviens d’un courriel, soit-disant envoyé par la Sûreté du Québec (il y avait même le nom d’un officier de la SQ en bas du courriel), parlant d’agissements ou d’un quelconque crime. Pas de date, pas de lien vers un site officiel pouvant donner l’information… En admettant même que ce courriel soit réel (la SQ en passant, n’utilise JAMAIS le courriel pour diffuser ce genre d’information), depuis combien de temps circule t-il ? Sans date, comment le savoir ?

Récemment, je suis « tombé » sur un « hoax » qui circule depuis que je suis sur le net, c’est-à-dire depuis le milieu des années 1990 ! Inutile de vous dire alors, qu’un « hoax » peut se balader pas mal avant d’aterrir dans votre boîte ! De plus, il est courant que des « hoax » soient modifiés, actualisés ou localisés pour en augmenter la portée. Le cas de la fausse alerte Amber est assez probant à ce niveau.

Pour finir : si c’est trop beau pour être vrai, c’est que ce n’est pas vrai ! Sachez-le ! Jamais personne ne vous donnera un million de dollars, juste pour effectuer une transaction bancaire mineure. Jamais on vous livrera gratuitement des dizaines de bouteilles de vin, juste si vous envoyez le message à tous vos contacts ! Imaginez un peu le nombre de personnes potentiellement « gagnantes » !

Bref, s’il vous plaît, VÉRIFIEZ avant de publier ! Vérifiez pour votre propre crédibilité, mais aussi parce que cela peut prendre trente secondes pour diffuser une rumeur et qu’il faudra déployer beaucoup plus d’énergie, et de temps, pour rétablir les faits.

Pour en savoir plus :

Communiqué

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Voici un communiqué officiel du blogue de la Grenouille Givrée, relatif aux incidents survenus hier, suite à la publication du malencontreux article : « Flash Mob à Montréal : on va se garder une petite gêne ! ».

… Vous l’aurez compris, il y a une certaine dose d’ironie dans ce message. Mais il s’agissait d’abord et avant-tout, de vous faire découvrir, si vous ne connaissiez pas encore, le site acapela.tv, qui vous permet de créer rapidement, une petite capsule vidéo « vintage » en utilisant un programme de synthèse vocale.

C’est sympa, facile, et la langue française fait partie des options disponibles.

"Flash Mob" à Montréal : on va se garder une petite gêne !

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Si vous êtes de ceux qui se sont « déconnectés » durant les vacances, ou qui ne vivaient manifestement pas sur le même fuseau horaire, peut-être avez-vous eu – la chance ? – de passer à côté du gros « buzz » culturelo-gouvernementalo-publicitaire : le « FlashMob » hommage à Michael Jackson, qui a eu lieu à Montréal le 27 juillet dernier.

Et s’il vous plaît, je tiens beaucoup à l’usage des guillemets de chaque côté de « Flash Mob », car à l’instar de nombreux blogueurs, je trouve l’usage de ce qualificatif particulièrement galvaudé, en ce qui a trait à cette mascarade publicitaire.

Mais avant-tout, je commencerais par une simple mise au point, histoire d’aller au devant des fe-fans hystériques du chanteur récemment décédé : je n’ai jamais détesté Michael Jackson en tant qu’artiste, au contraire, il avait beaucoup de talent et il a composé de petites merveilles… dans les années 80. J’ai, par contre, toujours eu beaucoup de réserves concernant l’individu en tant que tel. Personne ne me fera croire que tout se passait bien chez lui, entre les deux oreilles. Mais passons, puisque ce texte ne vise pas Michael Jackson, mais plutôt la petite farce orchestrée ce lundi à Montréal.

Facebook est devenu un mot magique auprès des médias

Vous vous en doutez, je ne me joindrais pas aux louangeurs littéralement en extase, devant la « spontanéité » du rassemblement ! À la lecture de nos principaux médias d’information qui, manifestement, n’ont pas grand chose à couvrir durant l’été, je me retrouve devant un flot de superlatifs grotesques, de propos saupoudrés d’angélisme : vous vous rendez compte ? Ils ont organisé ça sur Facebook ! … Ah ! Le nouveau terme à la mode : « Facebook » ! Hier, s’était juste « internet », aujourd’hui, cela devient presque désuet, comparativement à l’attraction médiatique de « Facebook ».

facebook

Loin de moi aussi l’idée de m’en prendre à Facebook ! J’y suis et je trouve l’outil très utile et vraiment pratique… Mais c’est l’usage qu’en font certains journalistes dans leurs textes, souhaitant donner un peu plus « d’effet » en créant une sorte de nouveau « phénomène », qui est ridicule. Prenez n’importe quel sujet d’actualité, ajoutez à cela « Facebook » ou « Twitter » et tout de suite, votre article prend une autre dimension. Ainsi, « Un rassemblement de danseurs à Montréal », est un titre fade, sans intérêt. Par contre, « Un groupe de danseurs se rassemblent grâce à Facebook » là, vous tenez quelque chose !

Mais passons…

Ce n’était pas un « Flash Mob » !

Côté « Flash Mob ». Même si je suis tout à fait d’accord sur le fait, que le plus petit « Flash Mob » prend un minimum d’organisation et de préparation, il y a tout de même des limites à ne pas franchir !

Déjà, il faut savoir que l’organisation dépassait de beaucoup le « simple » cadre de Facebook et des réseaux sociaux. Cet hommage, selon certaines informations, faisait partie d’un « coup » publicitaire, orchestré avec l’approbation et la participation du ministère de l’Immigration et des communautés culturelles. D’ailleurs, chose étonnante, une semaine jour pour jour avant ce fameux hommage « spontané », la ministre Yolande James, avait dévoilé un programme d’aide à la jeunesse devant les journalistes… et qui étaitent présents pour témoigner ? Sonia Clarke et Nadege Maignan, co-fondatrices de l’école de danse Artmistice, mais aussi… organisatrices du « Flash Mob », et grandes amies de la ministre (Yolande James l’a d’ailleurs admis dans un reportage à RDI).

Ensuite, ces mêmes personnes, incluant Danny-Michael Thifault, auraient envoyé des communiqués de presse aux médias afin de les informer de leur projet et de les inviter à y assister. Des communiqués de presse ! Vous avourez que le côté « underground » et « confidentiel » du « Flash Mob » en prend un sacré coup !

Mieux encore, sur le site circulation Montréal (réseau Branchez-Vous), on informait les internautes d’éventuelles perturbations que pourrait occasionner la manifestation et ce, dès 10h ! Je rappelle, pour ceux qui ne sont pas familiers avec les « Flash Mob », que ce genre de rassemblement se fait dans un esprit un peu aux limites des normes, dans le sens qu’ils doivent aussi provoquer une sorte de « chaos », toujours dans un esprit sympathique et sans aller dans l’illégalité. Bref, perturber la routine d’un lieu, de manière très ponctuelle, avant même l’apparition des premiers signes d’agacement de la part du public.

Des organisateurs « officiels » de la « Flash Mob™ »

Autre chose qui m’agace profondément, ce sont les publications de vidéos « officielles » de ce « Flash Mob ». Le terme « officiel » me dérange beaucoup. Car s’il y a quelque chose qui ne doit justement pas être « officiel », ce sont bien les « Flash Mob »… Quand on parle de « Flash Mob », on parle aussi de vidéos prises depuis un cellulaire, un appareil photo ou, à la rigueur, une caméra personnelle. C’est mal cadré, le son n’est pas très bon… c’est artisanal, dans le bon esprit « Flash Mob ». Ça sera aux internautes ensuite, de partir à la chasse aux images sur le web. C’est ÇA l’esprit d’un (vrai) « Flash Mob » : l’événement appartient aux participants, pas à une quelconque « organisation », qui aurait le « privilège » de pouvoir proposer une vidéo « officielle ». Le sous-entendu, même s’il n’est pas forcément voulu, est tout de même assez clair : il y a les « autres » vidéos et il y a celle des organisateurs… On notera, en passant, les notes assez révélatrices sous la vidéo : « Copyright Artmistice (TM) Production 2009 – http://www.artmistice.com, Director Studio Acromatik ».

Photographie : David Munoz-Aguilera de Papyrus Communications

De plus, histoire de mettre une belle grosse cerise sur ce sundae, Le Devoir, dans son édition d’aujourd’hui, nous annonce même qu’outre la troupe de danse Artmistice, pas moins de trois boîtes de communication ont travaillé sur ce projet (entre-autres Papyrus Communications) ! Déjà, le fait que l’école de danse supervisait l’événement, avait très rapidement fait le tour de la blogosphère, mais maintenant qu’on apprend qu’il y avait des boîtes de communication, la présence de Yolande James et de policiers du SPVM…

Bref, comment peut-on encore appeler ça un « Flash Mob » ?

Mais attention !

Oui, attention ! Que la ministre dévoile des propositions en faveur des communautés culturelles, qu’elle participe à une danse hommage à Michael Jackson avec des amis, que des policiers soient également présents, que l’on puisse créer un « happening » sympathique et rassembleur même avec une commandite clairement identifiée (dans ce cas : Artmistice), avec la présence de journalistes… Je trouve ça TRÈS BIEN ! C’est, à la base, une belle initiative !

Ce que je ne supporte pas en revanche, c’est que l’on prenne les gens pour des abrutis. Que l’on crée une sorte de « buzz » autour d’un « Flash Mob » qui n’a de « Flash Mob » que le nom. Que l’on tente de galvauder l’esprit même de ce genre d’événement et qu’en fait, l’on découvre que cela ne sert qu’à mieux dissimuler un coup publicitaire, sous les fallacieuses excuses des « bons sentiments », là, je trouve que c’est un peu trop !

J’aime les « Flash Mob », mais force est de constater que si on laisse faire ce genre de « farce », les « Flash Mob » seront de plus en plus l’affaire de « boîtes de communication », qui profiteront de ce concept pour faire passer leur message, de manière plus ou moins subtile.

Pour en savoir plus :

Définition de Flash Mob sur Wikipédia :

Un flash mob, terme anglais traduit généralement par foule éclair ou mobilisation éclair, est le rassemblement d’un groupe de personnes dans un lieu public pour y effectuer des actions convenues d’avance avant de se disperser rapidement. Le rassemblement étant généralement organisé au moyen d’Internet, les participants (les flash mobbers) ne se connaissent pas pour la plupart. Le terme foule éclair s’applique généralement seulement aux rassemblements organisés via des médias sociaux ou emails viraux, plus qu’à ceux organisés par des sociétés de relations publiques ou pour une « cascade publicitaire ».

Source intégrale : Flash Mob

Crédit photo : David Munoz-Aguilera de Papyrus Communications

Êtes-vous un "Twitter snob" ?

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J’ai fait une découverte cette semaine. Grâce à l’article paru sur le blogue de Stéphane Guérin, j’ai pu prendre conscience d’une nouvelle maladie, d’un terrible fléau, d’une tare dont personne n’aimerait être affublé : le « Twitter snobisme ».

Mais qu’est-ce qu’être un « Twitter snob » ?

Un « Twitter snob », c’est quelqu’un qui ne daigne pas appliquer la « règle » de la réciprocité, lorsque certaines personnes l’ajoutent à leur liste. Bref, quelqu’un décide de me suivre sur Twitter, je décide de ne pas le suivre… je suis un « Twitter snob ». Assez terrible n’est-ce pas ?

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Évidemment, vous l’aurez compris, il y a beaucoup d’ironie dans mes propos. D’abord parce qu’il n’existe aucune règle de « réciprocité », et qu’en plus… ben, jusqu’à preuve du contraire, on est encore libre de suivre qui on veut ! Et là-dessus, je partage l’opinion de Stéphane Guérin cité plus haut.

D’ailleurs, dans son texte, il fait référence au billet de Michelle Blanc, concernant Facebook, dans lequel il est écrit : « Que faites-vous lorsque quelqu’un que vous ne connaissez pas vous présente sa carte d’affaires dans la vraie vie? Lui dites-vous non je ne la veux pas ».

Facebook, une carte de visite ?

J’avoue que je trouve déjà la comparaison Facebook/carte de visite, assez tendancieuse. Vous prenez la carte de visite de quelqu’un, vous ne prenez « que » le bout de carton sur lequel vous trouverez ses coordonnées. Il n’y a aucun engagement relié au simple fait d’accepter cette carte. Pour bien du monde, quand il s’agit seulement d’un échange de cartes d’affaires, ils iront rejoindre des dizaines d’autres dans une boîte ou un répertoire, pour les plus chanceuses et pour les autres, finiront dans la fameuse « filière 13 ».

Car arrêtons deux secondes l’hypocrisie dégoulinante de politiquement-correct, qui conserve toutes les cartes de visite qu’il reçoit ? Naturellement, on finit toujours par faire un tri entre celles qui serviront, celles qui pourront « éventuellement » servir et celles qui, on le sait en partant, ne serviront à rien ou à si peu.

Facebook, contrairement donc à la carte de visite, est relié à un certain « engagement » : celui d’être un contact actif avec la personne qui accepte l’invitation. Suivant l’activité de cette personne sur Facebook, vous aurez donc l’immense privilège de suivre toutes les informations dont votre nouveau « contact » vous autorisera à voir… et pour la majorité des utilisateurs de Facebook, l’usage des « filtres » n’est vraiment pas généralisé et encore moins sélectif en fonction des contacts (professionnel, privé, famille, amis proches…).

Du coup, suivre les vacances d’untel sur les plages de la Floride, voir les photos de sa blonde en bikini apparaître sur votre fil de nouvelles, découvrir la face du dernier né d’unetelle, ou de lire « Aujourd’hui il pleut encore, quel temps pourri ! »… quand cela vient d’amis ou de proches, ça passe encore, mais lorsque cela vient d’une personne que l’on ne connaît même pas, ça devient vraiment ridicule !

Dans mon cas, je refuse systématiquement les invitations de personnes que je ne connais pas en « vrai », à moins que :

  • Nous ayons des « contacts » en commun et que je juge le profil intéressant à suivre
  • Un message pertinent ait été joint à la demande de contact

Évidemment, dans le cas de Twitter, je suis beaucoup plus flexible. D’abord parce que l’usage n’est pas le même et ensuite parce qu’il ne donne pas accès à des informations privées.

Mais sans être un gros consommateur de Twitter, j’y vois déjà certaines limites. Car avant tout, il faut savoir faire un choix : soit on suit tout ce qui est publié, mais même avec quelque dizaines de contacts, on peut être facilement accaparé par le nombre et la fréquence des messages (dans mon cas, parfois plus de 400 dans une seule journée !), soit on ne suit que ponctuellement les publications de messages, mais dans ce cas, il faut être bien conscient que l’on passera à côté d’informations qui pourraient s’avérer intéressantes pour nous.

Un flot d’information qu’il faut savoir maîtriser

Et il est là le point ! Il suffit de quelques contacts sur Twitter pour être facilement dépassé par le flot d’informations que l’on reçoit, alors si, en plus, vous ajoutez systématiquement toutes les personnes qui vous suivent, vous n’en sortirez jamais… ou, vous perdrez en efficacité, c’est une évidence !

Car enfin, si vous utilisez Twitter, c’est pour que cela puisse vous aider, non ? Que cela soit en ayant rapidement de l’information, des nouvelles pouvant vous servir dans votre travail, des potins qui pourraient vous intéresser… Que sais-je moi ? Selon vos intérêts, vos passions, vos attentes ! Alors si à vos propres intérêts, vous ajoutez sans discernement ceux des autres, juste le temps que vous passerez à faire le tri, vous fera perdre d’autant votre efficacité, et je ne parle pas seulement de rendement au travail. Des concepts comme Twitter sont censé vous faire gagner du temps ou, au minimum, susciter de l’intérêt… mais tout comme pour Facebook, où se trouve donc l’intérêt de suivre quelqu’un qui parle de ses états d’âme, de la température, ou de sujets qui, de toute manière, ne vous intéresseront jamais… et qu’en plus, vous ne connaissez même pas cette personne ?

Pour Twitter, c’est simple. Je regarde les dernières publications de la personne qui me suit. Les publications ont l’air de « coller » avec mes intérêts, ou il donne de l’information pertinente ? Je la suis ! … Si j’ai un doute, je pourrais toujours l’enlever, dans ce temps-là, c’est un peu comme une probation : je fais un tri aux semaines ou aux deux semaines c’est selon.

Personne qui suit tout le monde (genre 2,000 personnes), mais qui n’est suivie que par 15 individus : c’est louche ! Personne qui s’exprime dans une autre langue que la mienne (et que je ne connais pas), alors que je ne publie qu’en français, c’est louche pas mal également ! Publicité déguisée, vente pyramidale, publication trop systématique d’informations non vérifiées (hoax)… c’est certain que je ne suivrais pas, quel intérêt ?

Partager du temps « virtuellement » avec quelqu’un, que l’on ne fréquenterait pas en vrai ?

Alors ne nous laissons pas influencer par les « gourous » du web, qui nous disent comment penser et « bien » agir sur Internet. Surtout que, comme je viens de l’expliquer, suivre tout le monde revient à perdre en efficacité, le contenu pertinent finissant par être noyé dans le flots d’informations que l’on peut recevoir.

C’est nous, l’usager, qui décidons la manière dont on veut utiliser les outils que l’on peut trouver sur le web, que cela soit Twitter ou Facebook… Vous voulez ajouter tout le monde ? Vous en êtes libres ! Mais cette liberté, par contre, elle, elle est vraiment réciproque, alors je pense qu’il y a de meilleures chose à faire que d’attribuer de grotesques épithètes, à ceux qui choisissent de ne pas vous suivre !

Au lieu de comparer aux cartes de visites, je comparerais plutôt aux groupes sociaux, aux cercles d’amis ou de connaissances. Quand on rencontre quelqu’un qui ne nous inspire pas, avec qui on n’a aucun intérêt en commun… hé bien désolé, mais il y a peu de chance pour que l’on passe du temps ensemble ! Alors pourquoi accepter de passer du temps « virtuellement » avec quelqu’un, alors que dans la vraie vie, on ne l’aurait pas fait ?

C’est tout le paradoxe de la situation !

Donc, ne vous en faites surtout pas, je n’aurais pas la moindre rancune, si vous décidez de ne pas me suivre sur Twitter… de la même façon que je n’en veux à personne de ne pas s’intéresser à mon blogue, alors que je m’intéresse au leur.

455$ pour avoir nourrit un écureuil !

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La débilité administrative n’a pas de limite ! Ainsi, un résident de Westmount âgé de 58 ans, a été condamné à une amende de 455$ pour avoir osé nourrir, de quelques arachides, un écureuil dans un parc !

Cela pourrait ressembler à une blague, un canular… pourtant, c’est la triste et pathétique réalité.

À l’automne 2006, Bruce Kert, musicien de son état, a commis un crime impardonnable. Ayant ramassé des arachides par terre, il les a, un peu plus tard, lancés en direction d’un écureuil qui s’était présenté à ses pieds. Mais, soyez rassurés braves gens, un policier ne se trouvait pas très loin et a donc pu intervenir rapidement pour faire cesser cet acte de barbarie extrême !

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Armé de son carnet, le zélé constable a dressé une contravention de 75$ au musicien. On ne peut pas menacer l’ordre public et la sécurité de la population de cette façon sur le territoire de la ville de Westmount !

M. Kert, n’ayant, comme nous tous peut-être, pas pris cela très au sérieux, ne s’est pas présenté en cours municipale pour sa rétractation. Du coup, l’amende est passée à 455$… le pire là-dedans, c’est qu’il aurait pu être passible d’emprisonnement ! J’imagine la scène : menottes au poignets et transfert à la prison de Bordeaux pour avoir nourrit un écureuil !

M. Kert, sans doute dépassé par les événements, ne trouve plus vraiment ses mots et se sent obligé de nous assurer qu’il n’avait jamais nourrit d’écureuils auparavant et qu’il s’attendait à avoir un simple avertissement, «Je n’allais pas recommencer», plaide-t-il.

Finalement, après quinze minutes d’audience, la juge a finalement réduit l’amende à 50$, plus de deux ans et demi après les faits ! Voilà à quoi sert l’argent des contribuables : a faire le procès de citoyens qui balancent des peanuts à des écureuils !

Pour information, un règlement municipal existe bel et bien en ce qui concerne les animaux sauvages.

En général, dans tous les arrondissements et villes liées de l’agglomération de Montréal, il est interdit de nourrir pigeons, goélands, écureuils et tout autre animal vivant en liberté, comme des mouffettes ou ratons laveurs. Ce règlement sur «les nuisances» est édicté en vertu de la Charte de Montréal.

Selon les arrondissements ou villes, une première infraction peut être passible d’une peine minimale de plus ou moins 20$, ne dépassant pas 1000$. Après trois infractions, l’amende peut atteindre 2000$.

(Source : La Presse, Montréal)

Pour finir en beauté, voici un extrait de l’émission de Jean-Luc Mongrain, maintenant à TVA, qui nous parle avec sa verve habituelle, de cette affaire de la plus haute importance ! C’est du bonbon cet extrait !

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