Internet
Info ou intox ? Vérifiez vos informations !
5Avouez que les légendes urbaines, les « hoax » et autres théories conspirationnistes, ont quelque chose de fascinant ! Et tout cas, pour ma part, ça me passionne. Il faut dire que l’association « légendes urbaines » et internet, contribue à créer un mélange particulièrement explosif. Mais récemment, la prolifération de ces « hoax » a pris une toute autre dimension, avec la popularité grandissante de ce que l’on appelle pompeusement « les réseaux sociaux », en clair : Facebook, Twitter et consort.

Vu que le sujet me passionne littéralement, j’aurais beaucoup à dire. Mais je vais tenter de limiter mes ardeurs et publier une série de différents billets, en fonction de l’actualité ou des occasions (qui ne manqueront pas, j’en suis sûr !).
Premier cas : l’alerte Amber
J’avais déjà l’idée de rédiger un tel billet lorsque, le 23 juillet dernier, je vois apparaître dans mon flux de nouvelles Facebook (le « feed » quoi !), une information concernant l’enlèvement d’une petite fille de trois ans et le déclenchement de l’alerte Amber. Il s’agissait d’une mise à jour de statut, dans lequel on retrouvait le numéro de plaque du véhicule de l’agresseur (72B 381 – Ontario), ainsi qu’une demande de relayer l’information dans nos statuts Facebook respectifs.
Dans ce genre de situation, en vieux « routier » du web (mais aussi, faut l’admettre, parce que je me suis fait avoir comme tout le monde à mes débuts), je tiens absolument à trouver une confirmation fiable avant de relayer, comme on me le demande, l’alerte d’enlèvement.
Première chose, mais c’est assez facile lorsqu’il s’agit d’une alerte Amber : regarder les sites de médias traditionnels. Le principe même d’une alerte Amber, réside dans la rapidité et dans la propagation de l’information à la radio, dans les journaux, à la télévision et sur les afficheurs électroniques routiers. De là mes premiers soupçons : aucun site d’information ne parle d’une quelconque alerte Amber. Ni au Québec, ni en Ontario, ni aux États-Unis.
Deuxième étape, je prends une partie du texte du statut Facebook, contenant le numéro de plaque du véhicule et je me sers de mon grand ami Google. Le moteur de recherche confirme alors la supercherie, il s’agit bien d’un « hoax » qui remontrait au 15 juillet dernier, apparu aux États-Unis et se propageant, assez vite merci, au Canada. Vu que le texte du statut était en langue française, il y a quand même quelqu’un, quelque part, qui a pris soin de traduire le message, sans même se demander si le contenu était véridique (à moins qu’il y aie quelque chose d’intentionnel là-dedans).
La recherche m’a pris moins de cinq minutes. Et le temps que je collecte les informations, pour aviser mon chum de la supercherie, déjà plusieurs autres de mes contacts Facebook, s’étaient empressés de faire des copier-coller dans leur statut et plusieurs avaient également relayé « l’information » dans Twitter. Ça va vite, très vite, je vous l’assure !
Deuxième cas : la « vidéo » de Silvio Berlusconi
En début d’après midi, un de mes contacts sur Twitter, relaye l’information d’un autre de ses contacts, dont je reproduis ici le message original :

Le lien, volontairement réduit pour pouvoir passer dans les 140 caractères de Twitter (pour ceux qui ignorent le principe), renvoi sur une vidéo postée sur YouTube. Dans cette vidéo, on y voit le président du conseil italien, Silvio Berlusconi, en train de mimer la position de la levrette avec une agente de la circulation… à l’insu de cette dernière, faut-il le préciser.
Je vous avouerais que sur le coup, je suis resté sans voix. Certes, Silvio Berlusconi nous a habitué à des comportements plutôt curieux, parfois même déplacés, mais là, on franchit pas mal les limites de l’acceptable.
Puis je regarde la date de publication de la vidéo : 2 février 2007. Comment ai-je pu passer, durant plus de deux ans, à côté de cette vidéo ? Comment ce fait-il que je n’aie pas vu ça dans les médias, y compris sur le site « alternatif » d’information De Source Sûre, qui n’a pas pour habitude d’épargner le personnage ? D’ailleurs, sur ce même site, un dossier assez complet concernant les rapports qu’entretient Silvio Berlusconi avec les femmes, ne fait nulle part mention de l’incident avec l’agente de stationnement.
Mieux encore, suite à la remarque d’un lecteur concernant cette fameuse vidéo (en bas de l’article), la rédaction du site répond laconiquement : « Ce n’est pas un oubli, il s’agit d’un fake. C’est un sosie de notre ami Berlusconi ».
D’accord, mais ma curiosité me commande de chercher un peu plus. Et là, vous vous en douterez, j’utilise de nouveau mon grand ami Google, afin de recueillir d’autres informations.
C’est là que je trouve, sur l’un des blogues du journal français Libération, un article du journaliste Jean Quatremer intitulé « Berlusconi et la policière » (daté de mars 2006 !). Selon ce que Jean Quatremer a pu apprendre de ses homologues italiens, c’est qu’il s’agirait d’un film néerlandais, tourné avec un sosie de Berlusconi. Mais l’usage du conditionnel dans l’article ne me satisfait guère, donc je creuse, mais cette fois, en élargissant la recherche aux films de propagande et de satire.
Je progresse un peu plus dans mes recherches, grâce au site Wonkette, qui parle d’un film satirique allemand sur le président du conseil italien, nommé « Bye Bye Berlusconi ». Un lien vers le site du film est même indiqué. Et là, vous faîtes comme moi le rapprochement : à la fin de la fameuse vidéo de YouTube se trouve un message : « Bye Bye Berlusconi ».
Dans le film donc, le rôle de Silvio Berlusconi est interprété par Maurizio Antonini, manifestement très connu dans la péninsule, puisqu’il apparaît régulièrement dans des émissions de télévision, afin de personnifier l’homme politique italien. D’ailleurs, c’est vrai qu’il y a une ressemblance :

Ajoutez à cela, la compression vidéo de YouTube, qui altère la qualité de l’image (ainsi que notre bon jugement), le cadrage de la caméra volontairement imparfait, afin de donner l’illusion d’un plan pris « sur le vif », sans oublier, la distance de prise de vue ainsi que, comme on peut l’imaginer, un peu de maquillage : voilà la recette parfaite pour créer un malentendu.
Dans un autre extrait, toujours sur YouTube, on voit beaucoup plus clairement qu’il s’agit du sosie et non pas du véritable personnage. Pourtant, la vidéo est présentée comme étant bien réelle par celui qui l’a posté. En fait, il s’avère qu’il s’agit de plusieurs mises en situation, volontairement disséminées sur le web, afin de faire connaître le film et de créer un « buzz » autour de lui. La méthode n’est pas nouvelle, puisque déjà appliquée par de nombreux réseaux de télévision, afin promouvoir leurs télé-séries.
Dans l’exemple, le film a un côté plus « propagandiste » ayant, de plus, été réalisé un peu avant les élections italiennes. Ensuite, que cela puisse nuire à l’image de Silvio Berlusconi ne doit pas gêner, outre mesure, les créateurs de « Bye bye Berlusconi ».
Les leçons à en tirer
Il est de plus en plus facile de colporter des rumeurs, « hoax » et autres informations fantaisistes. Un simple « retweet » via Twitter, suffit à propager une information vraie ou fausse, à l’ensemble de nos contacts. L’opération, avec n’importe quel logiciel client de Twitter, peut prendre un gros deux secondes !
Lorsque vous savez que le nombre de contacts peut être, dans certains cas, de plusieurs milliers de personnes. Qu’un certain nombre de ces personnes vont, à leur tour, « retweeter » vers leurs propres contacts, inutile de vous dire que les « dommages » peuvent être considérables.
Et ces dommages ne touchent pas seulement la personne ou la marque mise en cause, elles touchent aussi ceux qui propagent cette fausse information. Il en va de votre crédibilité et de votre notoriété auprès de ceux qui vous suivent. Car lorsque le « pot-aux-roses » est découvert, vous pensez bien que la prochaine fois que vous publierez une information, certains de vos contacts se poseront la question de savoir, s’il ne s’agit pas encore un « hoax » !
Si, malgré tout, vous publiez un « hoax », il est essentiel d’en aviser, dès que possible, tous vos contacts. On vous pardonnera beaucoup plus une maladresse, si vous vous donnez la peine de la rectifier.
J’oubliais ! … Juste pour montrer l’étendue du problème : la personne à l’origine du message sur la fausse vidéo de Berlusconi, est une journaliste d’un grand quotidien montréalais. Je n’en dirais pas plus, car cela n’a pas grand intérêt, mais c’est pour vous montrer que cela peut arriver à tout le monde et que la tentation de « réactivité » procurée par Facebook et Twitter, donne souvent l’envie de partager tout de suite ses découvertes et fait même parfois oublier les notions de base du journalisme : une information doit être recoupée par au moins deux sources crédibles, avant d’être diffusée.
Les conseils
C’est bien beau de faire la morale, mais comment prévenir ce genre « d’incident » ? Déjà, je serais tenté de dire, que le travail de recherche que j’ai effectué pour ces deux exemples, devrait être fait en amont par tout le monde. Peut-être pas de manière aussi approfondie, je vous l’accorde, mais on peut prévenir bien des erreurs en effectuant simplement une recherche dans Google.
Deuxième chose, utilisez sans retenue, les sites de référence à ce qui a trait aux « rumeurs » et autres « hoax ». Je donne des adresses à la fin de l’article, mais je vous parlerais d’abord de l’incontournable Hoaxbuster qui, comme son nom l’indique, est un site français. Collez dans la zone « Rechercher », en haut à droite, un bout du texte suspect ou tapez des mots clefs, afin de savoir si l’info est juste ou non. Je peux vous dire que ce site m’a évité, à de très nombreuses reprises, de colporter des « hoax » qui paraissaient, pour certains, relativement crédibles.
Il y a des éléments symptomatiques, qui reviennent assez souvent dans les « hoax », en particulier dans les courriels que l’on reçoit. Déjà, en partant, si le courriel vous demande de relayer l’information auprès de tous vos contacts, quelque en soit la gravité, je peux vous assurer que dans 90% des cas, il s’agit d’un « hoax ». Pour ma part, dès que je vois ce genre de message, c’est direction « Hoaxbuster » dans la minute qui suit ! … Si tant est que le message soit, à la base, suffisamment crédible pour que je m’y intéresse.
Autre point : l’absence de date, de sources officielles ET vérifiables, sont d’autres indices de « hoax ». Ainsi, je me souviens d’un courriel, soit-disant envoyé par la Sûreté du Québec (il y avait même le nom d’un officier de la SQ en bas du courriel), parlant d’agissements ou d’un quelconque crime. Pas de date, pas de lien vers un site officiel pouvant donner l’information… En admettant même que ce courriel soit réel (la SQ en passant, n’utilise JAMAIS le courriel pour diffuser ce genre d’information), depuis combien de temps circule t-il ? Sans date, comment le savoir ?
Récemment, je suis « tombé » sur un « hoax » qui circule depuis que je suis sur le net, c’est-à-dire depuis le milieu des années 1990 ! Inutile de vous dire alors, qu’un « hoax » peut se balader pas mal avant d’aterrir dans votre boîte ! De plus, il est courant que des « hoax » soient modifiés, actualisés ou localisés pour en augmenter la portée. Le cas de la fausse alerte Amber est assez probant à ce niveau.
Pour finir : si c’est trop beau pour être vrai, c’est que ce n’est pas vrai ! Sachez-le ! Jamais personne ne vous donnera un million de dollars, juste pour effectuer une transaction bancaire mineure. Jamais on vous livrera gratuitement des dizaines de bouteilles de vin, juste si vous envoyez le message à tous vos contacts ! Imaginez un peu le nombre de personnes potentiellement « gagnantes » !
Bref, s’il vous plaît, VÉRIFIEZ avant de publier ! Vérifiez pour votre propre crédibilité, mais aussi parce que cela peut prendre trente secondes pour diffuser une rumeur et qu’il faudra déployer beaucoup plus d’énergie, et de temps, pour rétablir les faits.
Pour en savoir plus :
- Alerte Amber, explications : Wikipédia
- Service de Police de la Ville de Montréal : Alerte Amber
- Le film « Bye bye Berlusconi » en neuf parties sur YouTube [en italien]
- Combattre les hoax : hoaxkiller.fr
- La référence francophone au sujet des hoax : hoaxbuster.com
- Le portail de la Sûreté du Québec au sujet des légendes urbaines
- La référence anglophone Snopes (merci Guinness !)
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Bing + Yahoo! = Bingo ?
4Le jeu de mots est assez minable, je vous l’accorde. Mais l’occasion était trop belle pour passer à côté, voilà donc qui est fait !
Voici donc Microsoft et Yahoo!, embarqués dans le même bateau de la recherche en ligne. En tout cas, ça en prend le chemin. Après avoir passé un an et demi à courir après Yahoo! pour le racheter (un peu moins de 50 milliards US étaient en jeu), en vain, voici que le géant de Redmond, finit par s’associer avec l’ancien chef de file de la recherche en ligne.

Il paraît évident pour les deux compagnies, qu’elles devaient agir au plus vite, pour ne pas laisser le champ (complètement) libre au, désormais géant, Google.
Microsoft et Yahoo! espèrent faire changer les habitudes
Microsoft essaye bien de relancer son moteur de recherche, rebaptisé « Bing », mais cela en prend un peu plus pour changer les automatismes des gens. Certes, leurs habitudes ont déjà changé par le passé et peut-être que Microsoft et Yahoo!, par leur association, misent sur un nouveau revirement de la part des internautes.
Parce que, je ne sais pas si vous vous en rappelez, mais avant l’arrivée de Google, Yahoo! régnait (presque) en maître sur le monde de la recherche en ligne. Le moteur était organisé en catégories, en fait, il s’agissait d’un gros annuaire dans lequel Yahoo! souhaitait répertorier tous les sites de la toile. Son moteur allait juste fouiller dans les différentes catégories, afin d’en ressortir les résultats.
Tenir un répertoire du net, avec les années, devint quelque chose d’impossible et ce n’est pas l’arrivée de Google dans le décor, qui arrangea les affaires de Yahoo!
Google, la recherche, la publicité et ses nombreux outils
Google n’apporta pas juste une nouvelle façon d’effectuer des recherches sur le net, Google apporta également la simplicité et la clarté. Tapez un mot et… « Bing! », vous avez les résultats. De là, Yahoo! ne perdit pas seulement le monopole de la recherche en ligne, il perdit aussi des revenus publicitaires très importants. Alors, comme pour colmater les brèches, Yahoo! tenta de se transformer : nouveau moteur de recherche, portail généraliste… mais le mal était fait et les glorieuses heures de Yahoo! étaient désormais choses du passé.
Personnellement, je pense que Yahoo!, plutôt que d’innover, a juste tenté de survivre. Alors que Google, maintenant solidement implanté, a eu tout le loisir d’étendre son influence. Aujourd’hui, Google n’est plus juste un moteur de recherche, c’est une plate-forme d’outils en ligne de plus en plus nombreux et efficaces.
Google est devenue une référence
Jadis, dans ce petit monde, il fallait se comparer à IBM, puis à Microsoft. Depuis les années 70 et 80, les choses ont bien changé. Désormais, quand il est question d’innovation et d’efficacité, en tout cas sur le net, on parle de Google. Google qui détient maintenant une part énorme du marché publicitaire en ligne. Google qui propose des outils de messageries, de planification et bientôt, grâce à « Wave », qui devrait proposer un outil de travail collaboratif, d’une redoutable efficacité.
Pendant ce temps, Microsoft paie encore pour les choix contestables de Bill Gates. Gates, au milieu des années 90, ne croyait pas vraiment à l’internet et n’a donc pas engagé suffisamment de ressources, afin de s’imposer dans le domaine. Ressources qui, vous le savez, ne manquaient déjà pas à l’époque.
Lorsque Microsoft a réagit, le mal était fait. Il y a bien eu le rachat de HoTMaiL, le succès de MSN messenger… mais lorsque les internautes ont une question, ce n’est pas vers Microsoft qu’ils se tournent, il vont voir Google !
De là les habitudes… 65% des Étasuniens utilisent Google pour leur recherche. Yahoo! et Microsoft, ensemble, ne représentent que 28% (8% au Canada et au Québec selon Éric Baillargeon dans La Presse). Google est tellement ancré dans les mœurs, qu’il est même devenu un verbe. On se « google » allègrement, même si ce n’est parfois pas très bon pour notre ego.
Est-ce que Microsoft et Yahoo! pourront redresser la barre ?

Aujourd’hui, je répondrais par la négative, sans la moindre hésitation. Parce que désormais, outre la recherche, Google s’impose de plus en plus dans d’autres domaines. Donc il ne suffira pas d’entrer en compétition pour la recherche en ligne, il faudra que les deux nouveaux complices attaquent sur plusieurs fronts, tout en apportant des produits attractifs et novateurs… puisque sinon, n’imaginez tout de même pas séduire les gens, avec des produits similaires, alors qu’ils ont leurs petites habitudes, leur compte utilisateur, leurs contacts… chez Google.
Mais nul ne peut savoir précisément ce qu’il se passera. Peut-être que les deux compères ont déjà une idée révolutionnaire derrière la tête ? Qui sait ? Je ne le crois pas, en tout cas pas aujourd’hui. Depuis quelques années ces deux là, en terme d’innovation, c’est pas mal proche du zéro absolu. Contrairement à Google.
Alors est-ce que le fait que Yahoo! utilisera bientôt le moteur de Bing, changera quelque chose ? Savez-vous quoi ? Pour faire ce billet, je me suis rendu sur Bing afin de voir à quoi ça ressemblait. Depuis sa sortie, je n’étais même pas allé voir ! Je ne parlerais pas de Yahoo!, dont j’utilise le compte créé chez eux uniquement pour profiter de Flickr… et parce que j’y suis contraint. Sinon…
Évidemment, je ne dis pas être particulièrement représentatif des internautes, mais pour le moment, y’a rien qui m’incite à ne pas utiliser Google pour ma recherche.
Pour en savoir plus :
- La Presse, technaute : Guerre ouverte contre Google
- La Presse, technaute : les internautes ne changeront pas leurs habitudes
- Intercommunication, Éric Baillargeon : Yahoo qui s’allie à Bing, so what ?
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Simplify Media : écouter votre musique… partout !
3Le logiciel dont je vais vous parler n’est pas vraiment une nouveauté, mais vu qu’il peut rendre de très bons services et qu’il peut intéresser autant les utilisateurs de Mac, Windows, Linux, iPod Touch et iPhone, qu’on aurait tort de ne pas en profiter…
Mais que fait « Simplify Media » ?
Le principe est assez simple. Après avoir installé le logiciel, vous pouvez autoriser le partage de votre bibliothèque musicale iTunes (iTunes, Winamp et Windows media sur PC) et de vos listes de lecture à qui vous le souhaitez. Il faut, bien-entendu, que « Simplify Media » soit également installé et ouvert sur l’ordinateur « client », mais vu qu’il est gratuit et simple d’installation, pourquoi vous en priver ? Au moment de l’installation, vous créerez un nom d’utilisateur et vous pourrez même protéger l’accès par un mot de passe.

Autre détail important, personne ne peut se connecter à votre bibliothèque iTunes sans votre accord. En effet, un peu à l’instar de Facebook, vous devez accepter au préalable l’invitation pour rendre l’accès possible, ou même de votre ordinateur portable et ce, même si vous n’avez assigné aucun mot de passe.
Par la suite, vous pouvez toujours retirer les accès aux personnes que vous aviez préalablement autorisé. Le nombre « d’invités » étant limité à 30, ce qui est déjà pas mal !
Applications possibles avec « Simplify Media » ?
En déplacement ou en vacances, vous ne vous déplacez pas toujours avec l’intégralité de votre bibliothèque iTunes. Bien des personnes ont leurs MP3 sur un ordinateur de bureau et utilisent plutôt un ordinateur portable hors de leur domicile. « Simplify Media » vous permet d’accéder, via une connexion internet, à tous vos MP3. Évidemment, cela se fait en flux continu (« streaming » comme disent les Chinois), alors cela reste tributaire de la qualité du débit. Mais entendons-nous bien, on parle ici de format MP3 et non de vidéo. De nos jours, les connexions permettent sans problème ce genre de partage audio, sans occasionner de « coupures » de son.
Autre possibilité, pouvoir écouter des MP3 différents d’une pièce à l’autre. En mettant en commun tous les MP3 d’un foyer, ou d’une entreprise, plusieurs utilisateurs peuvent accéder aux MP3 de leur choix, sans forcément les avoir sur leur ordinateur.
Bien-sûr, « Simplify Media » peut également servir à faire découvrir votre bibliothèque musicale à vos amis. Par contre, l’écoute seule est possible. Donc, oubliez le « partage intégral » de vos MP3, vu que le téléchargement n’est pas possible.
Votre musique (et celle des autres) sur votre cellulaire
Mais là où je trouve « Simplify Media » remarquable, c’est dans son utilisation « nomade » (le fameux terme à la mode). Ainsi, si vous jugez que les 32Go de votre iPod Touch ou de votre iPhone sont trop « juste » pour vos MP3, il n’y a pas de quoi s’en faire. « Simplify Media » permet de profitez de tous vos MP3 depuis votre terminal mobile, que votre bibliothèque fasse 40Go ou 200Go !
Pour le iPod Touch cela prendra, bien-sûr, une connexion Wi-Fi. Pour ce qui est de l’iPhone, cela fonctionne très bien sur lex réseaux EDGE, 3G et Wi-Fi. Je l’utilise régulièrement sur mon iPhone, quelque-soit l’endroit, lorsque j’ai envie d’écouter autre chose que mes « listes » enregistrées de mon appareil.
Par contre, contrairement à la version pour ordinateur, celle pour iPhone et iPod Touch est payante (3.99$ ou 5.99$ CDN). Mais si vous manquez d’espace sur votre iPhone et que vous êtes régulièrement frustré de ne pas pouvoir tout y mettre, « Simplify Media » peut être une bonne solution.
Mais il faut noter que la version iPhone est plus complète. Ainsi, les pochettes d’album apparaissent à l’écran, ainsi que les paroles (quand elles sont déjà enregistrées dans votre iTunes)… bref, l’interface est très similaire au lecteur musical de l’iPod. Sur la version 2 (celle à 5.99$ CDN), vous pouvez désormais créer vos propres listes de lecture à distance ainsi que de profiter d’une rubrique « favoris » dans laquelle, vous pourrez faire vos ajouts.
On parle bien ici de musique en « flux continu » donc, attendez-vous à des périodes de « latences » entre les chansons, le temps que le début de la musique se charge dans la mémoire de l’appareil (selon la connexion, quelques secondes tout au plus). Donc, ne comptez pas trop jouer aux « DJ » dans les soirées avec ce logiciel.
Prévoyez cependant quelques minutes pour pouvoir accéder à l’ensemble des bibliothèques partagées. En effet, le logiciel doit aller chercher les titres, les noms des artistes et les listes de lectures disponibles. Donc, plus il y a de morceaux, plus cela peut prendre de temps (même avec la version PC/Mac)… par contre, cela ne vous empêchera pas de commencer la lecture des premiers morceaux disponibles.
Par contre, après avoir essayé la version « originale » et la nouvelle version « Music 2″ pour iPhone, mis à part la possibilité de créer des listes « à la volée » ainsi que des favoris, je comprends mal cette différence de deux dollars. Pour ma part, pas grand chose ne les justifie.
- Simplify Media pour MacOS, Windows et Linux (Gratuit)
- Simplify Media (original) pour iPod Touch et iPhone : via iTunes AppStore (3.99$ CDN)
- Simplify Music 2 pour iPod Touch et iPhone : via iTunes AppStore (5.99$ CDN)
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Êtes-vous un "Twitter snob" ?
8J’ai fait une découverte cette semaine. Grâce à l’article paru sur le blogue de Stéphane Guérin, j’ai pu prendre conscience d’une nouvelle maladie, d’un terrible fléau, d’une tare dont personne n’aimerait être affublé : le « Twitter snobisme ».
Mais qu’est-ce qu’être un « Twitter snob » ?
Un « Twitter snob », c’est quelqu’un qui ne daigne pas appliquer la « règle » de la réciprocité, lorsque certaines personnes l’ajoutent à leur liste. Bref, quelqu’un décide de me suivre sur Twitter, je décide de ne pas le suivre… je suis un « Twitter snob ». Assez terrible n’est-ce pas ?

Évidemment, vous l’aurez compris, il y a beaucoup d’ironie dans mes propos. D’abord parce qu’il n’existe aucune règle de « réciprocité », et qu’en plus… ben, jusqu’à preuve du contraire, on est encore libre de suivre qui on veut ! Et là-dessus, je partage l’opinion de Stéphane Guérin cité plus haut.
D’ailleurs, dans son texte, il fait référence au billet de Michelle Blanc, concernant Facebook, dans lequel il est écrit : « Que faites-vous lorsque quelqu’un que vous ne connaissez pas vous présente sa carte d’affaires dans la vraie vie? Lui dites-vous non je ne la veux pas ».
Facebook, une carte de visite ?
J’avoue que je trouve déjà la comparaison Facebook/carte de visite, assez tendancieuse. Vous prenez la carte de visite de quelqu’un, vous ne prenez « que » le bout de carton sur lequel vous trouverez ses coordonnées. Il n’y a aucun engagement relié au simple fait d’accepter cette carte. Pour bien du monde, quand il s’agit seulement d’un échange de cartes d’affaires, ils iront rejoindre des dizaines d’autres dans une boîte ou un répertoire, pour les plus chanceuses et pour les autres, finiront dans la fameuse « filière 13″.
Car arrêtons deux secondes l’hypocrisie dégoulinante de politiquement-correct, qui conserve toutes les cartes de visite qu’il reçoit ? Naturellement, on finit toujours par faire un tri entre celles qui serviront, celles qui pourront « éventuellement » servir et celles qui, on le sait en partant, ne serviront à rien ou à si peu.
Facebook, contrairement donc à la carte de visite, est relié à un certain « engagement » : celui d’être un contact actif avec la personne qui accepte l’invitation. Suivant l’activité de cette personne sur Facebook, vous aurez donc l’immense privilège de suivre toutes les informations dont votre nouveau « contact » vous autorisera à voir… et pour la majorité des utilisateurs de Facebook, l’usage des « filtres » n’est vraiment pas généralisé et encore moins sélectif en fonction des contacts (professionnel, privé, famille, amis proches…).
Du coup, suivre les vacances d’untel sur les plages de la Floride, voir les photos de sa blonde en bikini apparaître sur votre fil de nouvelles, découvrir la face du dernier né d’unetelle, ou de lire « Aujourd’hui il pleut encore, quel temps pourri ! »… quand cela vient d’amis ou de proches, ça passe encore, mais lorsque cela vient d’une personne que l’on ne connaît même pas, ça devient vraiment ridicule !
Dans mon cas, je refuse systématiquement les invitations de personnes que je ne connais pas en « vrai », à moins que :
- Nous ayons des « contacts » en commun et que je juge le profil intéressant à suivre
- Un message pertinent ait été joint à la demande de contact
Évidemment, dans le cas de Twitter, je suis beaucoup plus flexible. D’abord parce que l’usage n’est pas le même et ensuite parce qu’il ne donne pas accès à des informations privées.
Mais sans être un gros consommateur de Twitter, j’y vois déjà certaines limites. Car avant tout, il faut savoir faire un choix : soit on suit tout ce qui est publié, mais même avec quelque dizaines de contacts, on peut être facilement accaparé par le nombre et la fréquence des messages (dans mon cas, parfois plus de 400 dans une seule journée !), soit on ne suit que ponctuellement les publications de messages, mais dans ce cas, il faut être bien conscient que l’on passera à côté d’informations qui pourraient s’avérer intéressantes pour nous.
Un flot d’information qu’il faut savoir maîtriser
Et il est là le point ! Il suffit de quelques contacts sur Twitter pour être facilement dépassé par le flot d’informations que l’on reçoit, alors si, en plus, vous ajoutez systématiquement toutes les personnes qui vous suivent, vous n’en sortirez jamais… ou, vous perdrez en efficacité, c’est une évidence !
Car enfin, si vous utilisez Twitter, c’est pour que cela puisse vous aider, non ? Que cela soit en ayant rapidement de l’information, des nouvelles pouvant vous servir dans votre travail, des potins qui pourraient vous intéresser… Que sais-je moi ? Selon vos intérêts, vos passions, vos attentes ! Alors si à vos propres intérêts, vous ajoutez sans discernement ceux des autres, juste le temps que vous passerez à faire le tri, vous fera perdre d’autant votre efficacité, et je ne parle pas seulement de rendement au travail. Des concepts comme Twitter sont censé vous faire gagner du temps ou, au minimum, susciter de l’intérêt… mais tout comme pour Facebook, où se trouve donc l’intérêt de suivre quelqu’un qui parle de ses états d’âme, de la température, ou de sujets qui, de toute manière, ne vous intéresseront jamais… et qu’en plus, vous ne connaissez même pas cette personne ?
Pour Twitter, c’est simple. Je regarde les dernières publications de la personne qui me suit. Les publications ont l’air de « coller » avec mes intérêts, ou il donne de l’information pertinente ? Je la suis ! … Si j’ai un doute, je pourrais toujours l’enlever, dans ce temps-là, c’est un peu comme une probation : je fais un tri aux semaines ou aux deux semaines c’est selon.
Personne qui suit tout le monde (genre 2,000 personnes), mais qui n’est suivie que par 15 individus : c’est louche ! Personne qui s’exprime dans une autre langue que la mienne (et que je ne connais pas), alors que je ne publie qu’en français, c’est louche pas mal également ! Publicité déguisée, vente pyramidale, publication trop systématique d’informations non vérifiées (hoax)… c’est certain que je ne suivrais pas, quel intérêt ?
Partager du temps « virtuellement » avec quelqu’un, que l’on ne fréquenterait pas en vrai ?
Alors ne nous laissons pas influencer par les « gourous » du web, qui nous disent comment penser et « bien » agir sur Internet. Surtout que, comme je viens de l’expliquer, suivre tout le monde revient à perdre en efficacité, le contenu pertinent finissant par être noyé dans le flots d’informations que l’on peut recevoir.
C’est nous, l’usager, qui décidons la manière dont on veut utiliser les outils que l’on peut trouver sur le web, que cela soit Twitter ou Facebook… Vous voulez ajouter tout le monde ? Vous en êtes libres ! Mais cette liberté, par contre, elle, elle est vraiment réciproque, alors je pense qu’il y a de meilleures chose à faire que d’attribuer de grotesques épithètes, à ceux qui choisissent de ne pas vous suivre !
Au lieu de comparer aux cartes de visites, je comparerais plutôt aux groupes sociaux, aux cercles d’amis ou de connaissances. Quand on rencontre quelqu’un qui ne nous inspire pas, avec qui on n’a aucun intérêt en commun… hé bien désolé, mais il y a peu de chance pour que l’on passe du temps ensemble ! Alors pourquoi accepter de passer du temps « virtuellement » avec quelqu’un, alors que dans la vraie vie, on ne l’aurait pas fait ?
C’est tout le paradoxe de la situation !
Donc, ne vous en faites surtout pas, je n’aurais pas la moindre rancune, si vous décidez de ne pas me suivre sur Twitter… de la même façon que je n’en veux à personne de ne pas s’intéresser à mon blogue, alors que je m’intéresse au leur.
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iPhone 3GS, la meilleure riposte au Palm Pre
3Apple présentait cet après-midi, la nouvelle version de son téléphone intelligent, le désormais célèbre iPhone. Un peu comme il a réussit à le faire avec l’iPod, Apple est en train d’imposer un vocabulaire, mais surtout une référence en matière de téléphonie mobile. Pour preuve, la moindre nouveauté dans le domaine et ce, quelque soit la marque, est aussitôt comparé au téléphone pommé
Comme avant chaque annonce, un flot continu de rumeurs circulaient autour de l’iPhone. Habillage légèrement revu, on parlait d’un arrière noir mat doté d’un revêtement antidérapant, une caméra frontale afin d’effectuer des visioconférences, un contour noir en lieu et place de l’argenté, un écouteur placé au sommet de l’appareil, un récepteur FM… Aucune de ces rumeurs n’a été confirmée aujourd’hui, preuve est (encore) une fois faite que les rumeurs concernant les produits Apple sont souvent inexactes.

Pourtant, j’aurais bien aimé ce fameux récepteur FM, surtout qu’Apple s’intéressait à la compagnie Broadcom, qui avait créé une puce capable de recevoir la radio, tout en ayant les fonctionnalités GPS et Bluetooth. Dommage, je vais devoir encore traîner mon lecteur MP3 Scandisk qui, lui, est muni d’un très bon récepteur FM !
iPhone 3GS : les nouveautés
Car des nouveautés, il y en a ! Évidemment, côté habillage, le nouveau modèle ne diffère pas vraiment de l’ancien. Par contre, Apple a enfin répondu à un certain nombre d’attentes :
- Appareil photo autofocus de 3 méga-pixels.
- Fonction vidéo avec possibilité de montage : on filme, on sélectionne la partie de la vidéo que l’on veut conserver et l’on envoie et/ou enregistre le produit final.
- Boussole intégrée et incluse dans des applications comme Google Maps.
- Copier-coller… et fonction annuler (juste en secouant l’appareil).
- Processeur deux fois plus rapide que l’iPhone 3G précédent.
- Contrôle vocal de l’appareil (pour le téléphone, mais aussi pour le contrôle de la bibliothèque musicale).
- Fonction de recherche étendu « à la Spotlight ».
- MMS.
- Fonction de messagerie avancées, une sorte de iChat embarqué où il sera possible d’envoyer des photos, des vidéos…
- Batterie offrant une meilleure autonomie.
- Et… la fonction « Find my phone » (avec Mobile Me), qui permet de localiser son iPhone, mais aussi, de faire apparaître un message à l’écran, ou émettre une sonnerie, afin d’attirer l’attention de celui qui a trouver votre téléphone. Pour finir, la possibilité d’effacer toutes vos données personnelles à distance en cas de vol.
… Mais encore des fonctions manquantes
Il est clair que depuis la « version 1″ de l’iPhone, Apple a considérablement amélioré son produit. Tellement, qu’il est fort probable que cela me suffise pour l’acheter. Par contre, il y a des fonctions que j’aimerai vraiment pouvoir retrouver dans l’iPhone… un jour :
- Récepteur FM. Oui, j’y tiens !
- Édition des documents Word en standard.
- Possibilité d’éditer les « playlists » iTunes et les « tags » des MP3.
- Caméra frontale pour la visioconférence.
- Possibilité d’organiser ses applications dans des dossiers (je suis tanné de tourner les pages pour chercher mes applis).
- … en fait, proposer différents modes de vues des applications (comme sur Mac OS dans le fond).
Mais admettez que ce n’est pas grand chose et que, dans la plupart des cas, une mise à jour logicielle pourrait suffire.
Quoiqu’il en soit, iPhone 3GS en 8Go (version 3G « simple »), 16 et 32Go (en version 3GS), sera disponible au Canada le 19 juin. Dix jours à patienter donc !
[Édition 19h10] – Si vous voulez en savoir plus sur les impacts de ce nouveau modèle concernant ses capacités vidéos, allez voir le blogue de ZeLaurent « iPhone 3GS : Quel impact pour la vidéo Internet ? ».
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Internet imaginé en… 1969 !
2Cette vidéo est très impressionnante : le 12 novembre 1969, l’émission Eureka propose un reportage (trouvé sur le site de l’INA), qui imagine la télévision de demain et invente Internet sans pouvoir le nommer ! E-mails, jeux en ligne, jeux en réseau, commandes par internet, télé haute-définition, VOD, visio-conférences, stylets et écrans tactiles… tout y passe, il manque juste le nom magique : Internet ! Avec une interview de Jean D’Arcy (Directeur de l’information audiovisuelle de l’ONU) : “Il va falloir trouver un nouveau mot pour définir cette nouvelle approche de l’image et du son, car la télévision implique la passivité face aux informations, ce qui ne sera plus le cas dans le futur” :
C’est absolument fascinant ! Alors même que la télévision couleur était loin d’être démocratisée, que le téléphone n’était pas présent dans l’ensemble des foyers, des individus avaient déjà imaginé l’étape suivante : l’Internet, le multimédia et l’interactivité.
Un peu à l’instar de Léonard de Vinci qui dessina les premiers hélicoptères, Jules Verne qui raconta l’exploration spatiale, des fous, des « flyés », comme on a sans aucun doute dû les qualifier, avaient déjà réfléchis à ce que pouvait ressembler les nouvelles technologies de l’information… avant même d’en connaître le terme !
Qui, de nos jours, a déjà imaginé l’étape suivante ?
Source : Le mouton du web en Nouvelle-Calédonie
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Tarifs iPhone : Rogers se paye notre tête !
26L’opérateur canadien Rogers, vient de dévoiler ses tarifs d’abonnement, en vue de la commercialisation de l’iPhone le 11 juillet prochain. Sans doute pris par un trop-plein de naïveté, nous étions plusieurs à prendre au sérieux les propos de Madir Mohamed, président de Rogers Wireless, qui avait soutenu que les tarifs d’abonnement seraient modifiés et prendraient en considération les nouvelles habitudes des utilisateurs, en ce qui concerne l’internet mobile.
Il faut dire que nous partions de loin (très loin) et que les tarifs de transfert de données au Canada, étaient pour le moins… prohibitifs. Mais l’espoir faisant vivre, nous attendions impatiemment la « mise à jour » des tarifs de Rogers… chose fût faite vendredi dernier :

Contrairement aux rumeurs, aucun forfait données illimitées ! Même pas pour l’option la plus dispendieuse à 115$ ! Et ça, c’est sans compter l’afficheur et autres fonctions parfois bien utiles, à 15$ minimum :

Et lorsque je parle de l’option à 115$, il faut y ajouter les frais d’accès au réseau, le 911, les taxes… alors si vous prenez en plus la trousse de services à 15$, qui est loin d’être un luxe, vous arrivez à payer pratiquement l’équivalent du prix d’un iPhone… à chaque mois !
Prenons maintenant le forfait de base, à 60$ :
- Forfait voix/données de base : 60$
- Trousse affichage et appels manqués : 15$
- Frais d’accès au système : 6.95$
- Frais d’accès – service 911 : 0.50$
- TPS/TVQ à 13% : 10.71$
Total : 93.16$ par mois (en admettant que vous ne dépassiez pas les généreux 400Mo de navigation sur internet et les gargantuesques 150 minutes de communication téléphonique !)… Ça ne s’arrange pas lorsque l’on calcule le coût sur une seule année (1,118$), ainsi que sur la période qui nous lie au contrat (36 mois), ce qui nous amène à un généreux total de 3,354$ !!!
Nous voici donc avec près de 95$ à payer par mois, ce qui serait, selon Rogers communication, des tarifs qui prendraient en compte les nouvelles habitudes des utilisateurs de cellulaire ! Je ne sais pas trop sur quelle planète ils vivent, mais il est nul besoin de chercher très loin les causes du retard canadien en ce qui concerne la téléphonie cellulaire et l’internet mobile ! Rogers, tout comme Bell et Telus, en sont les seuls responsables.
Du côté de Fido, l’autre opérateur canadien qui distribuera l’iPhone (compagnie appartenant également à Rogers communication), le ridicule est aussi de mise dans les propos :
« A titre de fournisseur occupant la première place en ce qui a trait à la
satisfaction vis-à-vis le service sans-fil, Fido est ravie de proposer à ses
clients tout un éventail de forfaits Voix et données à un tarif avantageux, ce
qui permet au plus grand nombre possible de clients de se prévaloir d’iPhone
3G », déclare Sylvain Roy vice-président principal et directeur général de
Fido.
Source : newswire
Une chance donc que nous avons droit à un « tarif avantageux », je n’ose pas imaginer ce que cela aurait été dans le cas contraire !
Un argumentaire défaillant
Outre le fait que même le forfait de base reste très cher, on est en droit de s’interroger sur les arguments « commerciaux » de Rogers Wireless.
Déjà, lorsque l’on regarde attentivement les forfaits, on note que le soir chez Rogers, c’est à partir de 21 heures ! Je ne sais pas pour vous, mais moi à 21 heures durant la semaine, je suis à veille de me coucher. J’ignore sur quel fuseau horaire se trouvent les dirigeants de Rogers, mais la soirée commence aux alentours de 17-18 heures. D’ailleurs, lorsque l’on compare, par exemple, avec l’opérateur européen Orange, le soir commence pour eux justement à… 18 heures ! C’est un peu plus que de la logique, c’est du gros bon sens !
Autre argumentaire fallacieux, les « fameux » 400Mo de données par mois sur le forfait de base. Selon Rogers, 400Mo permettent de naviguer sur 3,100 pages web ! Ce qui signifie que les 3,100 pages sur lesquelles vous allez naviguer ont, en moyenne, 130ko de contenu. 130ko pour des pages web, ça nous ramène dix ans en arrière, à l’époque où il était rare de voir des images et des photos sur la toile. En passant, la page d’accueil du site de la compagnie Rogers a une taille de 550Ko !
Toujours selon Rogers, ces 400Mo nous permettraient de recevoir quelques 20,000 courriels, soit, encore là, des courriels d’à peine plus de 20ko ! Oubliez donc les images, les envois de photos et de vidéos (qui font pourtant partie de l’argumentaire publicitaire de Rogers), ainsi que les longs messages, avec 20ko par courriel, je ne vois pas quel pourrait être l’avantage de posséder un iPhone, car autant s’envoyer des SMS !
Et je ne parle ici QUE de simples pages web et de simples petits courriels ! Imaginez que vous téléchargiez des chansons sur l’iTunes Music Store, que vous regardiez de temps en temps quelques vidéos sur YouTube, tout en recevant par courriel les photos de votre dernier 5@7, les 400Mo seront consommés bien rapidement ! Et je ne parle même pas ici d’un usage exagéré… recevoir des photos dans des courriels et visionner une vidéo de temps en temps, cela fait partie d’un usage bien banal de l’internet. Là, peut-être que vous me direz qu’il y a toujours le wifi ou l’ordinateur domestique pour cela, effectivement, mais cela nous ramène donc à une question simple : à quoi cela sert donc d’avoir un iPhone et que fait-on si l’on ne se trouve pas à proximité d’une borne sans-fil ? Car on s’entend-tu pour dire qu’au Canada, les bornes sans-fil, ça ne se trouve pas forcément à tous les coins de rue !
Comparons maintenant !
Si l’on se fie aux tarifs des autres opérateurs canadiens, Bell et Telus font pire. Est-ce que cela veut dire que les tarifs sont meilleurs chez Rogers ? Je dirais plutôt qu’ils sont juste moins pire, ce qui n’est certainement pas un compliment !
C’est en comparant avec les opérateurs étasuniens et européens que la différence se fait vraiment sentir.
États-Unis – AT&T
- Tarif de base : 60$ (voix/données)
- Internet : illimité
- Contrat : 2 ans
Grande-Bretagne – O2
- Tarif de base : 60$ (voix/données)
- Internet : illimité
- Contrat : 18 mois
France – Orange
- Tarif de base : 78$ (voix/données)
- Internet : illimité
- Contrat : 2 ans
Japon – Softbank
- Tarif de base : 57$ (voix/données)
- Internet : illimité
- Contrat : 2 ans
Pour ces quatre pays, les opérateurs proposent à leurs clients l’accès illimité à internet, sans pour autant avoir des tarifs supérieurs. Ceci étant juste un comparatif purement informatif, car il existe des disparités, que cela soit au niveau des taxes (incluses en France par exemple), que du taux de change, mais aussi comparativement au coût de la vie. Cependant, si l’on compare juste les services proposés pour chacune des offres de base, il apparaît clairement que le consommateur canadien paie au moins aussi cher, tout en disposant de moins d’options, moins de service, tout en ayant un contrat plus long !
Les premières réactions
Évidemment, vu la façon honteuse dont Rogers traite ses vaches-à-lait clients, il n’a pas fallu attendre très longtemps, pour sentir le mécontentement grandir sur les différents blogues et tribunes.
Anthony Hémond de l’Union des consommateurs, « se désole du fait qu’au Canada, les consommateurs devront payer plus cher pour moins de services » (Canal Argent/Canoë).
Michael Carpentier résume bien la situation dans son seul titre : « Forfait iPhone au Canada : toujours plus cher qu’ailleurs. » Branchez-vous signale également le mécontentement relié aux forfaits révélés par Rogers.
Du côté de Philippe Martin, le blogueur note que l’annonce de Rogers suscite la controverse. Je ferais cependant un commentaire par-rapport à son article, car il mentionne que « Rogers-Fido (…) est l’unique opérateur ayant passé un accord avec Apple », ce qui est certes vrai, mais il ne faudrait pas oublier que Roger-Fido est surtout le SEUL opérateur canadien qui peut, de toute façon, permettre l’utilisation de l’iPhone sur son réseau, puisqu’il est le seul à utiliser la norme GSM.
Pour Balty, « ces nouveaux tarifs spéciaux pour le iPhone n’ont impressionné absolument PERSONNE ». Tandis que pour Jonathan Parent, « Le Canada reste toujours le dindon de la farce ».
Sur Facebook, un groupe a été également créé pour l’occasion, mais si vous préférez les bonnes vieilles pétitions, vous pouvez signer celle-ci en ligne. Au moment où je rédige cet article, déjà plus de 7,000 personnes l’ont signé.
Dans le cas où vous préférez un contact plus direct, deux options se présentent à vous pour faire part de votre mécontentement auprès de Rogers :
- en envoyant un courriel depuis le site dela compagnie
- en appelant le service à la clientèle au 1-877-764-3772 (faire le 0 pour parler à un humain)
Les commentaires des internautes sur les sites spécialisés sont, eux-aussi, assez virulents à l’endroit de Rogers :
- MacQuébec
- iPhone Québec
- MacGénération
- Mac4Ever
- MacRumours (à date, 109 commentaires positifs, 2634 commentaires négatifs !)
Alors que l’iPhone, selon une étude de ChangeWave, est le téléphone qui enregistre le plus fort taux de satisfaction chez ses utilisateurs, il semblerait que Rogers cherche quand à lui, à devenir l’opérateur de téléphonie cellulaire le plus impopulaire ! Et ça semble fonctionner pour le moment.
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