Médias

ClimateGate : les journalistes jouent avec le feu

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Je vous ai parlé récemment du Climate-Gate : ces milles et quelques courriels, dont on dit qu’ils ont été « piratés » sur un serveur du « Climate Research Unit » (CRU) de l’université d’East Anglia. Ce même CRU, dont viennent les données qui servent à l’élaboration des rapports publiés par le GIEC et donc qui définissent, indirectement, les politiques environnementales de bien des pays de la planète.

Bon, il se trouve que l’on a de plus en plus de doutes, sur le fait qu’il s’agit d’un véritable piratage. Des spécialistes du domaine, après examen des fichiers, pensent qu’il s’agit plutôt d’une fuite interne et délibérée. Qu’importe, l’authenticité des données, ainsi rendues publiques, n’a pas été contestée par leurs auteurs, donc il n’y a pas eu de manipulation de leur contenu (jusqu’à preuve du contraire en tout cas).

En examinant les courriels, ainsi que les fichiers, il y a plusieurs points qui ont suscité une vive polémique chez les blogueurs, certaines journalistes et des scientifiques, y compris au sein même du GIEC.

Voici, en résumé, ce que l’on peut y trouver :

– Le CRU a délibérément camouflé l’Optimum Médiéval Climatique (période plus chaude qu’aujourd’hui).
– Le CRU a utilisé une « astuce », afin de cacher la baisse des températures.
– Les programmes informatiques utilisés par le CRU ont été falsifiés et sont truffés d’erreurs.
– Les scientifiques du CRU, ne cachent pas le fait qu’ils font pression sur certaines publications, afin que les thèses des « sceptiques » ne soient pas mentionnées.

Rien que ces quatre points suffiraient amplement à déclencher un gros scandale… mais pas pour nos médias. Déjà, il aura fallu attendre plus d’une semaine avant qu’ils fassent, ne serait-ce qu’une allusion, au Climate-Gate. Si cela n’était pas des médias en langue anglaise, cela serait même passé à la trappe !

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Pourtant, encore une fois j’insiste bien, l’authenticité des données a été confirmée par leurs auteurs ! Pire encore, le professeur Phil Jones, principal scientifique incriminé dans ce scandale, a même dû démissionner de ses fonctions le temps de l’enquête…

Même le magazine de référence « Science », pense que ce qui est révélé par le Climate-Gate, pourrait être qualifié de crime scientifique. Rien de tel dans La Presse, le Journal de Montréal ou le Devoir.

Non… Pour François Cardinal, la « référence » écologiste de La Presse, les courriels sont « plutôt inoffensifs pour la plupart ». Tiens ? « Science » parle de « crime », François Cardinal, lui, se demande presque pourquoi on en parle ! Et d’ailleurs, il a raison puisque pas grand monde n’en fait mention ici.

Pourtant, des médias anglophones, même ceux classés à gauche, ont fait mention du scandale : du travailliste britannique « The Guardian », au quotidien de la gauche étasunienne « The New-York-Times »… « Inoffensif » ? Pas si sûr…

Mais le danger est ailleurs et les journalistes du Québec ne semblent pas du tout s’en rendre compte. Le danger, c’est qu’une fois que les faits seront établis, que l’on se rendra compte de toute l’ampleur de la manipulation, qui ira croire les journalistes après ça ? Qui pourra lire les éditoriaux de Guilbault ou de Cardinal sans se dire : « C’est-tu encore de la bullshit ? ».

Car à force de minimiser les faits, de ne pas accorder un temps de parole décent aux sceptiques, sans les ridiculiser et sans travestir leurs propos, bien cela démontre une chose : les opinions des journalistes passent avant le reste.

Là-dessus, le retour de balancier risque d’être violent !

ClimateGate : l'omertà des médias francophones

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Vous n’avez peut-être pas (encore) entendu parler du « ClimateGate » et c’est bien normal, vu qu’à ma connaissance (corrigez-moi si je fais erreur), aucun média francophone n’en a fait mention.

Durant la semaine dernière, le « Climate Research Unit » de l’université d’East Anglia – Norwich (CRU) a été « hacké » par un pirate. Vous me direz que, jusque-là, il n’y a pas de quoi perdre la tête. Sauf que, là où ça devient intéressant, c’est que le CRU de cette université n’est autre que le centre d’études climatologiques de référence du GIEC. Ce centre de recherche, dénoncé par Vincent Courtillot, qui était incapable d’obtenir d’eux, les données brutes concernant le réchauffement climatique.

Le pirate c’est emparé de 61Mo de données comprenant 72 documents et plus d’un millier de courriels échangés entre les scientifiques du CRU. Le piratage, le hacking… sont des actes répréhensibles. S’introduire de cette façon sur un serveur privé est illégal. Bien entendu.

Sauf que… À la lumière des documents rendus public, il apparaît clairement qu’il y a une manipulation au niveau des données et des informations concernant le réchauffement climatique. Tiens donc !

Pire, en lisant les échanges entre les différents intervenants, on découvre que des pressions ont été faites sur des revues scientifiques pour que les avis des sceptiques et de ceux qui contestaient les analyses du GIEC soient écartés. Mais cela ne m’étonne pas vraiment, puisque de nombreux scientifiques, y compris ayant fait parti du GIEC, se plaignaient de ne trouver aucune tribune pour exprimer leurs doutes. Juste UNE seule idée primait : « le réchauffement climatique est d’origine humaine », tout autre avis étant systématiquement banni.

Mais il se trouve que l’Omertà semble encore de vigueur dans les médias francophones… Plus de trois jours après le dévoilement de ce scandale, rien dans nos médias. Bizarre ! Pourtant, même « The Guardian », qui est loin d’être un journal de droite à la solde des pétrolières, a fait mention de cette nouvelle, qui pourrait devenir le plus gros scandale scientifique de tous les temps !

Mais plutôt que de faire des copier-coller interminables, je vous propose une liste de sites et de médias concernant cette affaire :

En français :

– « ClimateGate : une bombe vient d’exploser dans le monde de la recherche climatique« , Le Post (22 novembre 2009)
– « Explosion d’une bombe dans le landernau réchauffiste. Vers un Climategate ?« , AgoraVox (21 novembre 2009
– « ClimateGate (2): Nouvelles révélations toujours spectaculaires, premiers enseignements« , Objectif Liberté (23 novembre 2009)

En anglais :

– « Hackers target leading climate research unit« , site de la BBC (20 novembre 2009)
– « Sceptics publish climate e-mails ‘stolen from East Anglia University’« , The Times (21 novembre 2009)
– « Hadley CRU hacked with release of hundreds of docs and emails« , Examiner (19 novembre 2009)
– « Climategate: the final nail in the coffin of ‘Anthropogenic Global Warming’?« , Telegraph (20 novembre 2009)
– « Hacked E-Mail Is New Fodder for Climate Dispute« , The New-York Times (20 novembre 2009)
– « This climate email-hacking episode is generating more heat than light« , The Guardian (20 novembre 2009)
– « Data Breach Embroils Climate Scientists« , Science (20 novembre 2009)
– « Hackers leak e-mails, stoke climate debate« , Yahoo! News (21 novembre 2009)
– Le site RealClimate reconnaît que ces données ainsi hackées sont authentiques.
– « ClimateGate« , la page sur Wikipédia

Ressac medias : lorsque les communicateurs dérapent

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Plus grand monde l’ignore maintenant, les élections municipales auront lieu dans moins de trois jours, dans l’ensemble du Québec. Alors que nous nous trouvons donc dans la dernière ligne droite avant le scrutin, la petite compagnie de mercatique « sociale », Ressac Medias, vient de publier un sulfureux billet, sur son site corporatif, intitulé « Lien Évident entre Gérald Tremblay et la Mafia de Montréal » (sic!).

Alors que même les médias se sont cantonnés à évoquer des liens supposés, entre certains représentants d’Union Montréal avec le crime organisé, Ressac Medias, eux, franchissent le Rubicon de la diffamation pure et simple en associant, de facto, Gérald Tremblay et mafia montréalaise ! Oui, vous avez bien lu !

Comment s’y prennent t-ils pour effectuer cette association ?

Figurez-vous que ces « fins limiers » du web, n’ont utilisé pour leur « enquête », qu’un simple outil mis à disposition par Google nommé « Wonder wheel ». Avec ce dernier, un mot clef sera mis en relation avec d’autres mots, en fonction de leur popularité et de leur association avec votre sujet recherché.

Prenons un exemple neutre : tapez PFK (Poulet Frit du Kentucky) et les termes les plus souvent associés seront, sans grande surprise, « Poulet PFK », « KFC Menu », « Chicken »… vous comprenez le principe ?

L’investigateur de Ressac Medias, Beat Richert, a donc tapé « Gérald Tremblay » dans l’outil « Wonder Wheel » et voici ce qu’il en est ressorti :

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Évidemment, personne ne sera surpris, vu la quantité d’articles des dernières semaines, au sujet d’éventuelles malversations dans le domaine des contrats de construction. Vu que cela concerne les contrats de la ville, il est normal et logique d’y retrouver le nom de Gérald Tremblay… Par contre, en déduire un lien entre lui et la mafia, c’est une toute autre histoire !

Là où le procédé est malhonnête, c’est qu’outre le fait de publier ce genre d’article pratiquement la veille des élections, ils « oublient » de mettre l’ensemble des candidats sur un même niveau. Or, en effectuant une recherche comparable avec Louise Harel, voici ce que l’on obtient :

Capture d’écran 2009-10-29 à 18.21.06

Tiens ! Louise Harel et Vincent Lacroix s’y retrouvent ! Est-ce à dire qu’ils sont liés ? … De plus, on y voit aussi Hochelaga-Maisonneuve. Qu’aurait déduit notre limier de chez Ressac ? Que Louise Harel était liée aux Hells-Angels peut-être ? J’imagine déjà l’affligeant titre sur le blogue de Ressac : « Lien évident entre Louise Harel, les Hells et Vincent Lacroix »… Vous voyez le genre ?

Parce que pour Beat Richert, Petite-Patrie (et donc Petite-Italie) rime avec « Mafia », alors vous comprendrez que Hochelaga devrait donc, dans ce petit esprit étriqué, devoir être synonyme de gang de motards !

Reprenons les faits. Nous avons une compagnie de mercatique web, donc a priori n’étant pas là pour faire de la politique, publier un article prenant position implicitement pour les prochaines élections, sur son site corporatif, à moins de trois jours de l’ouverture du scrutin. La compagnie n’hésitant pas à faire une association diffamatoire, entre le maire sortant et le crime organisé. Pas mal hein ?

Déjà, je sais qu’une plainte à été déposée auprès du Directeur Général des Élections, ce que je trouve normal. Est-ce que l’affaire en restera là ? Dans quel but a été écrit cet article ? Simple provocation, billet commandé par des opposants au maire… ?

À moins que cela ne soit juste qu’une simple question de jalousie :

Capture d’écran 2009-10-29 à 20.27.56

Affaire à suivre…

[Mise-à-jour du 13 décembre 2009] : L’article original du blogue de Ressac Media, a été retiré et remplacé par une version beaucoup plus édulcorée. Plutôt que de s’excuser et de reconnaître leur erreur, on pratique la dissimulation sur le blogue de Ressac… Ça en dit long.

Voici une capture de l’article original :

Capture d’écran 2009-10-29 à 18.20.11

Lorsque l'information nuit à la communication

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Au hasard de mes lectures, une citation de Dominique Wolton, spécialiste français de la communication et des médias, m’a particulièrement intéressé :

“Le défi de la communication est moins de partager quelque chose avec ceux dont je suis proche que d’arriver à cohabiter avec ceux, beaucoup plus nombreux, dont je ne partage ni les valeurs ni les intérêts.

Il ne suffit pas que les messages et les informations circulent vite pour que les Hommes se comprennent mieux. Transmission et interaction ne sont pas synonymes de communication.”

Voilà, magnifiquement résumé en deux phases, ce que je pense de cette frénésie totalement aberrante entourant le « Web 2.0″… Il faut très vite, tout savoir. Quelque-soit la nouvelle, quelque soit la crédibilité de la source, il faut connaître le plus rapidement possible, ce qu’il se passe et se dit aux quatre coins du globe.

J’exagère, mais à peine !

Quelques « gourous » du web, généralement auto-proclamés d’ailleurs, essayent de nous faire croire que de recevoir cinquante fois la nouvelle de la mort de Michael Jackson, trente fois celle que gMail est indisponible… est un progrès en soi, en ce qui a trait à la communication et à l’information. Ainsi, être submergé par les mêmes messages, annonçant une même nouvelle, sur Twitter, Facebook, FriendFeed et consort devrait nous extasier : nous sommes informés !

Les mêmes « gourous », ceux qui aiment vomir sur les médias traditionnels, seraient les premiers à dénoncer qu’une information tourne en boucle à LCN, RDI ou CNN… mais vu qu’il s’agit de LEUR univers, de LEUR Web 2.0, c’est génial, magique, extra !

En français on appellerait ça de la redondance, mais chez eux, le terme semble être inconnu.

Loin de partager toutes les idées de Wolton, il faut reconnaître que sur ce point, il a parfaitement raison. Avoir des centaines de nouvelles, chaque jour, de manière quasi-immédiate, ne fait pas de nous des virtuoses de la communication. D’ailleurs, rester des journées entières rivé sur son écran d’ordinateur, prétextant de vouloir être informer est une forme bénigne d’autisme et d’enfermement sur soi. Quoiqu’ils en disent.

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Alors ils me font bien rire avec leur « Web 2.0 » et leurs théories fumantes, sur la bonne façon dont les gens (c’est-à-dire nous), devrions communiquer. Osez avoir un regard critique sur ce qu’ils essayent de construire et vous devenez l’ennemi du progrès, du bon sens même !

Désolé, mais le Web 2.0 n’a d’abord rien inventé, au si peu, de plus, tout ce que je vois pour le moment, ce sont des nouvelles façons d’abrutir un peu plus le cerveau de nos semblables.

Info ou intox ? Vérifiez vos informations !

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Avouez que les légendes urbaines, les « hoax » et autres théories conspirationnistes, ont quelque chose de fascinant ! Et tout cas, pour ma part, ça me passionne. Il faut dire que l’association « légendes urbaines » et internet, contribue à créer un mélange particulièrement explosif. Mais récemment, la prolifération de ces « hoax » a pris une toute autre dimension, avec la popularité grandissante de ce que l’on appelle pompeusement « les réseaux sociaux », en clair : Facebook, Twitter et consort.

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Vu que le sujet me passionne littéralement, j’aurais beaucoup à dire. Mais je vais tenter de limiter mes ardeurs et publier une série de différents billets, en fonction de l’actualité ou des occasions (qui ne manqueront pas, j’en suis sûr !).

Premier cas : l’alerte Amber

J’avais déjà l’idée de rédiger un tel billet lorsque, le 23 juillet dernier, je vois apparaître dans mon flux de nouvelles Facebook (le « feed » quoi !), une information concernant l’enlèvement d’une petite fille de trois ans et le déclenchement de l’alerte Amber. Il s’agissait d’une mise à jour de statut, dans lequel on retrouvait le numéro de plaque du véhicule de l’agresseur (72B 381 – Ontario), ainsi qu’une demande de relayer l’information dans nos statuts Facebook respectifs.

Dans ce genre de situation, en vieux « routier » du web (mais aussi, faut l’admettre, parce que je me suis fait avoir comme tout le monde à mes débuts), je tiens absolument à trouver une confirmation fiable avant de relayer, comme on me le demande, l’alerte d’enlèvement.

Première chose, mais c’est assez facile lorsqu’il s’agit d’une alerte Amber : regarder les sites de médias traditionnels. Le principe même d’une alerte Amber, réside dans la rapidité et dans la propagation de l’information à la radio, dans les journaux, à la télévision et sur les afficheurs électroniques routiers. De là mes premiers soupçons : aucun site d’information ne parle d’une quelconque alerte Amber. Ni au Québec, ni en Ontario, ni aux États-Unis.

Deuxième étape, je prends une partie du texte du statut Facebook, contenant le numéro de plaque du véhicule et je me sers de mon grand ami Google. Le moteur de recherche confirme alors la supercherie, il s’agit bien d’un « hoax » qui remontrait au 15 juillet dernier, apparu aux États-Unis et se propageant, assez vite merci, au Canada. Vu que le texte du statut était en langue française, il y a quand même quelqu’un, quelque part, qui a pris soin de traduire le message, sans même se demander si le contenu était véridique (à moins qu’il y aie quelque chose d’intentionnel là-dedans).

La recherche m’a pris moins de cinq minutes. Et le temps que je collecte les informations, pour aviser mon chum de la supercherie, déjà plusieurs autres de mes contacts Facebook, s’étaient empressés de faire des copier-coller dans leur statut et plusieurs avaient également relayé « l’information » dans Twitter. Ça va vite, très vite, je vous l’assure !

Deuxième cas : la « vidéo » de Silvio Berlusconi

En début d’après midi, un de mes contacts sur Twitter, relaye l’information d’un autre de ses contacts, dont je reproduis ici le message original :

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Le lien, volontairement réduit pour pouvoir passer dans les 140 caractères de Twitter (pour ceux qui ignorent le principe), renvoi sur une vidéo postée sur YouTube. Dans cette vidéo, on y voit le président du conseil italien, Silvio Berlusconi, en train de mimer la position de la levrette avec une agente de la circulation… à l’insu de cette dernière, faut-il le préciser.

Je vous avouerais que sur le coup, je suis resté sans voix. Certes, Silvio Berlusconi nous a habitué à des comportements plutôt curieux, parfois même déplacés, mais là, on franchit pas mal les limites de l’acceptable.

Puis je regarde la date de publication de la vidéo : 2 février 2007. Comment ai-je pu passer, durant plus de deux ans, à côté de cette vidéo ? Comment ce fait-il que je n’aie pas vu ça dans les médias, y compris sur le site « alternatif » d’information De Source Sûre, qui n’a pas pour habitude d’épargner le personnage ? D’ailleurs, sur ce même site, un dossier assez complet concernant les rapports qu’entretient Silvio Berlusconi avec les femmes, ne fait nulle part mention de l’incident avec l’agente de stationnement.

Mieux encore, suite à la remarque d’un lecteur concernant cette fameuse vidéo (en bas de l’article), la rédaction du site répond laconiquement : « Ce n’est pas un oubli, il s’agit d’un fake. C’est un sosie de notre ami Berlusconi ».

D’accord, mais ma curiosité me commande de chercher un peu plus. Et là, vous vous en douterez, j’utilise de nouveau mon grand ami Google, afin de recueillir d’autres informations.

C’est là que je trouve, sur l’un des blogues du journal français Libération, un article du journaliste Jean Quatremer intitulé « Berlusconi et la policière » (daté de mars 2006 !). Selon ce que Jean Quatremer a pu apprendre de ses homologues italiens, c’est qu’il s’agirait d’un film néerlandais, tourné avec un sosie de Berlusconi. Mais l’usage du conditionnel dans l’article ne me satisfait guère, donc je creuse, mais cette fois, en élargissant la recherche aux films de propagande et de satire.

Je progresse un peu plus dans mes recherches, grâce au site Wonkette, qui parle d’un film satirique allemand sur le président du conseil italien, nommé « Bye Bye Berlusconi ». Un lien vers le site du film est même indiqué. Et là, vous faîtes comme moi le rapprochement : à la fin de la fameuse vidéo de YouTube se trouve un message : « Bye Bye Berlusconi ».

Dans le film donc, le rôle de Silvio Berlusconi est interprété par Maurizio Antonini, manifestement très connu dans la péninsule, puisqu’il apparaît régulièrement dans des émissions de télévision, afin de personnifier l’homme politique italien. D’ailleurs, c’est vrai qu’il y a une ressemblance :

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Ajoutez à cela, la compression vidéo de YouTube, qui altère la qualité de l’image (ainsi que notre bon jugement), le cadrage de la caméra volontairement imparfait, afin de donner l’illusion d’un plan pris « sur le vif », sans oublier, la distance de prise de vue ainsi que, comme on peut l’imaginer, un peu de maquillage : voilà la recette parfaite pour créer un malentendu.

Dans un autre extrait, toujours sur YouTube, on voit beaucoup plus clairement qu’il s’agit du sosie et non pas du véritable personnage. Pourtant, la vidéo est présentée comme étant bien réelle par celui qui l’a posté. En fait, il s’avère qu’il s’agit de plusieurs mises en situation, volontairement disséminées sur le web, afin de faire connaître le film et de créer un « buzz » autour de lui. La méthode n’est pas nouvelle, puisque déjà appliquée par de nombreux réseaux de télévision, afin promouvoir leurs télé-séries.

Dans l’exemple, le film a un côté plus « propagandiste » ayant, de plus, été réalisé un peu avant les élections italiennes. Ensuite, que cela puisse nuire à l’image de Silvio Berlusconi ne doit pas gêner, outre mesure, les créateurs de « Bye bye Berlusconi ».

Les leçons à en tirer

Il est de plus en plus facile de colporter des rumeurs, « hoax » et autres informations fantaisistes. Un simple « retweet » via Twitter, suffit à propager une information vraie ou fausse, à l’ensemble de nos contacts. L’opération, avec n’importe quel logiciel client de Twitter, peut prendre un gros deux secondes !

Lorsque vous savez que le nombre de contacts peut être, dans certains cas, de plusieurs milliers de personnes. Qu’un certain nombre de ces personnes vont, à leur tour, « retweeter » vers leurs propres contacts, inutile de vous dire que les « dommages » peuvent être considérables.

Et ces dommages ne touchent pas seulement la personne ou la marque mise en cause, elles touchent aussi ceux qui propagent cette fausse information. Il en va de votre crédibilité et de votre notoriété auprès de ceux qui vous suivent. Car lorsque le « pot-aux-roses » est découvert, vous pensez bien que la prochaine fois que vous publierez une information, certains de vos contacts se poseront la question de savoir, s’il ne s’agit pas encore un « hoax » !

Si, malgré tout, vous publiez un « hoax », il est essentiel d’en aviser, dès que possible, tous vos contacts. On vous pardonnera beaucoup plus une maladresse, si vous vous donnez la peine de la rectifier.

J’oubliais ! … Juste pour montrer l’étendue du problème : la personne à l’origine du message sur la fausse vidéo de Berlusconi, est une journaliste d’un grand quotidien montréalais. Je n’en dirais pas plus, car cela n’a pas grand intérêt, mais c’est pour vous montrer que cela peut arriver à tout le monde et que la tentation de « réactivité » procurée par Facebook et Twitter, donne souvent l’envie de partager tout de suite ses découvertes et fait même parfois oublier les notions de base du journalisme : une information doit être recoupée par au moins deux sources crédibles, avant d’être diffusée.

Les conseils

C’est bien beau de faire la morale, mais comment prévenir ce genre « d’incident » ? Déjà, je serais tenté de dire, que le travail de recherche que j’ai effectué pour ces deux exemples, devrait être fait en amont par tout le monde. Peut-être pas de manière aussi approfondie, je vous l’accorde, mais on peut prévenir bien des erreurs en effectuant simplement une recherche dans Google.

Deuxième chose, utilisez sans retenue, les sites de référence à ce qui a trait aux « rumeurs » et autres « hoax ». Je donne des adresses à la fin de l’article, mais je vous parlerais d’abord de l’incontournable Hoaxbuster qui, comme son nom l’indique, est un site français. Collez dans la zone « Rechercher », en haut à droite, un bout du texte suspect ou tapez des mots clefs, afin de savoir si l’info est juste ou non. Je peux vous dire que ce site m’a évité, à de très nombreuses reprises, de colporter des « hoax » qui paraissaient, pour certains, relativement crédibles.

Il y a des éléments symptomatiques, qui reviennent assez souvent dans les « hoax », en particulier dans les courriels que l’on reçoit. Déjà, en partant, si le courriel vous demande de relayer l’information auprès de tous vos contacts, quelque en soit la gravité, je peux vous assurer que dans 90% des cas, il s’agit d’un « hoax ». Pour ma part, dès que je vois ce genre de message, c’est direction « Hoaxbuster » dans la minute qui suit ! … Si tant est que le message soit, à la base, suffisamment crédible pour que je m’y intéresse.

Autre point : l’absence de date, de sources officielles ET vérifiables, sont d’autres indices de « hoax ». Ainsi, je me souviens d’un courriel, soit-disant envoyé par la Sûreté du Québec (il y avait même le nom d’un officier de la SQ en bas du courriel), parlant d’agissements ou d’un quelconque crime. Pas de date, pas de lien vers un site officiel pouvant donner l’information… En admettant même que ce courriel soit réel (la SQ en passant, n’utilise JAMAIS le courriel pour diffuser ce genre d’information), depuis combien de temps circule t-il ? Sans date, comment le savoir ?

Récemment, je suis « tombé » sur un « hoax » qui circule depuis que je suis sur le net, c’est-à-dire depuis le milieu des années 1990 ! Inutile de vous dire alors, qu’un « hoax » peut se balader pas mal avant d’aterrir dans votre boîte ! De plus, il est courant que des « hoax » soient modifiés, actualisés ou localisés pour en augmenter la portée. Le cas de la fausse alerte Amber est assez probant à ce niveau.

Pour finir : si c’est trop beau pour être vrai, c’est que ce n’est pas vrai ! Sachez-le ! Jamais personne ne vous donnera un million de dollars, juste pour effectuer une transaction bancaire mineure. Jamais on vous livrera gratuitement des dizaines de bouteilles de vin, juste si vous envoyez le message à tous vos contacts ! Imaginez un peu le nombre de personnes potentiellement « gagnantes » !

Bref, s’il vous plaît, VÉRIFIEZ avant de publier ! Vérifiez pour votre propre crédibilité, mais aussi parce que cela peut prendre trente secondes pour diffuser une rumeur et qu’il faudra déployer beaucoup plus d’énergie, et de temps, pour rétablir les faits.

Pour en savoir plus :

"Flash Mob" à Montréal : on va se garder une petite gêne !

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Si vous êtes de ceux qui se sont « déconnectés » durant les vacances, ou qui ne vivaient manifestement pas sur le même fuseau horaire, peut-être avez-vous eu – la chance ? – de passer à côté du gros « buzz » culturelo-gouvernementalo-publicitaire : le « FlashMob » hommage à Michael Jackson, qui a eu lieu à Montréal le 27 juillet dernier.

Et s’il vous plaît, je tiens beaucoup à l’usage des guillemets de chaque côté de « Flash Mob », car à l’instar de nombreux blogueurs, je trouve l’usage de ce qualificatif particulièrement galvaudé, en ce qui a trait à cette mascarade publicitaire.

Mais avant-tout, je commencerais par une simple mise au point, histoire d’aller au devant des fe-fans hystériques du chanteur récemment décédé : je n’ai jamais détesté Michael Jackson en tant qu’artiste, au contraire, il avait beaucoup de talent et il a composé de petites merveilles… dans les années 80. J’ai, par contre, toujours eu beaucoup de réserves concernant l’individu en tant que tel. Personne ne me fera croire que tout se passait bien chez lui, entre les deux oreilles. Mais passons, puisque ce texte ne vise pas Michael Jackson, mais plutôt la petite farce orchestrée ce lundi à Montréal.

Facebook est devenu un mot magique auprès des médias

Vous vous en doutez, je ne me joindrais pas aux louangeurs littéralement en extase, devant la « spontanéité » du rassemblement ! À la lecture de nos principaux médias d’information qui, manifestement, n’ont pas grand chose à couvrir durant l’été, je me retrouve devant un flot de superlatifs grotesques, de propos saupoudrés d’angélisme : vous vous rendez compte ? Ils ont organisé ça sur Facebook ! … Ah ! Le nouveau terme à la mode : « Facebook » ! Hier, s’était juste « internet », aujourd’hui, cela devient presque désuet, comparativement à l’attraction médiatique de « Facebook ».

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Loin de moi aussi l’idée de m’en prendre à Facebook ! J’y suis et je trouve l’outil très utile et vraiment pratique… Mais c’est l’usage qu’en font certains journalistes dans leurs textes, souhaitant donner un peu plus « d’effet » en créant une sorte de nouveau « phénomène », qui est ridicule. Prenez n’importe quel sujet d’actualité, ajoutez à cela « Facebook » ou « Twitter » et tout de suite, votre article prend une autre dimension. Ainsi, « Un rassemblement de danseurs à Montréal », est un titre fade, sans intérêt. Par contre, « Un groupe de danseurs se rassemblent grâce à Facebook » là, vous tenez quelque chose !

Mais passons…

Ce n’était pas un « Flash Mob » !

Côté « Flash Mob ». Même si je suis tout à fait d’accord sur le fait, que le plus petit « Flash Mob » prend un minimum d’organisation et de préparation, il y a tout de même des limites à ne pas franchir !

Déjà, il faut savoir que l’organisation dépassait de beaucoup le « simple » cadre de Facebook et des réseaux sociaux. Cet hommage, selon certaines informations, faisait partie d’un « coup » publicitaire, orchestré avec l’approbation et la participation du ministère de l’Immigration et des communautés culturelles. D’ailleurs, chose étonnante, une semaine jour pour jour avant ce fameux hommage « spontané », la ministre Yolande James, avait dévoilé un programme d’aide à la jeunesse devant les journalistes… et qui étaitent présents pour témoigner ? Sonia Clarke et Nadege Maignan, co-fondatrices de l’école de danse Artmistice, mais aussi… organisatrices du « Flash Mob », et grandes amies de la ministre (Yolande James l’a d’ailleurs admis dans un reportage à RDI).

Ensuite, ces mêmes personnes, incluant Danny-Michael Thifault, auraient envoyé des communiqués de presse aux médias afin de les informer de leur projet et de les inviter à y assister. Des communiqués de presse ! Vous avourez que le côté « underground » et « confidentiel » du « Flash Mob » en prend un sacré coup !

Mieux encore, sur le site circulation Montréal (réseau Branchez-Vous), on informait les internautes d’éventuelles perturbations que pourrait occasionner la manifestation et ce, dès 10h ! Je rappelle, pour ceux qui ne sont pas familiers avec les « Flash Mob », que ce genre de rassemblement se fait dans un esprit un peu aux limites des normes, dans le sens qu’ils doivent aussi provoquer une sorte de « chaos », toujours dans un esprit sympathique et sans aller dans l’illégalité. Bref, perturber la routine d’un lieu, de manière très ponctuelle, avant même l’apparition des premiers signes d’agacement de la part du public.

Des organisateurs « officiels » de la « Flash Mob™ »

Autre chose qui m’agace profondément, ce sont les publications de vidéos « officielles » de ce « Flash Mob ». Le terme « officiel » me dérange beaucoup. Car s’il y a quelque chose qui ne doit justement pas être « officiel », ce sont bien les « Flash Mob »… Quand on parle de « Flash Mob », on parle aussi de vidéos prises depuis un cellulaire, un appareil photo ou, à la rigueur, une caméra personnelle. C’est mal cadré, le son n’est pas très bon… c’est artisanal, dans le bon esprit « Flash Mob ». Ça sera aux internautes ensuite, de partir à la chasse aux images sur le web. C’est ÇA l’esprit d’un (vrai) « Flash Mob » : l’événement appartient aux participants, pas à une quelconque « organisation », qui aurait le « privilège » de pouvoir proposer une vidéo « officielle ». Le sous-entendu, même s’il n’est pas forcément voulu, est tout de même assez clair : il y a les « autres » vidéos et il y a celle des organisateurs… On notera, en passant, les notes assez révélatrices sous la vidéo : « Copyright Artmistice (TM) Production 2009 – http://www.artmistice.com, Director Studio Acromatik ».

Photographie : David Munoz-Aguilera de Papyrus Communications

De plus, histoire de mettre une belle grosse cerise sur ce sundae, Le Devoir, dans son édition d’aujourd’hui, nous annonce même qu’outre la troupe de danse Artmistice, pas moins de trois boîtes de communication ont travaillé sur ce projet (entre-autres Papyrus Communications) ! Déjà, le fait que l’école de danse supervisait l’événement, avait très rapidement fait le tour de la blogosphère, mais maintenant qu’on apprend qu’il y avait des boîtes de communication, la présence de Yolande James et de policiers du SPVM…

Bref, comment peut-on encore appeler ça un « Flash Mob » ?

Mais attention !

Oui, attention ! Que la ministre dévoile des propositions en faveur des communautés culturelles, qu’elle participe à une danse hommage à Michael Jackson avec des amis, que des policiers soient également présents, que l’on puisse créer un « happening » sympathique et rassembleur même avec une commandite clairement identifiée (dans ce cas : Artmistice), avec la présence de journalistes… Je trouve ça TRÈS BIEN ! C’est, à la base, une belle initiative !

Ce que je ne supporte pas en revanche, c’est que l’on prenne les gens pour des abrutis. Que l’on crée une sorte de « buzz » autour d’un « Flash Mob » qui n’a de « Flash Mob » que le nom. Que l’on tente de galvauder l’esprit même de ce genre d’événement et qu’en fait, l’on découvre que cela ne sert qu’à mieux dissimuler un coup publicitaire, sous les fallacieuses excuses des « bons sentiments », là, je trouve que c’est un peu trop !

J’aime les « Flash Mob », mais force est de constater que si on laisse faire ce genre de « farce », les « Flash Mob » seront de plus en plus l’affaire de « boîtes de communication », qui profiteront de ce concept pour faire passer leur message, de manière plus ou moins subtile.

Pour en savoir plus :

Définition de Flash Mob sur Wikipédia :

Un flash mob, terme anglais traduit généralement par foule éclair ou mobilisation éclair, est le rassemblement d’un groupe de personnes dans un lieu public pour y effectuer des actions convenues d’avance avant de se disperser rapidement. Le rassemblement étant généralement organisé au moyen d’Internet, les participants (les flash mobbers) ne se connaissent pas pour la plupart. Le terme foule éclair s’applique généralement seulement aux rassemblements organisés via des médias sociaux ou emails viraux, plus qu’à ceux organisés par des sociétés de relations publiques ou pour une « cascade publicitaire ».

Source intégrale : Flash Mob

Crédit photo : David Munoz-Aguilera de Papyrus Communications

Children see. Children do.

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Il y a parfois des publicités qui marquent (maudit bon jeu de mots là non ?), que cela soit par leur humour, leur slogan, le message qu’ils envoient. Parfois, la publicité est tellement bonne, que l’on pense beaucoup plus au message, qu’au client que le publicitaire était sensé représenter.

Découvert grâce à Bruno Lamarche (sur Twitter), et grâce au site de Alain, cette superbe publicité réalisée au profit du « Child Friendly Australia ». Il semblerait que sa diffusion remonte à l’année 2006, mais le message, lui, reste malheureusement toujours d’actualité.

Children See. Children Do. Une publicité qui m’a fait réfléchir. À vous d’en juger…

Les enfants nous imitent, agissons positivement.

Internet imaginé en… 1969 !

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Cette vidéo est très impressionnante : le 12 novembre 1969, l’émission Eureka propose un reportage (trouvé sur le site de l’INA), qui imagine la télévision de demain et invente Internet sans pouvoir le nommer ! E-mails, jeux en ligne, jeux en réseau, commandes par internet, télé haute-définition, VOD, visio-conférences, stylets et écrans tactiles… tout y passe, il manque juste le nom magique : Internet ! Avec une interview de Jean D’Arcy (Directeur de l’information audiovisuelle de l’ONU) : “Il va falloir trouver un nouveau mot pour définir cette nouvelle approche de l’image et du son, car la télévision implique la passivité face aux informations, ce qui ne sera plus le cas dans le futur” :

C’est absolument fascinant ! Alors même que la télévision couleur était loin d’être démocratisée, que le téléphone n’était pas présent dans l’ensemble des foyers, des individus avaient déjà imaginé l’étape suivante : l’Internet, le multimédia et l’interactivité.

Un peu à l’instar de Léonard de Vinci qui dessina les premiers hélicoptères, Jules Verne qui raconta l’exploration spatiale, des fous, des « flyés », comme on a sans aucun doute dû les qualifier, avaient déjà réfléchis à ce que pouvait ressembler les nouvelles technologies de l’information… avant même d’en connaître le terme !

Qui, de nos jours, a déjà imaginé l’étape suivante ?

Source : Le mouton du web en Nouvelle-Calédonie

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