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Élection américaine 2008 : les résultats en direct !

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En attendant que Barack Obama règle la dette publique des États-Unis, trouve un vaccin pour le cancer et répande la paix sur Terre… grâce à un outil Google, suivez en direct les résultats du vote ici-même en baladant votre souris sur la carte :

Justin Trudeau : la preuve que le ridicule ne tue plus

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Je n’ai pas encore eu l’occasion d’évoquer la campagne électorale canadienne. Faut dire qu’elle est sans grand intérêt, vu le niveau du débat et de nos leaders. Stéphane Dion, l’homme qui a autant de charisme qu’un têtard. Gilles Duceppe, le roi de l’indécision et des allers-retours Ottawa-Québec. Jack Layton, l’homme au sourire de vendeurs de chars. Et Stephen Harper, aussi effacé que froid.

Heureusement, le rejeton Trudeau est là pour nous faire rire à nous donner des crampes dans le ventre ! Justin Trudeau, l’un des fils de l’ancien premier ministre Pierre-Eliott Trudeau, n’en finit pas de provoquer l’hilarité ! Déjà, au début de l’été, le tit Justin avait démontré son sens des priorités, en annonçant que les extra-terrestres seraient les bienvenus au Canada et que leur existence serait garantie par la fameuse « Charter of rights and freedom ».

Ben tiens ! Y’en a qui parlent de l’économie, des services de santé, de l’éducation… pis y’en a d’autres qui nous parlent d’E.T. !

Mais là, Justin Trudeau franchit une nouvelle étape dans le pathétisme. Sur son site de campagne (et oui, il se présente !), une vidéo de présentation le met en scène. Jusque-là, pas grand chose à dire… Le problème, c’est qu’en l’écoutant, on découvre que Justin Trudeau nous sert une soupe linguistique totalement grotesque. Mélangeant ainsi le français et l’anglais dans une même phrase, le simplet de Papineau, tente de nous imposer sa pauvre et pathétique vision du bilinguisme « à la canadian« .

Je vous préviens, j’ai rarement vu quelque chose d’aussi débile :

Source du chef d’œuvre : Justin.ca

On en tient un bon. Un vrai champion du monde notre Justin ! Faudrait pas le lâcher, un gars de même, pourrait à lui seul garantir de la job à des dizaines d’humoristes, durant toute une décennie ! Et d’ailleurs, le groupe « Prenez garde aux chiens » en a profité pour en faire une parodie… presque aussi drôle que l’originale !

Source de la parodie : Prenez garde aux chiens

Les anti-CPE sanctionnés par les étudiants !

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Je ne vais pas vous cacher ma joie… Alors que les manifestations, souvent violentes, des « anti-CPE » font rage en France. Alors que, depuis le début, les syndicats de gauche prétendent qu’ils ont la majorité avec eux, voilà que les étudiants, lors des élections aux CROUS, ont sanctionnés clairement les agitateurs.

Tous les deux ans, tous les étudiants français sont appelés aux urnes afin de voter pour leurs représentants au CROUS (Conseil des œuvres universitaires et sociales). Cette élection, généralement très favorable aux syndicats de gauche, a lieu dans la vingtaine d’académies qui composent la France.

Or, l’UNI, le syndicat étudiant de droite favorable aux CPE (Contrat de première embauche), a connue une progression que l’on peut considérer d’historique. En effet, le mouvement proche de la majorité parlementaire a progressé de 71% en terme de suffrages et à gagné pas moins de dix élus ! L’UNI arrivant même en tête dans trois académies (le Havre, Amiens et Versailles).

À l’opposé, le syndicat étudiant de gauche UNEF a perdu 54 élus. Alors que l’UNEF participe aux blocages des universités françaises. Le message qui est passé est assez clair : les étudiants souhaitent pouvoir étudier et n’approuvent pas les grèves anti-CPE.

Toutefois, une vingtaine d’urnes ont été volées (sur 700), par des agitateurs généralement cagoulés. Ceci est à mettre en parallèle avec les dizaines d’étudiants agressés alors qu’ils souhaitaient exprimer leur mécontentement de voir les cours annulés et leurs universités bloquées, parfois avec la complicité de certains présidents d’université.


De plus, les étudiants de gauche ont presque systématiquement exclus des assemblées générales, tous les étudiants ne partageant pas leur opinion. Du coup, les votes lors de ses assemblées étaient toujours favorables à la grève… facile lorsque l’on empêche les opposants de voter !

Une bien belle leçon de démocratie !


Photos prises lors d’une manifestation anti-CPE à Paris. Violences, agressions, passage à tabac, intimidation… « Douce France »…

Pour en savoir plus sur les actes de violence orchestrées par les anti-CPE :

- Le site de La Fronde :

Élections en janvier ?

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Les chefs des trois partis d’opposition ont lancé, dimanche, un ultimatum au premier ministre Paul Martin : déclenchez des élections la première semaine de janvier 2006 à défaut de quoi ils s’entendent pour renverser le gouvernement aussi tôt que la semaine prochaine.

Harper, Layton et Duceppe

Élections provinciales (partie 2)

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Après trente-trois jours de campagne officielle, nous connaissons maintenant les noms des 125 députés de la nouvelle assemblée provinciale. Les Québécois ont élu le gouvernement libéral (PLQ) de Jean Charest avec 46 % du suffrage alors que le gouvernement sortant du Parti Québécois (PQ) de Bernard Landry a obtenu 33 % des votes de la province. Mais avant d’entrer en détails dans l’analyse des résultats, nous allons revenir là où je m’étais arrêté lors de ma chronique précédente.

Le débat des chef

Réunis le lundi 31 mars devant les caméras des quatre réseaux francophones de télévision, les trois candidats se sont livrés au traditionnel exercice imposé du « débat des chefs ». Le débat fût à l’image de la campagne. Un Jean Charest visiblement très à l’aise, lisant très peu ses notes, maîtrisant manifestement bien tous les sujets et qui choisi, dès sa première intervention, de régler son principal handicap : les « défusions » municipales (excusez le néologisme, mais c’est comme ça qu’on dit !). Habile, très habile, car il coupa directement l’herbe sous les pieds de Bernard Landry, rendant caduque le principal argumentaire de ce dernier. Il aura même l’intelligence de faire passer son handicap pour un semi-avantage, mettant de l’avant la démocratie locale et la liberté des habitants de décider par eux-mêmes. Dans le fond, c’est exactement ce que souhaitent faire les souverainistes en ce qui concerne l’avenir du Québec, argument donc imparable.

Bernard Landry devait redouter ce débat. Étant le premier ministre sortant, il était, de fait, la personne à abattre. Nous le savions, il le savait et on le sentait d’ailleurs beaucoup trop sur la défensive. Landry craignait une mauvaise phrase, une erreur de jugement, ou simplement un mot de trop. C’était presque palpable. De fait, il lisait presque toutes ses notes et on pouvait observer qu’il réfléchissait mûrement avant de se lancer dans l’arène. Il retrouvera l’attitude professorale que beaucoup lui reprochait d’avoir. Image qu’il avait cependant réussit à gommer durant le début de la campagne, où on avait pu le voir souriant, détendu et calme. Malgré tout, même s’il n’a rien gagné, Bernard Landry n’a tout de même rien perdu et c’était lui qui pouvait le plus souffrir d’une mauvaise prestation lors de ce fameux débat.

Du côté de Mario Dumont, le débat fût à mon sens catastrophique et manifestement très mal préparé. D’ailleurs, quelques jours avant le 31 mars, Mario Dumont se vantait de ne rien vouloir préparer avec ses conseillers et qu’il y allait presque les mains dans les poches. Quand on connaît l’importance, en terme d’image et de notoriété d’un débat national, une bonne préparation est fondamentale ! J’ai vu des candidats perdre toute chance de gagner une élection au court d’un simple débat télévisé. C’est le cas de Mario Dumont. Certes, il était déjà à la traîne dans les sondages (qui ne sont que des sondages), mais suite au débat il a définitivement hypothéqué toutes ses chances de gagner, surtout à quinze jours du scrutin ! Il fût effacé, sans charisme et manquant de combativité. Je réitère ce que j’ai pu exprimé dans ma chronique précédente : Mario Dumont doit changer de conseillers en communication au plus vite, s’il veut sortir de l’ornière !

Sur le fond le débat fût tout de même intéressant et les candidats ont tous évité de sombrer dans des énumérations de chiffres, de statistiques en privilégiant la clarté.

Suite et fin de la campagne

Le reste de la campagne confirmera les impressions du débat. Le PLQ de Jean Charest pris la tête des sondages, l’ADQ de Mario Dumont continua son irrésistible descente, tandis que le PQ de Bernard Landry limita son érosion tout en repartant à l’offensive… sur les « défusions » municipales ! Difficile de comprendre la stratégie du Parti Québécois, qui n’en avait pas fait une seule fois mention durant le « débat des chefs ». Deuxième axe de campagne, le vote des fédéralistes ! Convaincu que certains électeurs non-souverainistes sont satisfaits du bilan de son gouvernement, Bernard Landry leur fait les yeux doux et entreprant beaucoup d’efforts pour sortir du carcan « souverainistes contre fédéralistes ». Le ralliement du chef de la tribu des Cris a dû l’influencer dans sa nouvelle stratégie. Très mauvaise cible, mais j’y reviendrais plus tard.

Jean Charest entamera pour sa part un grand tour des circonscriptions, menant ainsi une bonne campagne de terrain. S’étant bien sorti du piège dans lequel il s’était lui-même mis dans le dossier des fusions et « défusions » municipales, Charest s’en ai prit à la volonté de l’actuel premier ministre de vouloir faire dès que possible un referendum sur la souveraineté du Québec. Il ironise d’ailleurs beaucoup sur l’attitude qu’a Bernard Landry de vouloir ravir quelques votes fédéralistes. « C’est un peu comme si le Colonel Sanders demandait aux poulets de voter pour lui », plaisantait-il.

Mario Dumont, quant à lui, prit le masque de la défaite. Autre erreur politique majeure qui va à l’encontre d’une notion fondamentale qui veut que « l’on ne perde que les combats que l’on ne mène pas ». Le dynamisme de l’ADQ a eu tendance à disparaître, mis à part dans quelques circonscriptions où les candidats avaient des chances raisonnables de l’emporter. Autre point noir, des rumeurs de mésententes entre Mario Dumont et l’ancien maire de Montréal, Pierre Bourque, qui mirent beaucoup trop de temps à être démenties pour ne pas être prises au sérieux ! D’ailleurs, l’information fût démentie avec tellement peu de vigueur que cela laisse le champ libre à l’imagination.

Lorsque l’on regarde le bilan depuis plus de six mois, il est clair que l’ADQ a multiplié les erreurs confirmant l’idée que je me faisais d’eux : un parti d’amateurs et une « auberge espagnole » de la politique québécoise. Partis favoris à l’automne dernier, l’ADQ se retrouve aujourd’hui avec quatre élus. Moi j’appelle ça une bonne défaite !

Les résultats

Les résultats sont, eux aussi, à l’image de la campagne. Le Parti Libéral du Québec disposant maintenant de 76 élus, le Parti Québécois de 45 députés et l’Action Démocratique du Québec ramasse les miettes avec 4 députés seulement.

Il est certain, et je ne contredirais pas les commentateurs là-dessus, que c’est une belle et grande victoire pour le PLQ, ainsi qu’une victoire personnelle pour Jean Charest. Par contre, il ne faudrait pas sous-estimer la place du Parti Québécois, qui se sort tout de même honorablement de cette joute électorale avec un bon tiers des suffrages exprimés.

Pour l’ADQ, je contredirais par contre certaines explications qui veulent faire passer une défaite en semi-victoire. Pour ma part, c’est une véritable déroute. Oui, ils ont amélioré leur score, oui ils ont trois députés de plus qu’en 1998 (mais 1 de moins par rapport aux gains des élections complémentaires), mais il ne faudrait pas oublier que l’ADQ est parti de très haut pour sombrer dans les profondeurs abyssales des études d’opinions. 40% en septembre, 18% lors du scrutin du 14 avril, il ne me vient aucun autre exemple comparable à ce que vient de subir l’ex super-Mario. De plus, aucun des quatre députés élus lors de complémentaires n’ont retrouvés leur poste. C’est évidemment très révélateur du problème « adéquiste ».

Mais ce n’est pas seulement dans le score de l’ADQ que nous trouverons la réponse à une autre énigme : pourquoi le Parti Québécois a t-il perdu les élections, alors qu’une majorité des électeurs étaient satisfaits de la politique gouvernementale et même de son chef, Bernard Landry ?

L’usure du pouvoir. C’est l’une des explications qui revient le plus. Il est clair qu’au bout de neuf ans à la tête du pays, le Parti Québécois souffre du syndrome du « déjà-vu » et du « maintenant, on veut aut’chose ».

Et puis, il y a cette règle tacite de la fameuse « alternance ». On nous balance ça comme une règle mathématique imparable, comme une statistique de hockey de la soirée du même nom… Le gouvernement vous plait ? Le premier ministre est efficace ? Vous aimeriez le revoir une troisième fois ? … Non, ça sera impossible, désolé, c’est le temps pour l’alternance ! Mais là, cela ne concerne que « l’électorat flottant », cet électorat versatile qui ne vote qu’en fonction du contexte et non pas en fonction d’un encrage politique déterminé ou de convictions profondes. L’électeur « flottant », ni vraiment souverainiste, ni réellement fédéraliste, mais qui votera pour celui qui aura le mieux su le convaincre. L’éternel indécis qui attendra le débat pour se prononcer, ou qui attendra même son tour dans l’isoloir pour prendre l’ultime décision. C’est en fait pour eux que les campagnes électorales existent. L’électeur du Lac Saint-Jean qui vote PQ depuis 20 ans, dont le père était souverainiste et dont l’ancêtre soutenait déjà les « patriotes », lui, il n’intéresse pas vraiment les communicants politiques, même s’ il faut parfois les rassurer avant qu’ils soient tentés par le mal absolu : l’abstention.

Et puis il y a les fusions municipales et leur impact sur l’électorat « péquiste ». Les fusions municipales, pour mémoire, ce sont les décisions prises par le gouvernement Landry afin de réunir un ensemble de villes pour créer une seule et même commune. L’exemple le plus connu est celui de l’île de Montréal où une vingtaine de municipalités deviennent maintenant des arrondissements de la grande ville de Montréal. Mais c’est le cas aussi à Gatineau, ville Saguenay, Longueuil, Québec, etc. Certains électeurs n’ont pas apprécié que ces fusions se fassent sans que le pouvoir leur demande un quelconque avis. Quelle est la part exacte de ce mécontentement ? Difficile à dire, mais il est certain qu’une portion de l’électorat du Parti Québécois a fait défection ou pire, à voté PLQ.

La place de l‘abstention dans la défaite « péquiste ». Ou comment s’évaporent 300,000 voix.
Autre variable à étudier, l’abstention. Avec un taux de participation extrêmement bas (par rapport aux précédents scrutins), il est légitime de se demander qui n’a pas été voter ? Et par conséquent, à qui profite le « crime » ?

Étant dans l’opposition depuis neuf ans, incarnant une volonté de changement, et ayant un électorat traditionnellement très mobilisé, le PLQ a fait le plein de ses voix. En nombre de suffrages d’ailleurs, le PLQ ne perd que 17,000 voix mais gagne près de 3% en nombre de suffrages exprimés. Il y a donc une relative stabilité du PLQ.

Par contre, le PQ ayant perdu pas mal de plûmes (près de 500,000 voix de perdues et plus de 9% des suffrages exprimés), on aurait tendance à croire que les « péquistes égarés » se soient retrouvés dans les rangs des « adéquistes ». Explication convaincante, mais loin de tout résoudre (l’ADQ n’a gagné que 200,000 voix au total). Un aussi fort taux d’abstention n’a pu donc handicaper principalement que le Parti Québécois. Un tiers des suffrages alors que le vote indépendantiste avoisinerait les 42%, il y a donc une perte d’environ 10%. Une partie doit se retrouver dans le score de l’ADQ, effectivement, mais la plupart ont dû rester chez eux et s’abstenir de voter. Un indépendantiste classique ne votant pas pour le PLQ fédéraliste. L’ADQ pouvant, d’un autre côté, avoir une image trop à « droite » pour un « péquiste traditionnel ». Il y a donc environ 300,000 électeurs péquistes qui se sont abstenus… C’est mathématique.

Mauvaise cible

Pour ma part, j’imputerais la défaite du PQ à deux causes. L’une se trouve dans le manque de dynamisme de la campagne du PQ, qui n’a pas su incarner le fameux « changement dans la continuité ». Sentant arriver le syndrome de l’usure du pouvoir, il était vital pour le Parti de Bernard Landry de se renouveler sur le terrain des idées et des projets. À la place, il n’a exposé aux électeurs qu’un catalogue de promesses qui sentaient bien trop l’électoralisme : la semaine de quatre jours sorti d’on ne sait trop où à la grande surprise même de Pauline Marois (vice première ministre tout de même !), les semaines supplémentaires de congés payés, un crédit d’impôts pour les familles investissant dans des vacances au Québec, etc. Ca ressemble à de la précipitation tout ça ! Sans compter que le cadre financier de toutes ces mesures étaient carrément inconnues !

L’autre cause se trouve dans cette bizarrerie « péquiste », d’essayer de rallier les fédéralistes à leur cause. Que pouvait vraiment espérer Bernard Landry ? J’ose croire, qu’il ne comptait tout de même pas combler les 10 points d’écart avec le PLQ, uniquement en demandant aux fédéralistes de voter pour son parti ! Les gains ne pouvaient être que marginaux ! Certes, il est bon de montrer que le gouvernement dispose d’un bon bilan et d’une bonne appréciation, mais il ne faut pas s’attendre à ce qu’un quart des électeurs du PLQ vote spontanément pour le PQ ! Ca serait surestimer gravement ses capacités mobilisatrices. Comme je le disais plus haut, le PLQ n’a perdu que 17,000 voix. Sachant que sur ces 17,000 voix, certains ont voté ADQ, il est clair que la stratégie de Bernard Landry était une voie sans issue ! Pourquoi donc s’attarder durant presque toute la troisième semaine de campagne sur cette cible ?

D’où le mauvais choix de cible. Celui qu’il fallait neutraliser, c’était Mario Dumont. Quel intérêt de tirer sur une ambulance, allez vous me dire ? Bien que malmené dans les sondages, le jeune Mario Dumont n’en ait pas moins un parasite électoral, en tout cas pour le PQ. Maniant les accents populistes, Mario Dumont a sans aucun doute pu séduire certains électeurs « péquistes ». Populisme allant naturellement de paire avec le vote « populaire », votre traditionnel du Parti Québécois.

L’ADQ a certainement dû s’accaparer entre 150,000 et 200,000 voix du Parti Québécois. De là, il est clair que le danger venait plus du côté de Mario Dumont que du côté de Jean Charest. Le PQ n’a pas su faire revenir à lui ces centaines de milliers d’électeurs déçus par le parti souverainiste.

Ceux qui voulaient du changement ont voté ADQ. Le reste, ces souverainistes qui n’étaient pas prêts à voter autre chose que PQ, sont resté chez eux. Un autre chiffre qui illustre l’abstention « péquiste », si cela ne suffisait pas, l’écart entre la participation de 1998 et celle du 14 avril dernier avoisine les 270,000 voix ! CQFD !

Et maintenant ?

Maintenant, la balle est dans le camp du PLQ. Attendons la nomination du nouveau cabinet et le premier discours politique du premier ministre Jean Charest.

La baisse des impôts, l’augmentation du niveau de vie des Québécois et un bon programme économique devrait en satisfaire plus d’un. Par contre, le dossier des « défusions » municipales est une bombe à retardement qui sera difficile à désamorcer.

Laissons une chance au coureur, et voyons maintenant ce qu’il va faire !

Élections provinciales (partie 1)

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Comme dans tous les pays où il a été décidé de laisser la parole au peuple, le Québec connaît lui aussi cette petite frénésie pré-électorale qui fait vendre les journaux, parler les spécialistes et bailler les enfants. Nous voici donc au beau milieu d’une campagne électorale québécoise dont les enjeux sont importants et peuvent parfois même influencer la vie des immigrants et des futurs immigrants.

Hyper-actif dans le milieu politique français durant dix ans, calmé depuis mais ayant des prédispositions à faire des rechutes, je vais tenter de vous expliquer le plus clairement possible ces élections.

Déclenchement des élections

Oubliez les dates plus ou moins fixes où doivent avoir lieu les scrutins. Au Québec, à l’instar de la Grande-Bretagne, c’est le chef du gouvernement qui décide de tout, dont le choix de la date (il y a des limites tout de même, rassurez-vous !). Ainsi, Bernard Landry, le Premier ministre actuel du Québec, dans une déclaration presque anodine le 12 mars dernier, annonce que les élections provinciales auront lieues le 14 avril 2003.

Pas la peine de sortir de sciences politiques pour comprendre le fabuleux avantage dont dispose le parti au pouvoir en ce qui concerne ce dernier point. Avec de bons conseillers, une bonne connaissance de l’opinion et surtout de son évolution, l’avantage peut devenir déterminant pour le reste de la campagne. Encore faut-il conserver cet avantage.

Forces en présence

Il y a un certain nombre de partis officiels reconnus au Québec qui ont ainsi la possibilité de présenter des candidats devant les électeurs. Néanmoins, il y a deux « grands » partis, le Parti Québécois (PQ) et le Parti Libéral du Québec (PLQ), auxquels s’est ajouté récemment l’Action Démocratique du Québec (ADQ).

Le Parti Québécois, actuellement au pouvoir, souhaite l’indépendance du Québec. Ils se considèrent comme des sociaux-démocrates, mais leur courant idéologique est assez difficile à cerner précisément. En France par exemple, le PQ serait considéré comme au moins de centre-droit sur un certain nombre de positions. Leur chef et actuel Premier ministre : Bernard Landry. Leurs membres s’appellent les « péquistes ».

Le Parti Libéral du Québec, principale formation de l’opposition, est lié au Parti Libéral du Canada. Ils sont donc fédéralistes, même s’ils n’hésitent pas à prendre de front le gouvernement fédéral sur certaines questions. C’est d’ailleurs Robert Bourassa, un Premier ministre libéral Québécois, qui aura cette fameuse formule : « le Québec est une société distincte ». Presque une notion souverainiste ça ! Chef : Jean Charest, ancien membre du Parti Conservateur.

L’Action Démocratique du Québec, est un parti qui a déjà près de 10 ans d’existence et qui regroupe des anciens « déçus » du PQ et du PLQ. Hésitant entre idées populistes et positions conservatrices, l’ADQ pourrait jouer le trouble-fait dans ces élections. Chef : Mario Dumont. Leurs membres sont appelés les « adéquistes ».

Ensuite, viennent de petits, et même de très petits partis qui sont pour la plupart catégoriels, voire totalement décalés. Ils n’obtiennent guère plus de 2 ou 3% des suffrages dans le meilleur des cas. Le plus connu reste le « Bloc Pot » (pot signifie marijuana en québécois), qui ne souhaite qu’une chose : la légalisation du pot, rien de moins ! L’UFP, Union des forces progressistes, d’extrême gauche, rassemblant quelques groupuscules dont le Parti Communiste du Québec et qui ne pourra gêner les autres partis que dans une seule circonscription : Mercier, à Montréal.

Enjeux

Partons donc du principe que c’est l’un des trois principaux partis qui obtiendra la majorité des comtés aux prochaines élections. Une fois au pouvoir, la nouvelle assemblée dégagera, ou non, une majorité qui permettra à une seule et unique formation de gouverner.

Les enjeux sont très importants. Bien que le Québec soit une province du Canada, le gouvernement provincial dispose de grandes marges de manœuvres et gère lui-même des secteurs essentiels de la vie des Québécois. Ainsi, l’éducation, la santé, le travail, la justice, une grande partie de la sécurité, l’aménagement du territoire, les ressources naturelles, etc. sont directement administrés par le gouvernement du Québec. Il n’y a guère que la défense et les relations internationales qui sont du domaine fédéral.

Sur certains dossiers, l’autonomie du Québec est plus importante que les autres provinces canadiennes, surtout dans un domaine qui peu nous intéresser tous : l’immigration, ou plutôt la sélection des immigrants.

À l’instar de chaque scrutin, il y a toujours un sujet, ou une préoccupation qui sort du lot. Depuis quelque temps, les journaux font leur choux-gras des problèmes reliés au réseau de la santé. Objectivement, il y a bien un problème dû au fait que beaucoup de médecins quittent le Québec pour les Etats-Unis, mais aussi dû à un système qui n’a pas su s’adapter aux changements de mode de vie. Cela débouche sur des heures d’attente dans les salles d’urgences et donc des pertes de temps, d’énergie et de patience (quand ce n’est pas même des pertes de patients !). Le problème de la santé est donc LE sujet de cette élection.

Paradoxalement, c’est un signe de bonne santé ! Bonne santé pour le Québec en tout cas. Généralement, lorsque le pays va mal, la première des préoccupations demeure l’emploi et l’insertion sociale. Ici, la santé tient le haut du pavé, sous-entendu : pour le reste, ca ne se passe pas si mal. Et c’est vrai ! Nous en parlons souvent dans le forum, mais les chiffres de créations d’emplois et de la croissance sont très bons pour le Québec. D’ailleurs, même les partis d’opposition ont beaucoup de mal à trouver des prises pour attaquer le pouvoir sur ces sujets-là. D’où, les attaques constantes sur le sujet de la santé.

Les idées

Ne ménageant pas ma patience, j’ai lu les centaines de pages qui composent les différents programmes politiques. Difficile de faire une synthèse, mais je vais essayer d’être le plus clair possible.

ADQ

Pour l’emploi, l’ADQ propose que ca soit l’État qui évalue pour les entreprises le niveau des compétences de chaque personne. De même les adéquistes souhaitent créer un système de reconnaissance professionnelle, non pas sur le diplôme mais sur une réelle capacité à exercer une activité.

Pour les immigrants, l’ADQ souhaite en accueillir plus, en privilégiant les immigrants francophones. Ils souhaitent également réduire les « barrières d’entrée sur le marché du travail », en demandant aux ordres professionnels d’aider les nouveaux venus.

En gros, l’ADQ veut relancer l’industrie au Québec en choisissant d’exporter plus d’énergie et en favorisant les projets d’entreprises. Suivent, évidemment, les promesses de réductions de taxes, mais aussi de subventions. Le programme ne dit pas lesquelles, ni dans quelles proportions.

L’ADQ souhaite donner beaucoup plus de place aux régions en lançant un programme de décentralisation.

Enfin, en matière de santé, l’ADQ souhaite donner un rôle plus important aux cliniques privées afin de désengorger les structures publiques.

J’ai retenu deux affirmations assez drôles qui mettent en relief le côté « populiste » de l’ADQ. Je vous laisse juger : « Un gouvernement adéquiste consacrera la moitié de sa marge de manœuvre financière à des priorités procurant à la population un bien-être immédiat. », et la meilleure : « [L’ADQ va] gouverner en fonction de la majorité silencieuse ».

PLQ

Le Parti Libéral de Jean Charest justifie tout d’abord le déséquilibre fiscal entre le fédéral et les provinces, et montre que ce n’est pas dans une logique de confrontation systématique que le Québec obtiendra ce qu’elle souhaite.

En matière de santé, le PLQ souhaite recentrer et réorganiser en profondeur le système. Comme le souhaite Jean Charest, le PLQ veut résoudre définitivement les problèmes d’attente et d’accès aux soins dans l’ensemble du Québec. Pour cela, rendre les médecins et infirmières disponibles en tout temps en augmentant leur nombre et en réinvestissant dans le domaine. Cela passe aussi par un recrutement à l’étranger.

En matière d’immigration, le PLQ met l’accent sur une meilleure intégration qui commence par l’apprentissage du français à des frais modiques depuis le pays d’origine et la possibilité d’apprentissage de l’anglais, par la suite, également à des tarifs réduits. Lutter aussi contre les discriminations en favorisant, entre-autres, l’intégration des communautés culturelles dans le développement du pays.

Pour le volet économique et fiscal, le PLQ souhaite ramener le niveau de taxation des Québécois à la moyenne canadienne d’ici cinq ans. Abolir la taxe sur le capital et simplifier les programmes d’aide aux entreprises. Favoriser le mérite, l’effort et rehausser le niveau de vie des Québécois.

PQ

Pas de surprises, la première chose que l’on trouve en ouvrant le programme du Parti Québécois concerne la souveraineté. Il faut dire tout de même que le PQ a été créé, à l’origine, pour que le Québec accède à son indépendance.

Pour l’immigration, le PQ souhaite avoir la possibilité de déterminer les niveaux et les catégories d’immigrants. Je suppose en fonction des besoins. Ils souhaitent aussi que la priorité soit donnée aux immigrants francophones et qu’ils puissent être majoritaires parmis les nouveaux immigrants. Le PQ veut encourager le regroupement des familles d’origines étrangères. Tout comme le PLQ, le Parti Québécois veut développer des politiques d’intégration et d’apprentissage de la langue française.

En matière d’économie, le PQ parle du concept de capital social qui désigne tous les réseaux d’aide et les ressources sociales. Le PQ souhaite recourir au partage du temps de travail à un niveau plus important qu’actuellement. D’autre part, il veut favoriser et mieux encadrer les travailleurs autonomes. Cela passe, par exemple, par une meilleure protection et une clarification du cadre juridique du travailleur autonome.

Quel parti ne souhaite pas réduire le fardeau fiscal des particuliers ? Mais comme les autres partis, aucun chiffre n’est donné, ni même des échéanciers clairs.

Grand point du programme péquiste : la famille et le travail, ou comment réconcilier les deux mondes. En cela, le PQ veut reconnaître une sorte de statut social à la maternité et à la paternité. Offrir aux parents un choix de congés parentaux (40 ou 50 semaines). Allongement de la durée des vacances (3 semaines au-delà de deux ans, et 4 au-delà de cinq ans).

Déroulement de la campagne
Bien entendu, le conflit en Irak occulte en grande partie le message politique des candidats. Néanmoins, plusieurs événements sont à retenir.

La grande surprise concerne l’ADQ qui était, il y a peu, en tête des sondages et qui subit une chute vertigineuse depuis ces dernières semaines. Cette baisse est imputable directement aux revirements du parti. On a pu ainsi voir que des représentants adéquistes avaient des vues différentes sur un même sujet, que certains candidats avaient eu des problèmes avec la justice, ainsi que des revirements en fonction de l’opinion de la part de Mario Dumont. Évidemment, un chef qui n’arrive déjà pas à avoir une ligne cohérente dans son propre parti peut difficilement être crédible lorsqu’il parle de gérer un pays entier ! Mais rien n’est encore joué, néanmoins, la campagne de l ‘ADQ est à mon avis très mauvaise et sent le manque de préparation.

Jean Charest, malgré une popularité personnelle très moyenne, fait une bonne campagne. Il faut dire qu’il a l’habitude. On sent le professionnalisme de sa personne et de son équipe, mais cela n’évite pas les erreurs. Il s’est lui même piégé en ce qui concerne les défusions municipales, et il est évident qu’il ne prendra pas position de peur de mécontenter une partie de son électorat. Il devra d’ailleurs faire des efforts pour conquérir plus d’électeurs francophones s’il veut devenir le prochain Premier ministre.

Bernard Landry joue la carte de la notoriété. Le chef péquiste dispose d’une bonne popularité et va bénéficier de l’effet « guerre en Irak ». En effet, dans des périodes troublées, les électeurs favorisent toujours le sortant, la continuité, la stabilité quoi ! Attaqué sur la santé, Bernard Landry pointe du doigt Ottawa, qui ne redistribue pas suffisamment les impôts collectés auprès des Québécois. Au niveau des soutiens, grande surprise dans le fait que le chef des Cris (une des tribus indiennes du Québec), apporte son soutien au chef souverainiste en le comparant même à un « frère ». Important dans le fait que c’est une première historique. Sa prise de position aura t-elle une influence sur les autres tributs ? C’est une grande incertitude compte tenu, de plus, que la participation chez les amérindiens n’est jamais très importante.

Publicité

Dans ce monde gouverné par l’image, la publicité, qui plus est télévisuelle, revêt une importance capitale. Au Québec, contrairement à la France, la publicité politique est autorisée. Nous avons donc droit depuis quelques jours, à des rafales de publicités en faveur des trois principaux partis. Le message que l’on choisit de transmettre devra être étroitement associé au parti, ce qui lui confère une portée énorme. D’où l’impératif de ne pas se tromper.

En matière de mercatique politique, il y a des écueils qu’il faut donc absolument éviter. La première chose que l’on enseigne dans le domaine, c’est d’éviter, en campagne, de mettre les messages négatifs au premier plan. Erreur que semble manifestement avoir fait l’ADQ, puisque les quatre premières publicités sont toutes et exclusivement négatives. C’est un message type de parti d’opposition qui a sa place hors campagne, mais surtout pas en ce moment où il faut démontrer aux électeurs que nous sommes aptes à gouverner sereinement et avec conviction. C’est une stratégie de partis qui restent, en général, dans l’opposition, destinée à catalyser les déçus, sans amener à soi les enthousiasmes. Fond noir, logo très mal placé et sous-dimensionné. Franchement, les conseillers en communication de l’ADQ devraient retourner aux études ! Ce qui sauve, un peu, la mise de l’ADQ, c’est la réaction démesurée de Bernard Landry par rapport aux messages de cette dernière. En faisant la critique de la publicité de l’ADQ, Bernard Landry met en avant le parti de Mario Dumont. Comme quoi, il n’y a pas que les jeunes qui font des erreurs. L’ADQ semble avoir pris conscience de cette campagne contre-productive et vient de mettre en onde une nouvelle publicité bien meilleure que la précédente. Mieux vaut tard…

Le Parti Québécois choisi le chef, Bernard Landry, qui est omniprésent dans les messages publicitaires. L’idée de départ est bonne vu que le Premier ministre dispose d’une bonne popularité et que cela montre une forme de continuité qui pourra rassurer un bon nombre d’électeurs. Là où cela se gâte, c’est sur la forme. En effet, les publicités ont été filmées en noir et blanc, ce qui est contre-productif dans le sens que l’absence de couleur gomme le dynamisme souhaité du message et qui plus est, apporte de l’austérité ainsi qu’un coup de « vieux » au PQ.

Le Parti Libéral fait, à mon avis, la meilleure campagne télévisuelle. Sont mis en avant le désir des Québécois en mettant en scène des électeurs potentiels. On ne voit que Jean Charest qu’à la toute fin, vu sa popularité décevante inutile de s’attarder, dans une posture résolument décidée et efficace. Le logo du PLQ, récemment modernisé, figure en bonne place est ajoute du dynamisme et de la jeunesse.

Prochaine étape, le débat des chefs à la fin du mois.

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