Critique des médiaS
Article tagué Immigration
Rejoignez le groupe des Français heureux au Québec !
16/12/07
Les bonnes nouvelles faisant rarement la « une » des journaux, l’on constate que, régulièrement, il est question de ces Français qui ne parviennent pas à s’adapter au Québec et qui en profitent pour rejeter les torts sur les autres, c’est-à-dire le Québec tout entier.
Même si nous sommes bien conscients que le Québec, ni aucun pays d’ailleurs, n’est le Paradis, nous trouvons qu’il y a une certaine exagération et une bonne dose de mauvaise foi dans les propos de certains Français.
Mais au-delà de ça, ce qui nous gène le plus, c’est qu’en relayant ce type d’inadaptés sociaux, les médias contribuent à une certaine ostratisation de notre communauté…
Évidemment, lorsque ça va bien, comme c’est notre cas, nous n’avons pas de raisons de nous manifester, et les médias n’ont pas de raisons de parler de nous. Pas de motifs de s’énerver, pas de motifs d’être mécontents… pour nous, les difficultés que nous rencontrons, doivent être assumées pour pouvoir être traversées. Il serait tellement facile de sombrer dans la facilité, comme d’autres, en se disant que si cela ne fonctionne pas, c’est à cause de la société québécoise, de la DGQ, du gouvernement, de la neige, de l’alignement des planètes, etc.
Nous sommes des individus responsables et, en tant que tel, nous sommes déterminés à ne plus nous laisser représenter par des chiâlieux. Après toutes ces années, il est temps de montrer de nouveaux visages des Français du Québec !
Déterminé à regrouper la majorité silencieuse de notre communauté, je vous invite à rejoindre le groupe des Français heureux au Québec sur Facebook !

Peut-être qu’à force, en étant mieux regroupés, nous pourrons plus facilement avoir du « poids » et contre-balancer les mêmes éternels chialeurs.
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Histoire de l'immigration italienne au Canada
3/09/06
La présence italienne au Canada remonte à l’époque de Christophe Colomb. On croit que le premier Italien à se rendre au Canada était Giovanni Caboto, qui a exploré les côtes de Terre-Neuve et les a revendiquées pour l’Angleterre en 1497. Caboto était né à Venise et est mieux connu sous son nom francisé, Jean Cabot.
Des Italiens ont servi comme mercenaires diverses monarchies européennes, dont celles des Anglais, des Français et des Espagnols. Des Italiens ont combattu aux côtés des Britanniques durant la guerre de 1812. Même s’ils arrivaient au Canada depuis longtemps, les Italiens installés ici étaient à peine 2 000 en 1881. La première vague d’immigration massive a déferlé entre 1900 et 1913 ; durant cette période, plus de 60 000 Italiens se sont établis au Canada.
La plupart de ces immigrants italiens étaient des jeunes hommes arrivant des États-Unis. Ils étaient attirés par les possibilités d’emploi offertes par les compagnies de chemin de fer du Canadien Pacifique et du Canadien National et par la Dominion Coal. La plupart de ces hommes séjournaient à divers endroits. Officiellement, ils vivaient à Montréal ou Toronto, mais dans les faits, ils quittaient la ville pendant des mois, construisant des voies ferrées ou déblayant la forêt pour faire place à des routes dans le district central de l’Ontario. Des Italiens cueillaient également des fruits dans la région de Niagara. Ils partageaient leurs logements et envoyaient une grande partie de leur argent à leurs familles restées en Italie.
Vers 1910, Toronto connaissait une forte croissance économique. On construisait des routes, des édifices et des réseaux d’aqueduc et d’égout, et on posait des rails pour les tramways. Des Italiens se sont regroupés à Toronto pour y travailler. Ils ont multiplié les « petites Italies » dans la ville. La plus importante de ces communautés était centrée autour des rues College et Grace ; la deuxième occupait les rues Davenport et Dufferin ; et la troisième occupait ce qu’on appelait le « Ward », emplacement actuel du nouvel hôtel de ville et délimité au sud par la rue Queen. Cette période d’immigration en provenance de l’Italie et de l’Europe a pris fin en 1914, lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté.
Après la guerre, le Canada a rouvert ses portes aux immigrants. On estimait que les Italiens du Nord étaient plus instruits et mieux adaptés à la vie au Canada. Mais ce n’étaient pas les Italiens du Nord qui voulaient venir ici. Le Sud du pays souffrait depuis l’unification de l’Italie, en 1861. Le sol était pauvre. Les familles subdivisaient leurs terres pour établir leurs fils et doter leurs filles. De génération en génération, les lots rapetissaient, et il était de plus en plus difficile d’y faire vivre une famille. Au début des années 1920, les Italiens du Sud ont afflué au Canada par milliers, profitant d’un vaste réseau de parents et d’amis qui les parrainaient. Les Italiens se sont dirigés massivement vers les États-Unis, l’Amérique du Sud et le Canada. Après la Première Guerre mondiale, ce n’était plus seulement le jeune célibataire qui immigrait. En 1921, on comptait parmi les nouveaux arrivants presque autant de familles et de femmes que d’hommes.
L’émigration était si populaire dans les années 1920 que le gouvernement fasciste de Mussolini a adopté une loi pour l’interdire entre 1924 et 1929. Lorsque la Grande Crise a éclaté en 1929, le Canada a pratiquement cessé d’accueillir des immigrants. La communauté italienne, dépendante du travail à la pièce et manuel, a beaucoup souffert au cours de cette période. C’est la Deuxième Guerre mondiale et l’engagement massif de dépenses par le gouvernement pour alimenter la machine de guerre qui ont sorti l’économie de ce marasme. Beaucoup d’Italo-Canadiens avaient gardé des liens étroits avec leur mère patrie. Nombre de clubs et d’associations pro-fascistes ont vu le jour au Canada dans les années 1920 et 1930. Lorsque la guerre a éclaté et que l’Italie a conclu un pacte d’alliance avec l’Allemagne, les Italo-Canadiens ont été considérés comme des « sujets d’un pays ennemi ».

Malheureusement, les soupçons se sont portés sur tous les Italo-Canadiens, qui constituaient dès lors une menace. On a pris les empreintes digitales de milliers d’entre eux et on les a soumis à des interrogatoires qui aboutissaient souvent à leur internement. Les Italiens craignaient soudainement de parler leur langue et de faire étalage de leur culture. De peur d’être perçus comme des individus menaçants, nombre d’Italiens ont tenté de masquer leur identité culturelle en anglicisant leur nom de famille. Pendant la guerre, beaucoup d’Italiens ont été envoyés dans des camps d’internement et de travail, près de Petawawa, en Ontario ; forcés de quitter leurs familles et d’abandonner leurs commerces, ils étaient traités en parias.

Il a fallu attendre 1947 pour que l’interdiction de l’immigration en provenance de l’Italie soit levée. Au début, la plupart des nouveaux venus étaient originaires du Nord, mais en 1949, les Italiens du Sud ont commencé à affluer. Ils allaient constituer la majorité des nouveaux arrivants pendant les trente années suivantes. Entre 1947 et 1983, le Canada a accueilli plus de 20 000 Italiens par année, un sommet étant atteint en 1966 avec 30 000 arrivées. Au cours de cette période de 36 ans, le nombre d’Italiens au Canada a triplé, passant de 150 000 à 450 000. Avant la Deuxième guerre mondiale, Montréal était la destination de prédilection des Italiens. Toronto l’a remplacée après la guerre. De nos jours, 62 % des Italo-Canadiens vivent en Ontario. D’après le recensement de 1996, 729 455 Canadiens se disent d’origine italienne.
Source : Mémoires d’un pays
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Affaire du Kirpan, ou comment se mettre en marge de la société
8/03/06
Lors de l’émission du « Caribou Show » du 3 mars dernier, j’explique sur les ondes de Fréquence Caribou les dangers d’une telle décision…
Voici l’extrait de l’émission :
J’en profite pour vous inviter à écouter l’émission du « Caribou Show », chaque vendredi à partir de midi (heure de Montréal), depuis le site internet de Fréquence Caribou.
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…et de quatre !
1/10/05
Le 30 septembre 2001, sous un soleil de plomb et une température estivale de 25 degrés, je posais mes bagages dans un bel appartement du Plateau dans lequel j’allais rester un mois en compagnie de cinq autres colocataires.
Depuis ce jour-là, je pense avoir beaucoup changé… car le Québec et les Québécois nous changent, qu’on le veuille ou non.
J’aurais peut-être l’occasion d’en parler plus longuement… dès que j’aurai du temps !
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Le mal du pays
20/06/05
Il est certain que l’absence de repères aggrave le phénomène. Dans son ancien pays, nous avions nos petites habitudes, notre routine qui, même si on la combat souvent, fini toujours par s’installer plus ou moins, les gens qu’on a l’habitude de croiser et les « petits plaisirs » de la vie qui font souvent partie d’un art de vivre associé à notre ancien pays.
Mon plaisir à moi, c’était à partir du mois de juin, lorsque les beaux jours revenaient (ben… parfois en tout cas), lorsque le soleil était levé de bonne heure et que j’allais lire mon journal à une terrasse de café près de Champs-Élysées. Peu de monde, la balayeuse passant sur les trottoirs répandant de l’eau dans un bruit presque sympathique. Le garçon de café, en nœud papillon noir avec la chemise blanche qui vous apporte un café noir avec deux croissants croustillants qui, lorsque j’étais chanceux, étaient encore tièdes. C’est certain que cela fait partie des choses qui me manquent. Tout comme les bons gueuletons que certaines mauvaises langues qualifieraient de « franchouillards » que je prenais au Café du Dôme près du Champs-de-Mars : rillettes du Mans dans une grande assiette, de la cochonnaille en quantité arrosée par un bon vin d’Anjou à la bonne température (chose rare à Paris). Repas bien simple, qui ne dépassait jamais les 100 francs malgré l’abus de vin que nous faisions régulièrement.
C’est vrai, ça fait du bien d’en parler. Ce sont des choses qui font partie de nous, de notre patrimoine personnel. De bons moments passés entre amis.
Mais c’est ça, il faut savoir remplacer nos anciens petits plaisirs par des nouveaux. Ça prend du temps, parce que ça prend de nouveaux repères, de nouvelles habitudes. Il faut le savoir ! Alors, peut-être que certains immigrants sont trop impatients et aimeraient se sentir réellement comme chez eux, c’est-à-dire avec des petites habitudes, des petits plaisirs et un cercle d’amis important. D’autres peut-être baissent les bras un peu trop vite en constatant le fossé de différences qui peut exister entre le Québec et leur terre d’origine. Ils se disent peut-être que l’adaptation complète est impossible tant le choc culturel est important. On sent parfois clairement le doute, l’incertitude qui alimentent la nostalgie… Car lorsqu’on n’arrive pas à s’accrocher à des choses concrètes au Québec, las, on finit par se raccrocher à des choses du passé.
Personnellement (je parle beaucoup de moi décidément !), j’ai eu la « chance » de bouger beaucoup géographiquement parlant, depuis mon plus jeune âge. Le travail de mon père nous forçait à aller d’un bout à l’autre de la France. Parfois c’est bien chiant, car faut recommencer pas mal de choses au départ : découverte d’une nouvelle ville, de nouveaux amis…
Vous voyez ce que je veux dire ? J’ai la chance d’avoir eu l’habitude de changer de place, un sacré avantage lorsqu’on décide de changer de pays. Même si le choc culturel reste bien présent tout de même.
Et puis Montréal est une grande ville, même s’il y a moins de monde qu’à Paris… Mais ce qui compte, c’est la qualité, pas la quantité, car ce sont les Québécois qui ont fait que je me suis décidé à m’installer ici. Les Québécois, un peuple vraiment à part, sympathique, accessible, pas compliqué et plein de bon sens.
Montréal aussi, et sa diversité, où l’on trouve tout (ou presque). Où lorsque je suis dans une période de bleus (principalement après avoir vu un film d’Audiard), je peux trouver une rosette de Lyon, des rillettes tout à fait honnêtes, un camembert, une bonne baguette et un bon vin. Une fois de temps en temps, qu’est-ce que cela fait comme bien !
Par contre, comme je le disais plus tôt, j’ai d’autres petits plaisirs. Le déjeuner le matin avec mes deux œufs retournés, mon bacon et mes patates, par exemple.
Quoi de plus jouissif qu’une ballade à Montréal (ou ailleurs) pendant ou juste après une bonne chute de neige ? Ce décor renouvelé qui étouffe les sons, les arbres squelettiques recouverts de neige… Un vrai décor de carte-postale, mais que nous côtoyons à chaque chute de neige.
Ce plaisir de passer un bon moment entre amis dans une cabane à sucre, à écouter des chansonniers du cru, armés de violons et d’accordéons. Dégustant nos plats de beans au sirop d’érable, nos oreilles de christ, sans oublier la célèbre tire dehors sur la neige. Ça vaut bien un plat de cochonnaille de chez Denise dans le quartier des Halles ça !
Les multiples festivals en plein air été comme hiver. Le festival de Jazz, les francofolies, le FFM, etc.
Et il y aurait bien d’autres choses à dire !
C’est un peu pour ça que, même parti en vacances une semaine en France, Montréal fini toujours par me manquer avant même la fin de mon séjour ! De la même manière, il y aura toujours des choses qui me manqueront de la France… quoi de plus naturel ?
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Un autre chapitre commence
31/08/04
Un peu comme tous les autres chroniqueurs qui ont, un jour, raccroché leurs patins, je ne peux plus vraiment me considérer comme un nouvel arrivant alors que cela fait déjà trois ans que je vis ici. Je n’ai plus vraiment ce regard neuf et émerveillé qui sied si bien à l’équipe des chroniqueurs du site. L’intérêt étant de renouveler les expériences, d’apporter des témoignages neufs et pris sur le vif des nouveaux venus. Ce qui m’émerveillait est devenu mon quotidien, ce qui m’étonnait fait maintenant partie de ma routine. Il y a toujours de la place à des surprises, mais il y en a beaucoup moins pour l’inspiration du petit chroniqueur que je suis.
Un bilan alors ?
J’aime à me rappeler certains moments de profonde béatitude, où je me prenais à rêver à mon futur pays, tout en écoutant une toune des Colocs ou de Charlebois. J’étais à Paris, mais déjà mon cœur se trouvait un peu plus à l’Ouest. Que de chemin parcouru et en si peu de temps ! J’ai parfois même l’impression de parler d’une vie antérieure ! Y’a t-il un psychanalyste dans la salle ?
Comme je le dis depuis longtemps, je suis heureux et épanoui au Québec. Peut-être pas vraiment plus riche, peut-être pas encore avec la job rêvée, mais avec un esprit beaucoup plus léger et un extraordinaire bien être. Le Québec m’a apporté tout cela, et à mes yeux, il n’y a que cela qui compte vraiment.
Mon intégration, même si je doute qu’elle puisse se terminer un jour, est sur la bonne voie. Il reste encore des choses à faire, mais je me sens ici vraiment chez moi. En plus, chaque jour que je passe à Montréal me fait aimer encore plus cette ville. C’est étonnant de voir tant de diversité et l’on peut tomber sur des choses ou des personnages vraiment surprenants au détour d’un simple coin de rue. Montréal a quelque chose de magique et, en plus, même si c’est une grande ville, j’ai du mal à vraiment la prendre pour ce genre de ville nord-américaine, impersonnelle et populeuse tellement elle est diversifiée et… humaine !
J’ai vraiment l’impression d’avoir été adopté par le Québec et je me fonds vraiment dans cet environnement. Cela fait environ deux ans que l’on ne me prend plus pour un « simple » touriste, à part peut-être quand je me retrouve avec la sympathique petite gang de nouveaux arrivants ! Ah ah ah ! Sérieusement, le vocabulaire évolue, peut-être aussi l’intonation des mots, l’accent français s’adoucit et aide, je crois, à passer pour un résident de Montréal avant de passer pour le Français égaré dans ces fameux « arpents de neige », comme jadis le disait Voltaire.
Certes, on me voit et l’on me verra toujours comme l’immigrant Français, mais où est le mal puisque c’est la vérité ? Une bonne intégration ne signifie pas qu’il faille passer pour un Québécois, mais plutôt d’être en parfaite harmonie avec ce qui nous entoure. La difficulté, c’est d’arriver à trouver un juste équilibre entre le fait qu’on vous prend déjà pour un Québécois en France et que vous resterez un Français au Québec. Où suis-je vraiment ? Qui suis-je en fait ? L’immigrant ne serait-il pas un peu schizophrène ? Québécois certains jours et Français la plupart du temps ?
Pour ma part, je pense que le mieux et de ne même pas se poser de question et de tout simplement se laisser aller !
Reste pour l’intégration : une plus grande maîtrise de l’anglais, passer mon permis de conduire, acheter un char… ;o)
L’aventure immigrer.com
Le site restera toujours lié à mon immigration et, même si je l’ai découvert en cours de procédure, il m’a aidé à mieux connaître les habitudes québécoises et surtout, à comprendre comment ça se passait une fois « là-bas ». Les témoignages de personnes déjà au Québec m’ont été d’un grand support. C’est aussi pour cela que je serai toujours présent, à hanter le forum qui nous est tous cher. Il peut bien évoluer, changer, bouger… cela sera toujours une immense richesse pour ceux qui y sont, et ceux qui rêvent d’y être ! (Je parle du Canada là, pas du forum !).
J’ai aussi adoré écrire toutes ces chroniques (près d’une quarantaine !) et si cela a pu vous faire un peu connaître le Québec et les Québécois, l’objectif aura été atteint ! Cela aura été un véritable plaisir de répondre à l’invitation de Laurence, et d’écrire toutes ces chroniques, même si certaines d’entres-elles « fessaient un peu dans l’dash », je le reconnais !
Mon pari était de vous parler le plus souvent de sujets de fond : de l’intégration d’un nouvel arrivant, à l’hiver, en passant par la défense de la langue et le monde du travail. Car, il faut bien le dire, je ne me voyais pas vous parler de moi et de ma vie ici. J’aurai vite trouvé ça plate voire même carrément sans intérêt. Je vous ai parlé un peu du monde du travail à travers mon expérience, cela fût bien assez je trouve. De plus, le côté « tranche de vie » est déjà très largement exploité sur le forum et de manière talentueuse par d’autres chroniqueurs du site.
Il est vrai aussi que certaines chroniques étaient plus polémistes que d’autres. L’objectif était de provoquer des réactions, mais surtout de faire réfléchir sans forcément chercher à convaincre. Évidemment, lorsqu’on use d’un ton polémiste, on suscite rarement l’indifférence ! La grande majorité du temps, le monde était suffisamment intelligent pour voir quel était le but de ce type de chronique, mais surtout, qu’il ne s’agissait que d’une opinion personnelle. Évidemment, il y en a toujours deux-trois qui se trouvaient un peu dans le champ, poussant même le vice jusqu’à envoyer des messages (souvent privés) contenant pas mal de frustration et d’insultes… Sans doute cherchaient-ils volontairement la pomme de discorde ?
Mais qu’importe ! Tout cela n’est pas bien grave, d’autres chroniqueurs sont passés par là, et d’autres y passeront encore aussi. Il y a eu le chroniqueur « agité », il y a le futur-ex chroniqueur « abrasif », il y aura peut-être un chroniqueur « décapant », qui sait ? ;o)
D’un autre côté, il y a eu surtout beaucoup de plaisir, beaucoup de très intéressantes discussions suite à quelques-unes de ces chroniques, que cela soit sur le forum ou « en vrai ». Et même si certains me reprochaient parfois de trop m’autocensurer (suivez mon regard ah ah !), cela ne m’a jamais empêché de dire ce que je pensais. Non pas parce que j’ai la science infuse, non pas que je sois plus qu’un « simple immigrant », mais parce que mon avis de nouvel arrivant désireux de m’intégrer, peut en aider quelques-uns, mais aussi, comme je le disais plus haut, en faire réfléchir. Si vous avez vu mes chroniques d’une autre façon, c’est que vous n’avez pas vraiment compris ma démarche. C’est bien dommage.
Je remercie donc Laurence et Laurent de m’avoir donné toute cette liberté d’expression et toute cette amplitude pour exprimer ce que je souhaitais. Je ne sais pas si cela a toujours été simple à gérer, mais avec le recul, il y a eu parfois quelques réactions bien cocasses et presque que de bons souvenirs.
Maintenant que mon formulaire de demande de citoyenneté est en cours de remplissage et qu’il partira dans le courant du mois d’octobre, je m’apprête à débuter un nouveau chapitre dans ma vie (vous vous souvenez lors de ma première chronique, je comparais la vie à un ouvrage ?)… Continuant l’aventure de mon immigration, je continuerai à vous faire part de mes sentiments, de mes impressions, de mes opinions… mais cette fois, en tant que Franco-Canadien.
Il était temps que je m’arrête. Mon inspiration manquait vraiment ces derniers temps, de plus, j’aimerais
me consacrer encore d’avantage à mon site culturel que j’ai un peu mis de côté durant l’été. Sans doublier aussi de profiter de la belle saison qui va s’en venir vite… et moi, quand je parle de « belle saison », je parle de l’hiver !
En conclusion :
Je voudrais tous vous remercier. Oui, tous ! Que cela soit les présents, les absents. Que cela soit ceux avec qui je me suis un peu chicané, que ceux avec qui je partage pas mal les mêmes idées. Que cela soit les grands rêveurs, que les terre-à-terre. Bref, toute cette communauté loin d’être forcément homogène, mais partageant un point commun : vouloir vivre au Canada.
Sachez aussi qu’il n’y a jamais rien eu de personnel et même si certaines de mes chroniques ou certains des débats entamés sur le forum ont été chauds, ou au ton provocateur, j’ai toujours eu beaucoup de respect pour vous tous… Mis à part peut-être pour les adeptes des petites insultes, mais ils sont tellement rares et insignifiants, qu’ils ne cacheront jamais l’abondance de richesse dont vous faites tous partie.
Place maintenant à du sang neuf, à des chroniqueurs incisifs ou à des chroniqueurs plus mesurés, qu’importe ! Je sais qu’ils apporteront beaucoup, comme vous tous !
Non, ce n’est pas un adieu définitif, même si ça en a un peu l’air. Je serai toujours présent sur le forum (et sur les ondes de Fréquence Caribou, ou de Fréquence Orignal pour Peanut), prêt à aider, que cela soit d’une manière ou d’une autre. Je tenais juste depuis longtemps à vous dire tout cela, car le succès d’un site comme celui-ci, ce n’est pas simplement le fait qu’il puisse y avoir des administrateurs, des modérateurs et des chroniqueurs, c’est aussi parce que vous y êtes présents !
Alors bon courage à toutes celles et ceux qui veulent immigrer. Sachez que ce pays et ses habitants en valent vraiment la peine !
Et n’oubliez pas : notre vie, on ne la recommence jamais, on la poursuit. Il n’y a que la destination qui a changé !
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Être Français au Québec
16/07/04
Alors, être Français au Québec à quoi ça ressemble ? Comment ça se passe ?
Il est clair, soyons francs, que l’immigrant Français au Québec est sans aucun doute l’immigrant qui a le plus d’atouts pour réussir sa vie ici. D’ailleurs, les récents chiffres publiés par le quotidien La Presse le prouvent, les Français au Québec sont ceux qui ont les meilleurs emplois et qui réussissent le mieux parmi l’ensemble des immigrants.
Mais est-ce bien surprenant ? Francophones dès la naissance, issus d’une société occidentale à l’éducation relativement comparable (j’ai bien dit « relativement »), les Français sont les immigrants qui se rapprochent le plus de la population locale. Attention cependant, le fait que nous nous rapprochons le plus des Québécois ne veut absolument pas dire que nous sommes pareils ! Loin de là ! Nous en parlons souvent, mais le fameux choc culturel que ressentent les Français au Québec n’est pas à négliger, même s’il est souvent moins important que pour des immigrants originaires d’Afrique ou d’Asie, par exemple.
Donc, pour réussir, les Français ont de bonnes cartes en main, le tout étant de bien savoir les utiliser. Un informaticien qui s’installe à Québec ne réussira pas forcément à obtenir une job, juste parce qu’il est Français, alors que les Québécois eux-mêmes ont beaucoup de mal à en trouver une fois sortis du grand Montréal.
D’ailleurs, en parlant d’immigrants, les Français sont-ils considérés de la même manière que les autres ? Même si j’ai un petit avis sur la question, il était plus juste de le demander à des collègues et à des amis Québécois. La réponse fut unanime : les Français sont vraiment dans une catégorie à part, rien à voir avec les autres immigrants. On m’a parlé de nos origines communes qui font que nous ne sommes pas tout à fait des étrangers, ou plutôt, les moins étrangers des immigrants.
De par ses liens avec le Québec issu de ses origines communes donc, les Français auront toujours une place à part, même si cela se traduit par un mélange d’amour et de haine qui a diverses causes.
Par contre, à de très rares exceptions près, un Québécois ne perçoit pas chaque Français forcément comme un « maudit Français ». On s’en rend vite compte en vivant ici, les Québécois n’ont pas beaucoup de préjugés et préfèrent, dans bien des cas, observer pour se faire leur propre opinion.
Tout est une affaire d’attitude et d’ouverture d’esprit. Il est évident que si vous vous sentez supérieur, que vous bousculez un peu les manières de faire ou de penser d’ici et que vous souhaitez étaler votre culture à tout bout de champ sans qu’on vous le demande, vous allez vite vous retrouver avec cette fabuleuse étiquette de « maudit Français » qui sera bien méritée, croyez-moi !
Par contre, si vous vivez votre immigration comme un échange de richesses, du donnant-donnant en somme, cela se passera sûrement très bien. Concrètement qu’est-ce que cela signifie ?
Les Québécois sont curieux. Ils vont vous poser des questions sur vos origines, sur votre culture, sur les motivations qui vous ont poussées à venir au Québec… Ne cherchez pas des arrières pensées à ces questions, il n’y en a pas forcément (même rarement). Généralement, ils vont aussi vous raconter avec fierté, que leurs ancêtres viennent du Poitou, de Bretagne ou de Normandie. Vous parler va leur permettre de se rapprocher un peu de leurs racines. Pas étonnant, vu comme ça, que les immigrants Français soient un peuple bien particulier à leurs yeux.
Les Québécois vont donc en profiter un peu pour vous « sonder » et essayer de mieux vous connaître. À partir de là, ils pourront se faire une idée plus précise et vous inclure (ou non) dans la catégorie des « maudits Français ».
Il faut dire que pour un Québécois, un Français qui immigre au Québec reste un mystère (surtout si ce Québécois n’a jamais mis les pieds en France). La France, reste un rêve pour chaque Québécois qui se respecte. Parlez un peu de Paris, par exemple, et vous verrez votre interlocuteur vous dire qu’il aimerait vraiment visiter cette ville avec les yeux qui brillent. La France reste un pays occidental et développé ainsi, ils ne comprennent pas que l’on puisse la quitter pour s’installer dans un pays où il fait –30°C en hiver et qui n’a pas la beauté des villes européennes. Là, il faudra parler de ce que vous ressentez et ce que vous cherchez ici.
Pour ma part, la mentalité québécoise, le climat et la manière de travailler sont des raisons suffisantes pour me faire aimer ce pays et y rester.
En résumé, mais cela est valable pour tous les immigrants, si vous êtes bien ouverts, que vous vous accommodez bien à la mentalité du Québec et que vous n’imposez pas vos us et coutumes aux autres, vous allez voir que vous allez être vraiment apprécié.
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Repartir à zéro ?
22/12/03
Début novembre, lors de mon séjour en France, j’ai encore eu droit aux questions d’usage : « pas trop froid au Québec ? », « tu as ramené du sirop d’érable ? »… puis la fameuse question inéluctable : « pas trop difficile de repartir à zéro ? ». Hum…
Il est certain que sur un certain nombre d’aspects, il est exact qu’en tant qu’immigrant, on part de rien, ou de pas grand chose. Au niveau social, il faut construire un cercle d’amis, au niveau de l’expérience professionnelle « locale », au niveau des mœurs qui diffère beaucoup de l’Europe… Ce qui est plus gênant, c’est que la question est posée de telle manière qu’elle laisse croire, qu’en immigrant, on remet tous les compteurs à zéro et qu’on recommence une nouvelle vie. La méthode forte en somme.
J’ai souvent eu l’occasion de le dire, mais aussi de l’écrire dans ma première chronique il me semble, mais la vie est à comparer avec un livre, ou plutôt un ouvrage. Chaque étape de la vie est un nouveau paragraphe, ou même un nouveau chapitre. Le fait de tourner une page n’a jamais effacé celles qui la précédait. Tout ce qui s’est passé auparavant est encore là, sous la main.
L’expérience professionnelle, mais aussi l’expérience de vie que vous avez pu acquérir dans votre pays d’origine, vos souvenirs, vos émotions, votre philosophie, vos valeurs, votre perception des choses sont encore en vous. Et même si certains de vos acquis devront s’adapter à la mentalité d’ici, les fondements resteront souvent les mêmes.
Tout cela fait de chaque individu une richesse. C’est aussi pour cela que le Canada et le Québec souhaitent accueillir des immigrants. Ils vous ont choisis, ou vous choisirons, parce qu’ils pensent que vous pourrez apporter quelque chose au pays, en fonction de ce que vous savez faire, en fonction de vos capacités, de votre adaptabilité. Et tout cela, c’est de part votre vécu que vous les avez obtenus.
En échange, le pays vous apportera une qualité de vie incomparable, une tranquillité d’esprit et surtout, la sécurité qui fait bien défaut du côté de l’Europe. Pour d’autres, le pays apportera simplement la paix qu’ils n’ont pas toujours forcément connu auparavant.
Donc, toute cette richesse que nous avons en chacun de nous, contribuera à faire avancer le pays ou, plus modestement, les entreprises dans lesquelles vous pourrez travailler. Tout comme l’on fait ceux qui vous ont précédés et tout comme le feront vos enfants.
Notre vie, on ne la recommence pas, on la poursuit. Il n’y a que la destination qui a changé !
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